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Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /2009 14:57
Pur regard sur de faux désaccords

Débatteurs et précepteurs de France, encore un effort! Se montrer sans culottes n'horrifie plus personne. Même les pisse-vinaigres de « laissez-les-vivre » s'y sont mis, mais au lieu de balader un plâtre virginal sous un ciel irlandais, c'est un foetus plus nu qu'une grenouille qu'ils jettent à la face du "philozoophile" de Vincennes, pour cause de matérialisme français. La Vie, cette engeance-là, puritaine, la voit, comme son cousin germain libéral, brute de décoffrage. Mais si couper une tête commande, autant qu'un cordon, d'être nature, cela ne peut s'opérer sans franche rupture, avec la société civile qui, elle, l'histoire le montre, en change comme de chemise. Reste, en effet, au pire, comme disent les meilleurs d'entre nous, la ressource d'une frappe étatique, dès lors que la mayonnaise électorale n'accouche pas d'une solution potable, et tant pis pour l'éthique et l'esthétique! Mais revenons à l'actualité toute bête, pure, qui jouit, semblet-il, de l'énorme pouvoir de voir le travers des choses et d'en sentir aussi bien l'odeur que le parfum, émanant de ses étranges grilles de lectures.

La récente bulle médiatique autour d'une pillule comportementale, format ministre, le confirme: sur un plan intellectuel, le coeur de la France est en forme d'île oubliée et peuplée de pingouins surréalistes, sorte de semblants d'hommes. Nul doute que cet appendice, dont personne, c'est clair, n'a le monopole, est un pôle, au même titre que, miracle de technologie vert-armée, le cadavre harnaché de tuyaux et sur le point de rendre son âme à la démocratie. C'est elle, au fond, qui, par métempsychose, la fait homme. Sinon quelle eau miraculeuse l'eût animé! Car pas un mot, chez plus-que-France-plus, consacré à l'essentiel: à savoir que le soi-disant « jeune musulman », ex-jeune des banlieues, doit, pour décrocher un « job », se plier, comme à l'entrée d'une mosquée, à cette consigne, à gueule de vigile, « tenue correcte exigée », c'est-à-dire obtempérer aux règles non écrites qui président à la concurrence de tous contre tous et donc à l'enrichissement de la société française, c'est-à-dire d'une minorité, sinon bye! Bye! Bouffon! Pour manger, va chercher tes coupons!

Trouver du travail, travailler, aujourd'hui, ne suffit plus, se prosterner à l'orientale devant le patron est requis. Histoire de montrer qu'on a l'esprit d'entreprise, tel l'esclave à patte blanche, vivement invité, après baptême, à voir Rome d'un autre oeil. Tout à coup, on ne naît plus romain, on le devient, virtuellement, il va sans dire. Mais au lieu de dénoncer cet exemple édifiant de discrimination positive, illustrée à merveille par le tutoiement et l'épouillage, lors d'une banale garde à vue, modeste façon de manifester son goût pour une justice hasardeuse, discrimination, rappelons-le au passage, indispensable à toutes formes de sociétés traditionnelles où agir pour sa propre conservation prend immanquablement la forme d'un privilège, la liberté, y étant stricto sensu naturelle, c'est-à-dire post-mortem, ce qui implique effectivement un héritage de longue durée, la mare médiatique, fées, crapauds, canards, contre la casquette étatique de traviole, a immédiatement enfourché la cavalerie marine du racisme, de l'islamophobie et autres billevesées idéologiques qui tue l'esprit public, si jamais il existe autrement que sous sa pâle incarnation présidentielle. Plumage et ramage sont donc bien, en France, les mamelles de la plateforme médiatique et ce bestiaire forcément précapitaliste n'a fatalement que faire de la sacrosainte trinité républicaine: liberté, égalité, fraternité. Ramper, battre des ailes, hurler, voilà sa manière d'être otage de l'imbécillité d'époque. Chouette communauté de destin!

Mais ce théâtre de boulevard underground uniquement tourné vers la peau-de-chagrin du jour, vessies, bourkas, casquettes, n'est pas le fait du hasard. Il a tout du commerce triangulaire équitable entre le tout et le rien où l'égalité est vue comme un ensemble vide dans lequel fourrer pêlemêle toutes les différences, et dans tous les sens, l'habituel petit jeu à somme nulle des libertés individuelles, comme si cet amas inconsistant d'amours-propres pouvait avoir pour résultat de ne pas reproduire à l'infini la division sociale et le laissé-pour-compte. Le monstre froid, c'est-à-dire l'état capitaliste lui-même et pas seulement ses petits, moyens et grands commis que la dernière bousculade électorale a porté sur le devant de la scène, à grands coups de zim boum boum médiatiques, n'en n'est pas entamé d'un poil; et tous les docteurs schnocks français, socialistes et libéraux plus ou moins merdiques et verdoyants, qui, eux, ne le haïssent que comme il faut, de faire montre de civilisation. Si on ramène cette chose-là à de la religion, alors, évidemment, oui! On peut parler d'héritage culturel, c'est-à-dire de dressage de la sauvagerie, à coups d'habits neufs et de jargon de comédie. Voilà comment aujourd'hui, en France, on fait, d'une casquette l'autre, concrètement ses adieux au roman national. Mais après tout, la fable convient mieux au despotisme soft de la discrimination positive, c'est-à-dire de la divisions sociale rabaissée au niveau de l'infrasocial le plus insipide: l'individualisme. La porte est grand-ouverte à une nouvelle révolution culturelle. Allez! Tous ensemble, les bras au ciel, soyez des anges! L'accès au paradis suppose tout de même quelque indulgence: le droit de faire le guignol si, et seulement si, le poids social de l'impétrant est légèrement supérieur à celui de ses roupignolles. Et comme cette fable est en France:

Pour tourner ta casquette,
à gauche, à droite, derrière,
des tunes i' faut que t'en pètes,
sinon, ta patrie est sous terre!

Prolétaires, il est temps de se débarrasser de toutes nos peaux d'ânes!
Par valentini - Publié dans : économie politique
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 16:08
 

Le Français à cheval


Le débat sur l'identité nationale est d'abord et avant tout un cadeau offert aux didis et gogos de France, sans oublier la Corse et la Navarre. Un de ces cadeaux épiques que la Grèce rêvée, la Mère, comme on dit, des Arts et des Sciences, s'est offert, en mémoire d'elle-même. Mais pourquoi choisit-on de chanter la Chapelle-en-Vercors, plutôt que Guelma, c'est tout bêtement qu'on incline, comme on penche, vers sa préférence. Car, en effet, dans le temps et l'espace, multiples et diverses, sont les voies qui ramènent sur les lieux du Crime d'humanité. La littérature en est une, la religion, une autre, où trouver une jambe de bois, avec son guerrier en amazone, surréaliste, à destination du dernier Royaume. Et le dernier royaume français, où tous, malgré tout ce qui les sépare et les oppose, sont égaux, ressemble, en un sens comme en cinq, au fameux socialisme des imbéciles qu'un Allemand évoqua, avant que le socialisme en question ne se réalise comme voie nationale au socialisme. Voie étatique, en ce qui concerne l'Allemagne qui n'a connu la liberté que piétinée par les bottes des vainqueurs du jour, prussiennes ou étrangères. Être français est donc ce cadeau offert aux imbéciles qui jugent de l'égalité à partir de leur merveilleuse appartenance à une nation, c'est-à-dire, selon une idée aujourd'hui à la portée du premier bandit Géorgien venu, rêvant d'Alexandre, d'après une histoire, une langue et un territoire, le tout doublé au final d'un je-ne-sais-quoi qui, avec l'incroyable aplomb de celui qui réduit le monde à sa propre singularité, se détermine comme La-différence des différences produites par la trilogie en question dont on ne devrait pas pouvoir nier qu'elle soit historique, et pourtant, c'est chose faite en un clin d'oeil! Retournement forcé ou coup de théâtre opérationnel, peu importe! L'histoire atteste que l'imagination lorsqu'elle se glisse au pouvoir, devient, paradoxalement, sans bornes et peut ainsi donner au monde l'exemple d'une justice illimitée, celle qui commence par s'attribuer à soi-même, tout le malheur du monde, en tant que victime, il va de soi. C'est humain! Ces gens-là, sur-élus, qui font mine d'être à la recherche de leur identité perdue, se différencient les uns des autres, par expérience. Et donc le Fier-Français n'est pas le Blanc-Polonais qui voit la Pologne, comme un nouveau pégase, en forme de F16, ni le Vert-Irlandais qui, condamné à avaler du hotfrog et, du coup, auréolé d'un nuage de mouches, manifeste un martyr vécu en personne. Non, mais qu'on se représente un instant, cette Image-schnock inouïe! Le peuple français, comme il est écrit, c'est-à-dire cet ensemble souverain de citoyens qui s'est donné le droit imbécile d'élire un président, outre une grasse ribambelle de sénateurs, comme si la foultitude de conseillers territoriaux et autres députés boîtes et boutiques ne suffisaient pas à son bonheur, est maintenant médiatiquement invité à s'expliquer sur son identité, par l'état français, rien d'autre, en dernière analyse, que sa propre doublure! Il n'y a pas que les virus qui mutent, dirait-on.


Le Français cependant n'est plus seul dans ce monde de brutes armées jusqu'aux dents. Il s'est réveillé au pied du mur, avec une gueule du tonnerre, en bois trempé dans la cendre, et a fait ses adieux aux chinoiseries d'avant. Depuis, d'un état, l'autre, sans crime sur ses talons, il gère, à coups de sésames à répétition, sa gueule en rupture, rien que sa gueule formidable, toute sa gueule réformée. Cette philosophie neuve lui est consubstantielle, il l'a dans la peau, et tous les imbéciles avec lui s'efforcent au tatouage intégral. Bronzer aujourd'hui, c'est, en effet, faire un pas en direction de l'immortalité. Le Français, donc, a l'Europe, comme bon infini de la nation, comme bigbang de l'économie illimitée, comme passage du mur des douanes en route vers la mer des dunes, comme trésor diplomatique de guerre. Moscou, comme Troie, qui croyait le lui prendre, s'est mis le doigt dans l'oeil. Mais cette accumulation à perte de vue de bienfaits aussi sensibles que défendus mordicus crée automatiquement un état d'abondance phénoménale qui appelle fatalement un interprète. Derechef, le Français, à cheval, explique l'Europe! L'Europe! L'Europe! sautant par-dessus son côté technique et compliqué, la vivante barrière des traités commerciaux: ô Europe! Bonne Mère! Tu es notre dame du bon secours réglementaire, un miracle d'ingénierie monétaire et fiscale, une cour des miracles, commerciale. C'est franc, c'est massif et surtout ça n'impose rien au hasard. Les classes capitalistes ont enfin leur propre état de rêve, vierge, un charmant zollverein où il fait bon vivre sur les pays d'origine, tous peuplés de vandales, d'apaches, de rastaquouères, d'indigents et tout le tintouin aromatisé, qui ronfle violemment, à deux pas de la bourse en travail, sur l'édredon de la liberté. Cette phrase est, selon le modèle de la culture présidentielle, à canon scié. Elle résume d'ailleurs le problème français, en marge de la solution européenne toute trouvée, d'abord à Rome, puis à Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne, bientôt le boom! C'est qu'outre-Rhin, sur sa rive gauche, quand l'extrême-chiffon refait surface, en catimini, l'onde claire vire périodiquement au rouge. On ne peut pas être heureux en permanence et vivre toujours des jours tranquilles. Entre brumes et brouillards, l'état français se voit pour l'heure contraint de naviguer à vue et en zigzag, vers 2012. Rien ne va plus. Si le Français se lève du pied gauche, il se perçoit en république bananière, par satisfaction écoeurante de soi, comme dit le sphinx-tank qui pense et roule pour lui, s'impose alors le quart d'heure colonial, en avant, toute! Mais s'il se lève du pied droit, alors tout va pour le mieux il s'adore en conducteur des nations, triomphe le quart d'heure américain, hourra! Les confettis! La réforme a sa propre eau-de-vie. Plus on en boit, plus le dragon des mers de la mondialisation, complètement torché, file droit.

Par valentini - Publié dans : économie politique
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /2009 12:35
( article revu le 17 novembre 2009)


 

1. Le Français, le fond totalitaire de l'état français et le train français des réformes

 

 

Le Français développe ses propres inquiétudes, bien sûr mécaniquement supérieures aux angoisses des grues de rang inférieur, mais cette riche idée au sujet de lui-même, ce dépôt provisoire de bilan qui vient en contredire l'économie, est pour mieux rebondir et retomber en lui-même. Sorte de « Marie-Antoinette » survoltée que l'action démange jusqu'au sang, il tente de répondre à la question tronquée qu'il se pose, via le miroir médiatique, son vadémécum: s'il n'est, ni au-dessus, ni au-dessous, pas comme les autres, comme il le dit, c'est qu'il est, tout bêtement, comme personne, c'est-à-dire égal à lui-même. Une fois cette omniprésence à soi, reconnue au titre de suprême identité qui met le monde à la corbeille, le monde en question, étant ce con insondable qui complote en permanence contre sa propre substance, à mettre et remettre à sa place, le problème est d'articuler cette identité sienne, Sa Sienneté Identitaire, comme l'oiseau triple, son saint-guano, en enrichissant les mots d'un sens nouveau ou plus exactement charnel. Apport synthétique, décisif qui leur confère, ipso facto, leur bâton de maréchal et donc crée, en un élan inverse, un ciel appointé où se répandre, -à mort la chienlit!-, sans considération du malheur humain collatéral. Pour entrebâiller les portes de l'avenir, sortir ses tripes. Ces choses-là, porteuses de valeurs, seul le vrai Français en a. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet réformé à vitesse grand V, qui montre surtout comment faire signe, avec une effronterie, à la fois bornée et sans limite, car montrer son cul aujourd'hui est signe de quelque chose de bon, de vrai et de beau, un détour par le Mal, socialement désincarné, à force de jargon, s'impose.

 

Le totalitarisme, puisque c'est de ça qu'il est question, a été défini, comme « l'empire du Mal » par le roman américain d'anticipation, pour la plus grande joie de l'idiot médiatique, adepte du cinéma scientologique, de série B. Comme nous n'avons pas ce talent de créateur d'univers, nous nous bornerons à constater que ce corps asocial et monstrueux dans lequel tout le monde trempe, même le gribouille américain qu'il conviendrait d'appeler Siegfried, est, une fois la chose ramenée à sa fonction, tout simplement ce qu'on appelle de l'étatisme que le libéral-étatisme qui, lui non plus, ne donne pas dans la dentelle, assimile à du socialisme. Tout se passe donc comme si cette mondialisation bureaucratique qui organise, chose non nouvelle, la mise en coupe réglée de l'existence par l'expropriation et le recyclage des producteurs, mais cette fois en faveur de l'appropriation capitaliste de la vie, surgissait, telle une inquiétante étrangeté, de nulle part et non à partir de ce que le capitalisme prétend défendre: la propriété privée.

Ce faisant, cette escroquerie au transfert de souveraineté du Mal à Moscou, l'arriérée, l'asiatique, la barbare, nous en passons et des meilleures, devient, via la philosophie d'entente cordiale, équipée de lunettes infrarouges à double foyer, national et mondial, un remède qui soulage. Sans l'état mondial américain, en effet, qui se retire des points chauds au fur et à mesure que les choses capitalistes rentrent dans la vie des peuples pour en animer les rapports, que deviendrait le monde, on se le demande. Question évidemment sans réponse, pudeur démocratique oblige. Mais ce n'est pas tout. Il y a un bonus. L'Esprit sait maintenant qui est la mère du Crime contre l'humanité. Son nom humain n'est pas Berlin, comme on a cru un peu vite. Erreur de traduction. Difficulté française à penser en allemand. En voici le portrait-robot établi justement par la pensée française la plus en pointe. Russe, comme Néron, elle a l'âme mélancolique, mais, en pratique, anarchiste, infernale, elle s'emballe et s'enflamme, comme Messaline, grosse d'un désir immonde: régner sur l'homme sans partage. Sur le rayon empire et fondation, de philosophie fantastique, on appelle ça, ce règne total exotique: l'essence de lOccident

Comme nous ne possédons pas non plus l'art de générer de nouvelles catégories de pensée, à partir d'un terreau approprié ou par voie intraveineuse, force nous est de constater que l'étatisme se propage tout bêtement à partir de ces classes dites moyennes, imaginées en lieu et place de la catégorie jugée injurieuse et surannée, en un mot pas moderne, des petit-bourgeois, dont le contenu réel, en fait, peut être réduit à un ensemble hétéroclite de catégories socioprofessionnelles. Et il est donc logique que ces couches qui, objectivement ou, sur le terrain, comme on dit, sont les conducteurs obligés des flux de l'économie politique, soient simultanément l'objet d'une intense action psychologique, de la part de l'actuelle chienlit étatique, d'ailleurs tirée de leurs propres rangs, historiquement chiée en 40, par le capitalisme français. Confrontée à la peur existentielle de sa disparition, cette chienlit intergénérationnelle sait offrir à d'autres la chance seconde d'un sacrifice, se réservant tout le mal d'enfiler de nouveaux habits, ce qui n'est pas rien, nous en convenons. Quant aux chers disparus, il s'avère que ce sont, tout compte fait, de de bons Français! Que conclure sinon que le totalitarisme, puisque le mot existe, donnons-lui un sens afin qu'il échappe à son inconsistance culturelle, a légué aux états contemporains, la volonté démiurgique de fabriquer du peuple sur commande et sur mesure.

Cette réapparition programmée du sujet, appelé-là à faire l'extra, contrevient certes aux gribouillages prescriptifs de la philosophie postmoderne qui ne rate jamais une occasion de manifester son horreur d'être socialement sujette à caution, tout en ayant l'habileté retorse de se faire appeler Arthur, c'est qu'elle est, elle insiste, il ne faudrait pas l'oublier, essentiellement une victime, sauf qu'à l'évidence, le totalitarisme, ce non-lieu étatique des états modernes, par lesquels tout sujet s'enflamme mi-métaphoriquement, pour mieux revenir en lui-même, chouette! une coquille vide, lui a donné une occasion en or d'échapper au fardeau organique d'une volonté propre; ce qui nous ramène à cette idée brumeuse du lien français spécifique à la terre de France qui pourrait être le sujet d'une fable intitulée: la queue du grand méchant loup matérialiste. Celle-là même, oui, tirée par monsieur Charles Peguy qui a ainsi nourri la terre de France, mais aucune femme. Au moins, il aura échappé à la petite vertu, contrairement à monsieur Nietzsche, dont on dit qu'il a rampé dans la boue allemande, le mauvais côté du Rhin. A quoi tient une réputation!

 

Le train français des réformes, en fait un convoi, sous bonne escorte, de marchandises, qui est, comme il se doit aujourd'hui, en forme de politiques économiques, si enivrées cependant de liberté fraîchement déterrée, qu'on doit, on va y venir, pour en masquer l'odeur pestilentielle, les barder d'aulx et d'aromates philosophiques, convoi de plus dont le tandem présidentiel qui le tracte est essentiellement occupé à trouver le combustible financier et budgétaire, s'il veut aller au bout de son propre runaway train, ce train, donc, hors du commun est présenté comme produit par le tunnel de la nécessité inhérente au monde tel qu'il est; ce qui, pour paraître nécessairement incroyable, est, en un mouvement contraire, tout à fait exact! A condition d'ajouter que cette nécessité est si véloce qu'en la prenant, il convient de prendre garde à la marche. L'économie capitaliste, en effet, est loin, comme le nuage de Tchernobyl, d'attendre l'arme au pied, un visa, que le gouvernement français, drapé dans sa farouche dignité, lui a obstinément refusé. S'il n'en a pas perçu immédiatement le côté positif qui normalement, au-delà de tout iceberg totalitaire, émerge quoiqu'il arrive, c'est sans doute qu'à l'époque, le temps n'était pas assez mûr pour que l'état manifestât une volonté de recréation du peuple français, à nouveau tiré, comme il se doit, en 2007, des mêmes mauvaises eaux, totalement catastrophiques dont une voix radiophonique disait:

 

vous étonnerai-je en vous disant que jamais, dans l'histoire de la France, l'État n'a été plus asservi qu'au cours des vingt dernières années (discours du maréchal Pétain, le 11 octobre 1940, à propos de l'ordre nouveau).

 

Voilà qui explique, mais seulement en surface, au niveau de l'étoffe dont sont faits les actuels hérauts de l'économie politique, comment on en vient à forger un bouclier fiscal de secours. Sait-on jamais, mieux vaut anticiper, des fois que l'histoire se répète. C'est le moment de dire quelles gueules bariolées se cachent derrière ce bouclier. Et dire en quoi ces paillasses à gueules tragiques ont un urgent besoin de réanimer l'armure modernisée de la révolution nationale où loger un fantôme de peuple que le capitalisme mondial et son agent français ont plus qu'embastillé, désintégré. 

 

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par valentini - Publié dans : économie politique
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 11:18


 

 

Pendant qu'aux USA, le fruit d'un étrange pragmatisme, probablement une sorte de citrouille géante, qui a pour propriété de libérer les hommes de tout lien avec eux-mêmes, on se loue d'avoir élu un non-blanc, pour reprendre une catégorie hors-catégorie de la pensée mondiale dont la mémoire est aussi plate que l'eau du même nom et qui, sous le manteau d'une mansuétude infinie, finit par nier ce qui, en fait, n'a jamais eu la moindre existence, tout en étant, bien entendu, une réalité créée par ses soins pour répondre à des intérêts qui ne sont immatériels qu'au travers des mots de peuple et de nation, la France occupée à travailler et qui s'en fait une gloire, tous les 14 juillet, elle entre à nouveau dans l'histoire, comme un coucou à midi, à minuit, en fanfare, y ajoutant, voilà qui ne mange pas de pain, les riches heures, et troubles et obscures, de l'esclavage, du front national résistant et d'entreprise de destruction des juifs qui sont autant de médailles cousues sur ses habits providentiels toujours neufs, la France qui hait la révolution française, ce coupe-gorge, et se glorifie de Révolution nationale, rebaptisée Réforme, sa nouvelle éthique, la France qui a un faible pour l'état français, elle ne le hait point, et se méfie un peu, beaucoup, passionnément de la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, cette France-là, des basses-oeuvres et des Hauts-de-Seine, cyclothymique, antijuive hier, aujourd'hui européenne, qui a fait de son gouvernement, une sous-présidence à la mexicaine, n'oublie pas, en aucun cas, ses propres enfants et leur avenir préparé de longue main, avec un soin aussi maniaque qu'extrême. Pas question de les mettre dans le même sac que la racaille de banlieue et autres dépistés délinquants. Il y a longtemps, en France, qu'on sait que la science n'est pas faite pour les chiens.


Aussi, sans attendre demain dont personne ne sait de quoi il sera fait, excepté le voyant rouge de service qui anticipe au quotidien tout le malheur possible, éclairé par le passé qui lui sert de boule de cristal et assis sur deux fesses, droite et gauche, claquant comme deux cymbales, annonçant l'avenir le plus clinquant, cette France-là, supérieure, haut et bas confondus en une même gravité qui est la loi incarnée ou plutôt dont la loi est l'esprit à la lettre, transmet à ses enfants, les siens, ses valeurs, c'est-à-dire, outre l'art de tromper son monde au jour le jour, en faisant de sa liberté, une nécessité qui s'impose à tous, l'ensemble de ses comptes côtés en bourse et mis à l'abri, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, ces caïmans européens dont la gueule est plus acérée que le cerbère de Bercy qui danse, devant clearstream, l'air ailleurs, venu d'ailleurs. A cette accumulation séculaire, sur le dos de groupes humains dont l'histoire a dit le nom, avant la mémoire à géométrie nationale, versant des larmes, tous ensemble, au bon moment, elle ajoute les postes à but non lucratif, en tant qu'ils sont publics. Les arrangements internes qui en découlent, étant affaires privées et, ce bonheur, n'arrivant jamais seul, sanctionnées par la légitimité démocratique. Car, et c'est la nouvelle du jour, grande, grosse et grasse, le suffrage universel n'est pas le vecteur d'intérêts particuliers sur le terrain institutionnel et politique, c'est un examen de passage pour les nouveaux bacheliers du capitalisme. La présidence française est donc le lycée français par excellence et sa sous-présidence gouvernementale, un pôle-emploi d'un nouveau type. Vive les enfants de président! Vive la France-là occupée à travailler à son avenir! Tout le monde aura compris maintenant que l'avenir de nos enfants est la formule générale de cette France-là, populaire, présidentielle et provinciale, qui désigne le gouvernement français, un simple synonyme de président et qui met en oeuvre des décisions prises par les conseils d'administration des classes et grands groupes capitalistes. Tout le monde aussi devrait savoir que cette France-là d'actionnaires difficiles à apaiser n'oublie jamais de défendre ses propres intérêts et, mutatis mutandis, ses propres enfants dont l'avenir s'inscrit dans chaque mesure prise au jour le jour et qui ôte aux prolétaires et à leurs enfants le pain de la bouche.

Par valentini - Publié dans : 1847
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 11:52

 



Comme la flambante omelette norvégienne, le prix Nobel combine le chaud et le froid. De quoi philosopher autour d'un verre de bière, jusqu'à la fin de l'hiver nucléaire. Car c'est ainsi à présent qu'on continue à exister autrement, en regardant ce qu'il y a à voir, notamment dans le monde audiovisuel. L'idiot médiatique l'a bien compris qui croit savoir que ce Nobel-là risque d'être interprété par le peuple le plus versatile de la planète, le peuple américain, comme une ingérence dans ses affaires intérieures. « Intérieur » doué, comme chacun sait, d'une forte élasticité, surtout à l'heure de sa reproductibilité technique. Et notre idiot des services de poursuivre, dans le même élan, sa noire interrogation, en faisant comparaître à la barre, un parti ultra conservateur, autrement dit ultra américain, qui craint qu'on en vienne à « émasculer » l'Amérique. Peut-être l'illustration de ce qu'il entend par affaires intérieures ou une façon nouvelle de voir, à la fois ardente et crue, la très obscure et controversée american way of life. A l'évidence, au-delà de toute interprétation forcément stérile, en pareil cas, il y a, pour ce ci-devant parti ré-vo-lu-tion-naire, manifestement contre, foutrement pire que se faire enculer: l'impossibilité de transmettre la vie et ses valeurs. Dommage que le parti en question ignore le côté positif de ce crime de lèse-majesté. Si l'Amérique, en effet, était émasculé (sans e, grammaticalement juste, mais erroné sur un plan sémantique), les Américains poussés, depuis un siècle, par leur propre puissance, à chanter et danser une sorte de gigue, le célèbre stop and go politico-économique, saisiraient alors tout le sel d'une telle ablation logique. Et du coup, « l'Amérique », qui est toujours déjà demain, une société capable de ressentir, au plus profond d'elle-même, son propre dépassement, pourrait enfin jouir de la liberté, au lieu de l'avoir sans cesse, comme un fardeau, à la bouche.

Si ce morceau transparent de vie, 100 % américain, au sens moderne mondial, exprime une vision au goût sauvage (de cerise) aussi originelle qu'originale, qui sert aussi d'aura rafraîchissante aux illuminés des classes capitalistes, la vérité ordinaire, par contraste, apparaît fatalement sous un jour plus plat et terne. En effet, le comité du prix Nobel, en sanctifiant le nouveau président américain pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples, n'a fait que manifester un préjugé tout à fait trivial et courant: le désir de paix comme valeur suprême de la politique américaine. Ce préjugé est en tout point conforme au réalisme médiatique, attentif à caresser l'opinion moyenne, dès qu'un changement orchestré par ses soins acquiert la qualité d'historique. Ça était le cas de la chute de Saddam Hussein, contrairement à celle du chah d'Iran, vécue, il y a chute et chute, comme une catastrophe! De même le nouveau président américain, extraordinairement perçu comme étant de couleur, incroyable, ce qui a un sens relativement à l'histoire des USA, tombe dans la catégorie historique. A voté! La preuve que le chemin de la rédemption est ou n'est pas, c'est selon, un chemin semé de millions de croix. La naïveté à ce niveau-là est la forme qu'acquiert la raison lorsqu'elle ruse avec elle-même et s'arme de méga-bonne volonté, pour affirmer, à rebours de toute la pratique antérieure, que l'équilibre de la terreur trouve sa limite dans la production d'armes nucléaires. Notamment par l'Iran. Mais pourquoi l'Iran? Parce que pour réaliser un monde sans armes nucléaires, il faut bien commencer quelque part. Et alors pourquoi pas l'Iran? Ça paraît en effet plus réaliste que de désarmer l'Amérique. Le problème cependant est que les efforts extraordinaires de l'actuelle présidence américaine, notamment en direction du « monde musulman », comme en Irak et en Afghanistan, ressemblent furieusement à la diplomatie américaine, traditionnelle: si tu veux la paix, fais la guerre! Très locale et kitsch, la nouvelle couleur américaine. Mais, en aucun cas, neuve.































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Par valentini - Publié dans : actualités providentielles
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