Concours

Vendredi 26 juin 2009

 

 

 

C'est sans surprise, mais en grandes pompes, comme en 40, que the french lover qui entretient un rapport universel avec tous les Français, a annoncé, devant les chambres, son désir de continuer le combat. Sinon on s'en sortira pas, on plongera! L'océan des chiffres confirme d'ailleurs un climat potentiellement catastrophique. Heureusement, arrive un nouveau gouvernement de maîtres-nageurs qui sait l'importance d'activer les bras. Ce savoir-mouliner est historique, comme chacun sait. Il permet de continuer à flotter par temps de crise. Et pour flotter, ça flotte! Des cordes, des grosses. La Réforme est plus que jamais de rigueur. Elle promène son popotin charmeur, d'Amsterdam à Varsovie, équipée d'un joli parapluie étoilé bleu, des Vosges. Ce n'est pas parce que cette forme d'austérité amiable, à l'irlandaise, un miracle européen imposé à d'autres, quelqu'un doit payer, a partout pris l'eau qu'il faut changer de patron, au contraire! Les patrons sauvés par la bouée, moi! Moi! Moi! institutionnelle, à grosses miches, en redemandent et avec eux les classes capitalistes de France et du modem. Pas d'impôts, donc. Surtout pas. Ce serait filer droit, vers une France sans prolétaires. Et pas de panique non plus. Le prix du baril remonte et avec lui la manne du prélèvement étatique, pétrolier. La sécurité routière peut mieux faire et d'avantage qui redouble le civisme en civisme à l'égard des finances de l'état, le méchant! Par conséquent, le bon aussi. Et un peu le truand, comme ça, ça fait une trilogie. Aider les ci-toyens qui travaillent, à toute vitesse, à une voie nouvelle, punir les mauvais qui roulent plus vite que la normale. Au moins, le modèle 45 de croissance industrielle du nombre de tués sur la route a trouvé le moyen de faire amende honorable. Ce n'est pas le cas du trou commercialo-pharmaceutique de la sécu, toujours alimenté par la manie dépressive et cela, malgré les efforts titanesques des docteurs en vasectomie socialement ciblée. Ils n'ont pas assez serré les cordons de la bourse qui gonfle le panier de la ménagère. Tiens! On va faire campagne sur les battues! Humour rital de bon aloi, noir, comme il se doit. Mais le gouvernement moutonnier des classes capitalistes de France, que the French poker tire toujours au bon moment, de ses manches, se prépare à décrocher le pompon de la retraite, bagatelles! Mais surtout à rafler tout ce qui peut l'être encore. Salauds de prolétaires qui deviennent plus vieux! On va leur apprendre à vivre à ces catins de dortoir en phase terminale! Si! Si! Les jeux de mots sont aussi de rigueur, mais gratuits. Comme ça tout le monde peut plaisanter. C'est démocratique quelque part. D'autant que l'allongement structurel de l'âge de la retraite va faire tout son possible pour que tout soit pour le mieux. Le Français paiera! Logique! Depuis 45, il a vécu sur le pays et il s'en est mis plein les poches. C'est pas tous les jours qu'on en a un sous la main, de boche, pour boire un coup à la santé du développement prévisible. Quelque chose au final, dans ce galimatias grand cru, est quand même prévue pour faire face à cette crise imprévisible. Une de plus, en fait! Ce manque de mémoire historique est sans doute l'effet d'une absorption massive de poisson d'avril qui contient tout ce qu'on veut, notamment des farces présidentielles et attrape-nigauds médiatiques, pour détourner l'attention des roulés effectivement dans la farine, sauf du phosphore. On laisse ça aux peuples sans mémoire. Multiplier les lois à enrichir, c'est facile, et pis ça coûte rien aux classes capitalistes, au contraire. Derrière la paraphrase infinie à propos de l'égalité-liberté, le sordide de décisions politiques qui font rendre gorge, chaque jour un peu plus, à la masse de la population et escroquent le peu de bien-être obtenu, non sans luttes, depuis 45. Un modèle qu'a foiré, comme dit l'autre. Sournois. Sans préciser qu'il fut un modèle capitaliste de développement parmi d'autres et déjà post-quelque chose. Qu'à cela ne tienne! N'y pensons plus! Tournons la page! Inventons-en un autre qui ne prendra pas l'avenir en otage! Paroles d'otages capitalistes, prisonniers de leur propre système qui enseignent comment y nager depuis le bord, le leur! Au chaud. Au sec. Et déjà en train de sabrer à la russe, la victoire. Mais arrive une nouvelle combinaison sur le marché, elle va donner des ailes aux prolétaires. Génial! Les classes capitalistes vont pouvoir ajouter à la pêche aux voix, la chasse aux inutiles. Chez eux la tradition est une seconde nature et avoir l'air naturel, en toutes circonstances, une tradition bien ancrée. Dialoguer avec un mur, nein! Danke!

Par valentini - Publié dans : actualités providentielles
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Vendredi 12 juin 2009

 

 

 

Le peuple gabonais a perdu un homme de grande envergure. « Grande » est ici synonyme d'étatique et aussi de cadavérique; ce que confirme le paquet de louanges adressées au cher disparu: un ami de la France. Ce dernier mot blanchit ou noircit, selon que vous en êtes ou non. Dire qu'il était tout bêtement en réalité un ami de l'état français en écorcherait la gueule à plus d'un, en raison du souci libéral qui les anime. Leur libéralisme serait ramené à sa juste proportion: un cintre prêt à endosser l'habit au goût du jour. Le voile pour madame pom pom girl et le costume de mister tambourine man pour le nouvel Abraham américain. Mais le Gabon, même remarque que plus haut, qui a d'autres problèmes à régler que le fait de savoir quel costard-cravate en rupture enfiler, a ressenti une si vive douleur à cette occasion toujours unique qu'il a voulu en empêcher le débordement loin au-dehors des limites convenables que représentent les frontières nationales. Ces dernières ont été fermées pour cause de deuil, quoi de plus normal! C'est une tradition bien connue des boutiquiers qui ne l'appliquent plus, en général pour cause de liquidation totale à répétition. Les grandes entreprises françaises, multicapitalistes, à vocation mondiale, ne sont d'ailleurs pas moins farouches au sujet de leur pré carré. La moindre opposition d'union locale semble être, dans leur perspective à perte de vue, un obstacle de taille mégamonolithique. Mais injecter du social dans un cadre à caractère strictement privé, c'est pourtant ce qu'on vient de faire avec le regretté Albert-Bernard, ancien sous-officier des services secrets français, animiste, catholique et musulman. Une bibliographie pleine d'espoir qui prouve qu'on a pas besoin d'être juif pour s'enrichir. Il suffit de savoir se faire des amis, comme l'a dit un américain mémorable et mondialement connu. Que ce mort soit hors du commun, la rupture des communications entre le Gabon et le reste du monde, consécutive à une mort effectuée par étapes, le prouve sans conteste, comme elle montre le sentiment de responsabilité qui reste la sienne, au-delà de sa seule présence physiologique et matérielle. C'est dans le cadre de cette totale abnégation que le Gabon, pour l'heure privé de boissons et d'attroupements, deux excitants bien connus des docteurs en économie, travaille à se reconnecter, histoire de rétablir des relations stables. Les racistes en profiteront pour rajouter avec son propre cerveau. Mais en quoi un régime aussi immobile, gage d'une grande stabilité qui a assuré à la France, certes avec d'autres, une souplesse politique sans égale, pourrait-il être critiqué sous prétexte de démocratie et droits de l'homme? Le Gabon n'a-t-il pas prouvé pendant 41 ans, sa pleine adhésion à ce programme, en pratiquant une communauté de destin avec la cinquième république? Et parler de dictature à son propos, en se focalisant sur un homme, c'est quand même inverser les rapports réels qui lient, jusqu'à nouvel ordre, Libreville à Paris. Les dictatures africaines trouvent leur véritable explication dans le cadre de la domination de l'économie capitaliste sur l'ensemble des rapports sociaux et politiques. Et les formes qu'elles revêtent sont livrées aux rapports de force locaux entre élites politiques, disposant d'une force armée pour garantir leur suprématie sur le reste de la population, grandes entreprises, soutenues de l'extérieur par leurs propres gouvernements, ce qu'on appelle pour la France, sa politique africaine, et mouvements sociaux qui reviennent sans cesse poser, de façon plus ou moins violente, le problème d'une autre répartition des richesses produites que celles actuellement opérées et développées depuis les Indépendances. 

Par valentini - Publié dans : les shorts
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Mardi 9 juin 2009

 

 

 

Parmi la gomme d'arguments tombés de la bouche des représentants politiques de la faillite capitaliste et resservis à l'occasion des dernières élections européennes où 4 électeurs seulement sur 10 se sont exprimés, mais ça semble encore trop, vu qu'on s'inquiète de la liquidation des « extrêmes », surtout de gauche, il y en a un, en or massif, qui consiste grosso modo à répéter que les gens ne savent pas, parce qu'on ne leur explique pas, sinon ils comprendraient tout le bien qu'ils doivent penser de l'Europe et des alléchantes possibilités qu'elle offre à tous ceux qui font l'effort d'en profiter. Ce type de raisonnement présuppose un électorat socialement homogène, sur lequel dresser cette échelle de compétence politique qui, comme on vient de le voir, est aussi vu comme un échafaud. Le discours médiatique dominant (l'ensemble de ceux qui y interviennent massivement et non les seuls journalistes qui y travaillent) s'emploie à faire que ce qu'il nomme les peuples prenne au sérieux l'idée fondamentalement abstraite, et par conséquent absurde d'un point de vue social et historique, de « construction européenne », réduite ainsi à une sorte de conseil d'administration générale des nations européennes, chargé de mettre en synergie des entités économiques régionales plus ou moins vastes, au moyen des états capitalistes qui en seraient les mandataires.


Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les chômeurs deviennent des « demandeurs d'emploi », les clochards, des sans-abris, etc. Le caractère positivement discriminatoire du vocabulaire usité n'exprime en aucune façon une quelconque compassion à l'égard de ceux qui sont chassés du cycle d'accumulation du capital, qui d'ailleurs, soit dit en passant n'est pas que « productif », au sens technique-matériel du mot, loin s'en faut, mais s'inscrit dans un écoeurant « vivre-ensemble », dégoulinant de haine rentrée et de mépris affiché, qui s'efforce de nier systématiquement toute idée de division sociale dont les désordres et la violence qu'elle engendre sont ramenés à de simples problèmes d'ordre psychologique qu'une gestion saine, sereine et rigoureuse des ressources humaines se doit de traiter sans état d'âme. C'est que nous sommes en guerre, pépère! Alors va falloir y mettre du tien, mon gars! A toi de garder la forme physiologique de ton individualité. A l'Europe, le soin de répartir le capital et donc le travail, selon les impératifs du capitalisme européen et mondial. La récente et retentissante faillite des économies occidentales montre comment cette répartition est harmonieusement effectuée par les agents du marché, autrement dit les entreprises, qui à l'instar de mister Jourdain se découvre une âme sociale au moment d'affronter la colère herculéenne de leur dieu personnel. C'est que ce dieu ne plaisante pas, il élimine tout ce qui entrave ses accès de folie furieuse, gage de vérité et vecteur de son éternel retour, par le biais d'une dévalorisation créatrice. Eh! Oui! La stabilité est sa pire ennemie, le signe que le profit dépérit. On dirait bien que l'actuelle furia francese emprunte son image à ce dieu-là.


A l'évidence, peuples et nations ne sont pas, contrairement à ce qui est généralement soutenu, socialement identiques. Le peuple ici est clairement donné pour un présupposé certes indispensable à l'expression démocratique, mais, notion confuse et lointaine, léguée par l'histoire, il relève davantage du poncif obligé du discours politique, que d'une réalité vivante. Est peuple, au final, tout ce qui est socialement secondaire sur un plan politique national, et nation, la chose qui le bonifie et l'ennoblit, en le modernisant. Le « peuple » est en quelque sorte le vieux pot de la modernisation. L'idée d'égalité se réalise chez lui dans sa capacité à absorber sans sourciller tous les produits qu'on lui présente, au gré du rythme du développement capitaliste. Être antisémite à contretemps, voilà le mal! Et les trublions nationalistes qui crient à la dictature bruxelloise, au nom des peuples assaillis par le capitalisme sans-frontières et submergés par la multitude migratoire jugée inassimilable, n'en partagent pas moins cette façon de voir qui transparaît au travers de leurs critiques rageuses, changeant subrepticement de ton et d'objets, dès lors qu'elles s'appliquent à leur propre espace national. Car si ces intérêts capitalistes vilipendés et honnis sont français, alors là, oui! Y a bon! Mais évidemment si on n'est pas français, on peut pas comprendre ce je-ne-sais-quoi dialectique qui se vit en personne!


Ce sale petit refrain n'en est pas moins du goût de nos bons Européens qu'il remixe en un féroce hymne à la joie, lancé sous le signe de l'alliance des nations retrouvées, contre leurs peuples subsidiaires. Chanteurs nationaux à la croix de bois et musiciens populaires sont manifestement en désaccord, la voix des uns louant l'immensité du ciel européen, symbole de paix et de prospérité, le sifflet gendarmesque des autres, rythmant le remplissage de ce merveilleux vide par des panneaux idéologiques qui ne sont plus ou pas encore au goût du jour. Mais encore une fois, au-delà de ces empoignades publicitairement orchestrées, nous ne voyons pas en quoi, cette opposition à l'idée européenne révèlerait en soi, comme on le sous-tend implicitement, l'imbécillité quasi-congénitale de la masse, à s'élever au-dessus de sa situation immédiate dont d'ailleurs elle est rendue responsable, par ceux-là mêmes qui prétendent à la direction et à l'organisation de la vie sociale et font de l'Europe une voie sacrée, pavée de textes contractuels, censés exprimer, en dépit des crises à répétition, avec leurs lots de catastrophes sociales, un idéal de réforme économique au service du bien commun. Cette vision-là tout aussi bornée ne satisfait que ceux pour qui l'union européenne semble garantir à plus ou moins brève échéance leur propre épanouissement, au prix de contradictions économiques qui simultanément exaltent l'action de certaines classes sociales, couches socioprofessionnelles et zones économiques et en précipitent d'autres dans le cycle de la pauvreté, en aggravant les conditions de l'exploitation capitaliste et par conséquent les difficultés à vivre, de manière générale. Mais, comme par magie, ce mouvement-là d'abaissement des conditions de vie et de travail serait dû, pour ne pas changer, à un manque de réactivité, à des crispations identitaires, à des réflexes d'un autre âge, à une incapacité à s'adapter, etc. Toutes les sciences sociales sont mobilisées pour convaincre le prolétaire, ben! que c'est sa faute! La vieille rengaine du meilleur des mondes possibles qui se mérite par davantage d'efforts et de tensions. D'autant qu'ici, en Europe, on vote! Alors, de quoi se plaint-on, franchement!


L'Europe et sa démocratie capitaliste, au service exclusif des entreprises qui vont de l'avant et roule joyeusement vers l'abîme, stocks-options, plan de sauvetage, parachutes dorées assurent leurs arrières, est donc clairement l'alibi d'une politique d'austérité et de rigueur systématiques, par ailleurs réellement ressenties, par une masse d'individus qui ne cesse de s'élargir. Bien entendu, c'est le moment de montrer qu'on en a, qu'on en veut en attendant le grand moment qu'on les aura! Sinon ça sera pire! Nul besoin, par conséquent, de réfléchir politiquement aux prétendues possibilités offertes quand on paie ici et maintenant le prix des modernisations et des réformes économiques en cours. Car pour le coup, cette fois, licenciements, chômage, exclusion et marginalité économiques se vivent effectivement à la première personne et non pas par procuration, comme c'est le cas des représentants des classes faillitaires, qui se vivent comme des martyrs, résultat de leur formidable audace politique qui consiste principalement à donner de l'argent aux entreprises, en pariant sur leur réussite, voilà qui donne chaud et fait couler de la sueur! et à voter des lois qui augmentent sans cesse la pression de l'exploitation capitaliste et amplifient les moyens de répression à l'égard des inadaptés sociaux qu'on déclare incapables de faire face aux faillites en série du capitalisme, et qui ont le culot de se présenter comme des victimes, alors que les vraies victimes de l'incompréhension sociale, ce sont bien entendu les représentants des classes faillitaires qui font ce qu'ils peuvent pour que les réformes aboutissent, vite! D'ailleurs l'histoire disparue en 40 revient leur donner raison, en 2009. Pas la peine de massacrer des millions, pour liquider les problèmes, quand personne ne se révolte. Le salaire peut donc encore baisser, la limite n'est pas encore atteinte de l'intolérable. Les bons Européens se découvrent tout à coup solidaires avec les prolétaires pauvres, contre les prolétaires privilégiés, responsables du manque à gagner.


 

 

Par valentini - Publié dans : idéologie
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Lundi 8 juin 2009

 

 

 

Les élections européennes en France ne font que confirmer ce fait durable qu'un gros quart seulement des Européens adhère à l'idée européenne; le reste, une majorité écrasante d'électeurs, ne fait que subir l'économie capitaliste sans manifester d'enthousiasme particulier. C'est d'ailleurs cette apathie politique qui lui vaut d'être méprisée par un ensemble de couches sociales disparates, trop heureuses de recouvrir d'un nom générique, leur situation de citoyens privilégiés. Après plus d'un demi-siècle de « marché unique européen », c'est ce qu'on appelle une réussite! L'Europe est donc le nom gracieux que ces amis du genre humain d'un nouveau type s'attribuent volontiers pour justifier leurs intérêts privés et personnels, allant jusqu'à estimer que cet égoïsme particulier, c'est-à-dire historiquement et socialement constitué, est en réalité un fait d'utilité publique et sociale. Certains de ces philanthropes, sans doute touchés par la grâce, vont encore plus loin puisque cette fracture sociale est pour eux le signe d'une opposition globale entre démocratie et fascisme.


Cette coupure, sauf à considérer que les nations européennes sont peuplées majoritairement d'imbéciles, qui plus est archaïques et rétrogrades, -il y a donc une grosse minorité d'imbéciles heureux-, est donc pour nous un fait idéologique majeur. Car nous ne voyons pas la pertinence intellectuelle d'une distinction qui, tout compte fait, ne fait que séparer artificiellement les hommes selon leur degré supposé d'éducation et de culture. Si encore l'éducation et la culture en question s'organisaient en volonté réelle et pratique de transformation radicale des conditions capitalistes d'existence, ayant pour but de garantir à chaque individu une stabilité économique et sociale sans laquelle aucune vie digne de ce nom n'est possible! Ce qui non seulement n'est pas le cas, mais même, au contraire, ce quart d'Européens avertis occupe principalement son temps libre à exalter sa capacité à s'adapter au jeu chaotique de l'économie capitaliste et en tire un sentiment de supériorité absolument répugnant. Son bonheur particulier à se définir comme européen est tout bonnement un préjugé de la pire espèce, il masque intellectuellement sa soumission pratique réelle au développement non maîtrisé de l'économie capitaliste, vu par ailleurs comme un moment de vérité humaine. Le conformisme atteint là des sommets, en se grisant de cynisme. Le bourgeois interlope se pavane en habit de Don Juan.


Cette idéologie, comme toute idéologie, nie d'abord et avant tout la division sociale du travail, produite par l'économie capitaliste, dont elle constitue simultanément le ressort dynamique de son développement économique. Mais comme les faits sont têtus, cette division est intégrée au titre de différences sociales inévitables qu'une sociologie de bazar interprète comme un manque de maturité intellectuelle et morale, dont est indemne naturellement le superbe Européen, où prévaut l'idée de responsabilité individuelle et des formes d'incapacité plus ou moins fortes à maîtriser l'environnement économique, donné implicitement pour homogène; ce qui n'est vrai qu'abstraitement parlant. Chaque individu est en effet libre d'exercer et de changer d'activité où et comme bon lui semble. Mais que l'immigration prenne au sérieux l'idée d'égalité d'accès au bonheur économique capitaliste et aussitôt la société ouverte se crispe comme une huître dont on force la coquille. Cette société mobile immobile apparaît donc comme sa propre ennemie, refusant en pratique ce qu'elle affiche idéologiquement comme son principe d'existence. Dans ces conditions, il n'y a pas à s'étonner de l'apparition de l'idée de justice sociale, pour contrebalancer les effets pratiques de l'idée de responsabilité individuelle, c'est-à-dire, dans le cadre de l'économie actuelle, l'expression ampoulée du vieux système D. La somme des actions privées, n'étant sociale qu'en dernière analyse, il faut bien que l'état capitaliste agisse comme un sauveur de dernière instance, faisant l'aumône à ceux à qui il doit son existence, la masse des prolétaires, bien sûr stupidement anti-européens.

Par valentini - Publié dans : idéologie
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Mercredi 8 avril 2009

 

Une ribambelle d'escrocs, de bonimenteurs et de charlatans se sont donnés rendez-vous à Londres, l'un des plus grands paradis fiscaux de l'archipel capitaliste dont le président américain est en quelque sorte le grand-duc, pour déclarer à qui veut bien leur prêter vie: le capitalisme est mort, vive le capitalisme! Car juré! Promis! Craché! On ne les y reprendra plus! Ils ne s'accointeront plus, tels morues et maquereaux en bancs, dans les eaux opaques des montages et produits financiers. Dorénavant, au contraire, requins-baleines inoffensifs pour l'homme, ils se présenteront au monde, clés bancaires au cou, avec pour chemise idéale, une transparente honnêteté. La fraude mondiale, massive, évidemment, sera bannie aux confins de l'univers boursier et bancaire, porté à la connaissance du citoyen lambda. Nul ne peut nier certes que ce rassemblement de délinquants à col mao de luxe fut un grand moment médiatique. Ce n'est pas tous les jours en effet que le Crime fait pénitence. Mais relativement à l'homme à la croix, venu sanctifier in extremis la razzia romaine et ses bandes de pillards criminels, en robe de sénateur et jupette de légionnaire, l'Adam prodigue du prodige capitaliste se complaît dans la comédie de boulevard, le dernier rempart de la morale bourgeoise. Car quoi de plus interchangeable et de plus universel que le cocu magnifiquement interprété pour l'occasion par le Roméo-en-chef du capitalisme français. Et cela, non en vertu du fait que « sa femme est une bombe », comme dit la presse d'investigation américaine, presse aussi sérieuse qu'énorme, mais en tant que porte-flingue du capitalisme dit anglosaxon, fait dont il s'est encore vanté à propos de la réintégration de l'état français dans le giron de l'OTAN, ce fragment authentique de la liberté du monde capitaliste. Être constant dans le cocuage, la France est bien une terre d'exception, une terre promise. Le tout, étant de savoir à qui?


Sur cette exception fine, mélange d'avidité requinquée et de méfiance atavique, une majorité de Français se retrouve d'accord pour y voir une certaine efficacité et lui octroie en conséquence leur confiance, bien sûr, comme toujours, de manière conditionnelle. Dixit Opinionway, l'entreprise aux trois regards, résurgence sans doute du folklore trinitaire. Même si spontanément, d'un autre côté, ils s'accordent entre eux d'abord et en leur for intérieur où se situe la garçonnière du nain qui dit oui à son double qui en veut plus, et cela avec le soutien indéfectible des médias, pour l'heure, ils se déclarent prêts à croire que le premier des convertis à l'idée de destruction conservatrice et de France, l'homme qui s'amarre au môle de « la croissance avec les dents », et donc, à contre-courant de l'actuelle faillite mondiale, le dernier libéral élu du monde capitaliste à présent mort, a plutôt bien défendu leurs propres intérêts, diplomatiquement qualifiés de nationaux. Le but étant justement de calculer les dits intérêts en temps réel, derrière le vague d'une relative bienveillance approbatrice. Le dompteur qui pataugeait dans le rouge a su se dompter, c'est un lion! Après avoir bouffé du mammouth étatique, le voilà qui se drape opportunément dans son nouveau rôle de défenseur de l'économie nationale avec les ors étatistes et le brio présidentiel attendus. C'est ainsi que, comblé par sa propre amnésie, il danse dans la vieille carcasse diabolique étatique, en veste d'avocat de tous les français. Mouvement de victimisation dialectique, il va de soi. Sauf que le temps réel capitaliste, comme chacun a pu le constater, a son propre moment spéculatif qui est fonction d'une loi totalement négative et pour ainsi dire imaginaire, la loi de la valeur! Arrive un moment déclaré immoral, pour avoir oublié que les capitalistes aussi sont des hommes en proie aux affres de la difficulté de réussir, le moment made off, où les rêves capotent. Les rêveurs d'infini capitaliste se carapatent à toute vitesse: après nous le troisième déluge mondial! Le capital y effectue son énième énorme menstruation. Il aurait tant aimé donner naissance à un monde libéré du cauchemar de la violence terroriste, mais pas de bol, nuit de Chine, nuit câline, le voilà obligé de remballer sa mandoline. La faute au diable, sûrement! Comme croit savoir le ouï-dire qui est aussi le non-penser.



Mais qu'est-ce que la loi de la valeur inexistante? Ce n'est pas si long et impossible à expliquer, comme voulait le faire croire cet ostrogoth et crétin alpin de Böhm-Bawerk, un économiste libéral, par ailleurs libre bureaucrate d'un empire impérial, lui aussi disparu. Nul besoin de remonter à la pomme d'Adam pour comprendre que la richesse des nations, c'est-à-dire les capitaux des classes capitalistes, résulte du seul travail humain auquel aucune habileté d'apothicaires new look n'ajoutera, quand bien même sur la base de calculs économistes extrêmement sophistiqués, la moindre portion de réalité humaine et matérielle. Le prouve tout simplement l'accumulation de la montagne magique de dettes et/ou créances nulles et non avenues qui n'ont de toxiques que leur côté bidon: une absence momentanée de possibilité de réalisation dans un nouveau cycle de production capitaliste de grande ampleur et d'insolvabilité des débiteurs. Pourquoi les détenteurs de ces créances acharnées à travailler, fruit de trois décennies de forte croissance capitaliste, comme se répète à lui-même le gogo, imbu de conversations avec l'avenir, n'attendent-ils pas patiemment qu'elles leur fassent des petits, au lieu de crier bêtement: au voleur! A l'assassin! L'Amérique, la Chine, les paradis fiscaux, les traders, etc., nous ont piqué notre coffre à produire des miracles? Le « marché » ne doit-il pas, en dernière analyse, rétablir l'équilibre? Ses prix, comme des champignons après la pluie, avertir du moment opportun de reprise? La circulation des capitaux, comme la marée, ramener tranquillement aux pêcheurs terrestres, son pain quotidien de poissons paradisiaques qui se multiplient sitôt portés en bouche? Rien de tout ce que promettait les escrocs, bonimenteurs et charlatans du G 20 et leurs commanditaires en instance de renflouement sur le dos du prolétariat mondial ne s'est produit. Ce qui ne les empêche pas, avec leur énorme culot capitaliste habituel, de nous prédire à nouveau le bel avenir, bien sûr avec du sang, de la sueur et des larmes. L'émancipation humaine, ils ne la voient en fin de compte que sous la forme d'un renforcement permanent de l'ordre capitaliste et donc de la ruine économique des nations et de la violence politique qui en est le vecteur et le recours. Le maintien et le développement de l'OTAN n'est donc pas pour rien, mais en prévision de la catastrophe à venir. Aussi il convient de laisser les Français parler au Français. L'utopie de la révolution mondiale ne fait pas partie de leurs petits rêves fiscaux concrets qui est de se promettre de faire de la France un paradis capitaliste d'entrepreneurs honnêtes, prêts, ils le jurent, à se laisser immoler pour sauver la finance mondiale et prouver ainsi la confiance qu'ils ont dans leur propre système, mais à une condition! Que leur innocence soit reconnue! Prosterne-toi prolétaire! Voici l'éternel capitaliste qui a raison dans tous les cas de t'exploiter, car c'est pour ton bien. Dialoguer avec lui n'a par conséquent aucun sens.

 

Par valentini - Publié dans : économie politique
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