Concours

Recommander

Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 17:12
Comme on a nié l'histoire en bloc, en invoquant sa "fin" associée à celle des idéologies, il ne reste plus, pour expliquer les conflits de toute nature, que la police! Voilà pourquoi nous vivons à l'ère du soupçon systématique. Mais, au lieu des "rouges", le maccarthysme à la française  traque et débusque la passion absolue: la passion antisémite. Cette dénonciation de la pieuvre totalitaire, étant elle-même absolue, elle devient, d'une carte l'autre, absolument passionnante. Politiciens et docteurs de tous bords se donnent la main pour manier le grand miroir des mots. Face au Mal, comme ils disent, ils font société! En le disant, naturellement. Grâce à quoi l'armée de momies qu'ils s'inventent, aveuglée par cette lucidité hors du commun, est précipitée dans les poubelles de l'histoire. Le tour est joué, il n'y a plus qu'à cliquer: au suivant!

Sur le papier, l'Intellectuel gnangnan est un tigre. Aussi, la meilleure part, il la laisse aux politiciens. A eux de combattre l'Irak ou la Chine. Pour lui, de toute façon, l'affaire est entendue: le monde est habitée par la passion qui le divise et cela, éternellement. De cette passion tout à fait à part, il est le gardien vigilant. Un gardien aussi immobile que la mort, comme on sait dépourvue de passion. Elle est mue par la seule division qui se présente dialectiquement en personne, cela uniquement pour répondre à la fameuse injonction de Staline, le pape combien de divisions? Et, comme à l'évidence, avec elle, tout se décompose, il convient que l'on suppose aussi ceci: rien de plus beau que la théorie jetée par-dessus la charogne, en veste laïque ou religieuse, parce qu'au moins quelque chose demeure qui montre que la passion ne fait pas que diviser, elle unit également. En voilà assez pour montrer que l'idéologie française en vient à ignorer les lieux communs de sa propre culture.

De son côté, la France patronale, sentant le soutien spirituel qu'on apporte à sa condition misérable, ne manque pas de se répandre en jérémiades, sur le peu de considération qu'on lui témoigne, et même évoque, non sans délices, les envies criminelles qu'elle susciterait, pour le seul fait d'être le patronat. Pour un peu, elle en appelerait à l'existentialisme de Sartre. Il est d'ailleurs publiquement connu de tous qu'un peuple obscur, depuis un siècle, a pendu pas moins de six millions de patrons et s'acharnent encore aujourd'hui sur cette catégorie qui ressent comme un grand besoin d'air. En tout cas, cette victime, la plus précieuse, en trouve assez pour dire son indignation d'être pris à la gorge par une foule de forcenés paranaoïaques. Pourtant, cette France-là bonhomme, qui suscite une haine extraordinaire et quantité de meurtres passionnels, aime la vie, les frites, les mammifères mâles et femelles et l'Amérique. Aussi, avec ses mots à elle, simples et simplement inimitables, elle avertit que la porte est grand ouverte: qui n'aime pas le monde, le quitte! Réponse la plus spirituelle, quant à l'organisation de la vie sociale.

Curieusement, ce patronat, qu'on stigmatise, en l'appelant par son nom, c'est un monde! et qu'on juge, l'horrible passion française de juger! lui, qui s'estime comme personne, quand il s'agit d'obtenir ce qu'il pense lui revenir de droit, vu qu'il s'extermine à travailler, se plaint amèrement, dans le même élan, qu'on ne le considère pas comme tout le monde. Cette contradiction-là, l'intellectuel gnangnan ne manquera pas de la déclarer naturelle, car la liberté, comme dit le proverbe, s'arrête là où commence celle d'autrui. Et comme autrui justement, c'est tout le monde, on voit que cette frontière est merveilleuse et bien pratique. Elle donne, au gré du caprice, de la fantaisie, de la lubie, bref, des multiples synonymes de l'arbitraire et, donc, du droit du plus fort, la liberté illimitée sans laquelle le monde s'immobiliserait et, au bout du compte, mourrait. Et, comme chacun sait, pour ressusciter les morts, rien de mieux que la police! Si, à la fin, la boucle est bouclée, une question demeure en suspens: qui est réellement victime de cette idéologie, assurément la plus démocratique, étant la plus répandue.
Par valentini
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /Fév /2007 14:15
L'antisémitisme a de nouveau le vent en poupe. Il est l'alibi emblématique de l'impuissance politique de la démocratie capitaliste, heureuse que ses adversaires du moment en soutiennent le côté abject. La divine surprise que ce président iranien, ancien ministre de l'intérieur! qui lui aussi aime la police.
Mais, derrière le discours officiel qui en cultive, au gré des circonstances, le côté positif, l'antisémitisme est d'abord un discours pour intellectuels proverbiaux auxquels s'agglutine tout un monde interlope de provocateurs à penser. Et s'il s'obligent ainsi à penser, c'est que certainement, ils doutent d'eux-mêmes. Car n'en doutons pas, dénoncer son voisin, c'est déjà s'inscrire dans l'histoire de façon méthodique, sinon rationnelle. C'est donc bien vrai, et Descartes n'y contredira pas, avant tout parce qu'il est mort, que c'est en passant par l'Allemagne que la pensée progresse, indépendamment de la crotte qu'elle emporte, collée à ses souliers.

Les intellectuels proverbiaux sont aussi les plus passionnés. Et ça, qu'ils soient ci-devant lettrés ou mandarins ou même encore sans-culottes, au moins les dames sauront ce qui distinguent l'être et le néant, c'est-à-dire, en fait, des hommes catégoriquement hors-catégorie. En voici d'ailleurs une preuve. Ils ne se contentent pas, comme feu Victor-Hugo, poète lui aussi, de faire tourner les tables ou les têtes féminines, en les retournant du bon côté, non! eux font carrément tourner le monde. Et ils sont donc plutôt les héritiers de Charlie Chaplin. Pour l'être, nul besoin d'avoir de l'argent ou de parler français. Mais héritiers au titre de dictateurs de mots et fabricants d'alibi et de souvenirs choisis et/ou ourdis. Pour être dégourdis, ils le sont! Ces minauderies de la pensée provocatrice, à l'égard surtout de son propre vide phénoménal, autrement, adieu à l'existence! voilà le négationnisme en tant qu'idéologie ouverte à tous les ennemis-amis de la démocratie capitaliste. Pas la moindre trace, là, d'émancipation humaine, ni même de simple humanité, à part une collection compulsive d'empreintes digitales ou génétiques; ça, oui! ces gens-là ont le goût de la police et pas seulement de celle des lettres! révolution intérieure oblige.
Par valentini
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 10:02
Nous voilà donc à l'ère du capitalisme total, de l'ouverture démocratique tous azimuts et des échanges sans fin entre les idées et les hommes. Le monde, comme le soleil, est enfin libre de briller. Et donc, via Paris, d'Epinal à Perpignan, on ne s'en prive pas et même on redouble d'effort, en ce sens. D'ailleurs, en France, l'esprit est congénital, étant le quasi génome du patrimoine culturel. Du coup, il s'exprime sans a priori, convoquant Aristote pour expliquer la hausse des carburants et décrétant que l'Amérique, c'est le monde, en plus grand, because là-bas la Liberté se voit à l'oeil nu et, en plus, on peut la toucher. On comprend qu'après ça, on n'a pas le choix: qui n'aime pas la France, la quitte!

Ce cri du coeur qui émoustille la France de tous les possibles, excepté un, la France qui se préfère et s'est choisie ne la hait point
. Cette exception, au contraire, elle la plébiscite. Si, donc, politiquement, une telle formule est tout bonnement insensée, -après Vichy, qui peut prendre au sérieux l'amour de la patrie?- il n'en reste pas moins qu'elle a du sens puisqu'un patrimoine commun se trouve ainsi affirmé qui fonde l'union des droites françaises. Il y aurait un je-ne-sais-quoi de purement français que la vie politique n'entamerait pas. Cette chose purement française, on l'acquiert, semble-t-il, en faisant des dictées. Et donc, qui n'aime pas les dictées, n'aime pas la France.

Cette absurdité n'est pas le fait du hasard. Aimer la France peut tout aussi bien signifier couper la tête à un roi que déporter les juifs à Auschwitz. Et lier ces deux faits, en assimilant Rousseau à Hitler, comme on le fait, aujourd'hui, est tout aussi absurde et imbécile. L'histoire, dans ce cas, devient une chose qui échappe à la vie politique et, donc, au bout du compte, à elle-même. Et telle est bien l'intention de qui emploie le slogan: la France, on l'aime ou on la quitte. Il s'agit de soumettre la vie politique au fait d'être français et, au fond, d'y introduire, le privilège de la naissance ou la grâce d'avoir été choisi. Il y aurait quelque part, dans un ciel métaphysique inaccessible, une limite au conflit politique.

Mais cette limite métaphysique sur laquelle l'idéologie française ne cesse de s'interroger en vain s'appelle la guerre. Alors de deux choses l'une, ou bien on aime la France et alors qui ne l'aime pas et finalement un ennemi, le tuer n'est plus qu'une affaire de circonstances, peu importe les moyens, opération militaire ou chambre à gaz, ou bien on rejette toute forme de préjugé, dont l'amour de la France, et la question, dans ce cas, n'est pas de décider qui est l'ami, qui est l'ennemi, mais d'établir quels sont les intérêts sociaux en jeu? La lutte politique devient alors un conflit entre groupes sociaux, une lutte qui oppose des classes sociales entre elles.

Qui dit aimer la France, en demandant qu'on la quitte si on ne l'aime pas, est, finalement, l'histoire a tranché, un criminel en puissance ou un imbécile. Cet amour-là est le propre de la droite nationale qui voit la république comme une coupure entre le citoyen et l'étranger. Ce qui est historiquement faux. S'affirmer citoyen voulait dire se distinguer radicalement de l'homme du privilège, du préjugé de caste ou religieux, de la préférence nationale, etc. Et donc, aujourd'hui, ou bien on poursuit la lutte pour l'égalité, sans se soucier d'économie nationale, ou bien on défend l'homme, et forcément l'homme français et sa prétendue singularité, et, logiquement, on a le souci de l'entreprise. Bref, ou bien on se situe sur le terrain de l'émancipation humaine, ou bien sur celui de l'amour de la démocratie capitaliste.

Par valentini
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /Fév /2007 10:09

La mondialisation est devenue aujourd'hui le lieu commun de l'opinion publique mondiale et le leitmotiv de toutes les politiques d'inspiration libérale qui ont le modèle américain pour horizon. C'est une avancée formidable. Après deux cent ans d'économie capitaliste, la démocratie mondiale semble avoir pris conscience d'elle-même. L'ONU ne serait donc pas qu'un machin, le machin des grandes puissances capitalistes, mais aussi le reflet d'une réalité globale, exprimant la nécessité d'un gouvernement mondial. Cette volonté désormais affichée de gouvernance s'est imposée, on ne manque pas de le rappeler, au cours du XX° siècle, dans des conditions catastrophiques. Mais ce rappel a pour refrain un: ouf! c'est fini! on va pouvoir avancer. Sa propre misère, la démocratie s'en libère à bon compte, en confessant ses erreurs.

Cette opinion aussi écoeurante que triviale, mais qui s'imagine volontiers comme le modèle achevé de la pensée, ne fait que reprendre, de la manière la plus crasse, l'idée que maintenant tout le monde doit s'entendre.  Et donc, vu que tous ensemble, allons! le mouvement altermondialiste, pour prendre l'exemple d'une opinion qui affiche sa volonté de combattre le fatalisme outrancier de celle évoquée à l'instant, n'est donc pas aussi stupide et éloigné de la réalité que le disent les toutous médiatiques, avides d'écologie avant tout respectueuse de l'environnement capitaliste. L'erreur politique des altermondialistes est ailleurs. Dans l'utopie d'une sorte d'internationalisme démocratique dont l'ONU actuelle serait le modèle atrophié ou, comme il a été dit et répété, avec délectation, car, en France on aime citer quoiqu'on cite sans comprendre, le fameux machin, jouet de l'impérialisme américain et de son alter ego soviétique, communiste en paroles et démocrate dictateur sur le plan politique.

Cette démocratie dictatoriale avec ses états populaires, son pilier soviétique qui en appelait lui aussi à l'internationalisme mais prolétarien, se souvenant de qui l'avait fait roi, s'est effondré presque sans coup férir et avec lui le discours monolithique sur le monolithisme soviétique. Mais ce passage de témoin ne s'est pas effectué sans tragédie, pour reprendre le vocabulaire chaste qui sied à tous ceux qui se targuent d'être de vrais responsables, ni ne s'est déroulé sans comédie (l'épisode Eltsine). Le nationalisme dans les Balkans, notamment serbe et croate, n'a pas hésité, de son côté, à raviver d'anciennes cendres pour faire valoir son droit à l'existence. Les petites nations, frappées de bellicisme, ont, avec le monde et surtout avec leurs voisins les plus proches, un contentieux dont les piles montent aussi haut que les tours jumelles new-yorkaises. Ce contentieux naturellement n'est pas de leur seul fait. Il est aussi le résultat de la politique impériale des démocraties capitalistes, soucieuses du bonheur des peuples, parce qu'à présent, plus jamais ça! Reste que tout ça, au final, sert de lit à toutes les charognes nationales qui ne se sentent jamais mieux qu'installées sur un charnier. Ce rappel, vu qu'aujourd'hui on se gargarise d'origines et de racines.

Les démocrates en chaussures de ville qui se pâment ou se troublent au vu des massacres perpétrés un peu partout, massacres notés comme l'est le patinage artistique, par des juges, il va de soi, impartiaux, sont donc ou des imbéciles ou des hypocrites qui ne manquent pas de se souvenir, au bon moment, du machin et appellent alors à l'action. Qu'au moins le massacre soit utile Cette même utilité qui avait donné aux froides rêveries démocratiques, le sentiment d'être la seule vraie avant-garde de la seule vraie révolution mondiale qui vaille, la révolution de la liberté conservatrice. C'est donc ici le lieu de préciser que la révolution capitaliste en question constitue une menace majeure pour l'humanité toute entière. Ce que l'opinion démocratique mondiale reconnaît, en somme, de manière implicite, lorqu'elle s'inquéte de l'avenir de la planète menacée par l'activité humaine.

Sauf que les Pilate modernes, à l'inverse de leur confrère antique, affirment, eux, leur volonté de se salir les mains et en profitent au passage pour dénoncer les utopistes protestaires qui ne proposent rien. La démocratie capitaliste et ses agents, très amoureux de toutes sortes de machin, n'ont, en fait, aucune envie, malgré les déclarations participatives à propos de la nouvelle politique à mettre en oeuvre, d'une ONU interventionniste ou altermondialiste qui ne ferait que venir compliquer leurs calculs stratégiques, élaborés dans le but d'une bonne gouvernance mondiale. Cette gouvernance est si excellente que même certains de ses représentants éminents la contestent, en insistant sur son impuissance, ses incompétences et, pour finir, sa folie dévastatrice. Mais qu'importe! Participer au désordre, pardon! à la révolution capitaliste qui combat le Crime et ses états-voyous, voilà au fond, l'essentiel sinon on n'est pas un homme, un vrai, qui se mouille, etc. Cette libido-là, s'il faut distribuer des bons points démocratiques, ce serait plutôt l'honneur des altermondialistes de la rejeter,  parce que cette libido-là omniprésente ne fait qu'amplifier les problèmes qu'elle prétend résoudre. Elle est l'abjection consciente ou non du discours de la démocratie capitaliste, volant de catastrophe en catastrophe, aussitôt attribuées au Mal absolu. Voilà qui est clair: la mondialisation est avant tout créatrice d'idéologie. Pour le reste, que chacun se démerde!


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés