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Mardi 25 novembre 2008


Contre la moralisation frénétique de la droite agissante qui danse en gros sabots sur son bureau présidentiel, lançant son grand haro à l'encontre des ogres et bougres de la finance, quelques ministres émérites de l'économie réelle appellent à une saine réaction morale. En eux vibre la corde intègre du penseur intellectuellement honnête qui refuse de se laisser séduire par le camarade Blingbling, gueulant à tous vents: punissons les coupables! Plafonnons les revenus des banquiers! Interdisons les parachutes dorés ! Stop aux paradis en vase clos! Et autres amers eheu miserum, exprimant la surprise, la tristesse, la colère et la douleur de l'homme trahi par les siens. Ce cri d'indignation logique serait, dit-on, pour couper court aux questions que pourraient se poser ceux qui « se sont fait taper sur les doigts pour un découvert de quelques centaines d'euros », voyant que leur bon gouvernement met « des centaines de milliards d'euros... à la disposition des banques en quelques jours, alors qu'hier, (il) peinait à trouver un malheureux milliard pour financer le RSA ». Ainsi l'état, cette froide machinerie, serait non seulement capable d'émotion mais aussi de manifester à l'occasion un sentiment de culpabilité. L'honnête enfonceur de clous productifs dans le circuit de la mondialisation financière semble aussi aveugle qu'un hérisson en bord de route. Il confond allègrement psychologie et propagande. Le problème n'est pas de justifier l'endettement public à des fins privées, au sens capitaliste de ce mot, puisque c'est la politique suivie depuis des décennies, sous couvert de modernisation et d'adaptation à la mondialisation, mais de réaffirmer, en dépit de la faillite en cours, la rationalité de l'économie capitaliste, mise à mal par l'argent fou, les années-fric, l'économie de casino, etc., toutes choses avec lesquelles l'actuelle droite française prétend avoir rompu. « Car, comme on ne manque pas de le rappeler à gauche, mais pour en dénoncer l'inanité, au vu de l'absence d'une saine politique de l'emploi et des revenus, tout aussi vaine, ce ne sont pas, (aux yeux de la droite), les hauts revenus en eux-mêmes qu'il faut condamner - ils sont la juste récompense du talent et du travail-, mais uniquement les hauts revenus indûment gagnés. ». Moralisation spectaculaire et morale du juste milieu communient en une même idéologie du travail méritoire, ainsi réduit à une catégorie atemporelle ou ce qui revient au même méta-nationale, pour parler à la manière de l'idiot philosophique.

Dans ces conditions, il n'y a pas à s'étonner de voir les avocats de l'économie vertueuse et ceux de l'économie talentueuse acquiescer à l'idée d'un front commun anti-crise, au motif que « certes, il fallait éviter l'effondrement du système bancaire et, avec lui, de l'économie réelle. D'autant que cela aurait fait davantage de malheurs chez les pauvres que chez les riches ». Toujours la politique du soulagement! Avec une tel boulevard de bonne intention, pourquoi l'ami-en-chef des travailleurs, pauvres et opprimés par l'état n'en profiterait-il pas pour jouer, à peu de frais, au pourfendeur des excès du capitalisme financier, quand, sa prétendue opposition de gauche et du centre, n'a de cesse de déclarer elles aussi que « ce n'est pas le capitalisme qui est en cause, mais un capitalisme sans règles, qui a permis à quelques banquiers avides de prendre des risques inconsidérés ». Ce qui d'ailleurs est totalement faux, car c'est un Himalaya de règles de toutes sortes qui pèse sur le moindre aspect de la vie économique et sociale. Mais les justiciers de l'économie réelle ne l'entendent pas de cette oreille: « eh bien non. Il ne s'agit pas seulement de punir certains pour blanchir tous les autres. Car l'avidité des quelques banquiers à l'origine de la crise actuelle est un sous-produit de la folle dynamique qui s'est emparée de l'ensemble des plus hauts revenus ces dernières décennies ». Plus que punir, en paroles, ils veulent régler le problème du prix du travail. « Le niveau atteint aujourd'hui par les plus hautes rémunérations ne reflète plus du tout le travail ou le talent. Ceux qui les reçoivent sont parvenus à faire croire que les flux d'argent qui leur sont liés n'existeraient pas sans leur apport irremplaçable. Les PDG justifient ainsi leurs stock-options mirifiques, les traders, leurs bonus colossaux, l'élite du football, ses salaires fantastiques... Nous avons vu exploser les inégalités et, avec elles, la norme morale qui voulait que les revenus des uns et des autres - ouvriers et patrons, caissières et traders – demeurent commensurables ».

C'est un fait remarquable que les concepteurs du travail immatériel qui rend riche, par la liberté qui s'en dégage, aperçoivent subitement la possibilité de mesurer un travail jusque là jugé incalculable. Le temps semble venu du robot intelligent, enfin capable d'extériorisation morale. Mais comme cette juste récompense du travail, dont on sent qu'elle est grosse de l'âpre souci d'élaborer une politique, soudant solidement propriété capitaliste et justice sociale, s'enlise dans des considérations psychologiques tout à fait frustes et simplettes, précisons-en le prix réel: dévalorisation massive de capital et concentration capitaliste. La loi raillée de la valeur, vient rayer la carrosserie des beaux discours à propos des classes moyennes, reines de l'économie capitaliste. Leur paupérisation relative est l'actuel cauchemar de la Maison-Blanche, le palais le plus démocratique du monde puisqu'un « noir » grand est sur le point d'y loger. Quels grands enfants, que ces nains blancs comme neige de l'économie loyale! Glaces et grimaces, ils s'enchantent de leur toute nouvelle diversité. Reste qu'une révolution marginale est en train de s'accomplir. L'état, ce pelé handicapé, ce galeux parasite d'où venait tout le mal public, est tout à coup fêté comme le sauveur à pattes blanches que le monde capitaliste attendait. « De ce point de vue, la crise actuelle serait utile si elle pouvait donner le signal d'un retour à la raison. La démocratie est fondée sur l'idée qu'un homme en vaut un autre: le vote du smicard pèse autant que celui du PDG. Elle est menacée quand un hiatus aussi important qu'aujourd'hui s'instaure entre l'ordre de l'économie et celui du politique ». Pauvre PDG dévalué par un smicard tout à coup riche de détermination démocratique. Ah! Il fait pâle figure à présent que c'est fini, le profit indécent! Que l'état soit la figure honnie par excellence de la concentration capitaliste, plus personne n'y prête attention. Il en va d'une attitude politique responsable. L'urgence est au sauvetage de l'économie salvatrice de vie! « La crise de 1929 avait explosé elle aussi après une période d'années fric. Mais il avait fallu que les hommes découvrent leur humanité commune dans l'horreur de la Seconde Guerre mondiale pour qu'à son issue, de moindres écarts de revenus primaires et une puissante fiscalité redistributive réduisent fortement les inégalités. Espérons qu'il ne faudra pas en passer par là cette fois-ci ». Entre l'espoir à gauche et l'esprit de capitulation, face à l'état des classes capitalistes, la différence est uniquement dans la différence affichée. France-USA, c'est un même combat illusoire et trompeur qui se joue en ce moment. Mais pour les avocats des droits de l'homme réel contre l'horrible bonhomme imaginaire, totalitaire, quelle chance d'avoir un stylo quatre couleurs pour réécrire un chapitre inédit du capital! Ensemble, sans violences, c'est leur espoir. Sinon, ils nous avertissent à l'avance, ils ne répondront pas de la terreur d'état, une chose au fond utile puisqu'elle permet de découvrir sa propre humanité!

 


Alternatives Economiques -  n°274 - Novembre 2008


Par valentini - Publié dans : économie politique
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Samedi 22 novembre 2008


La société française par le biais de ses médias ne se lasse pas d'opérer des distinguos subtils entre droite et gauche et leurs variantes radicales et centristes. L'idiot médiatique est le champion toutes catégories en distribution d'étiquettes. Après tout, il est payé pour mettre en valeur l'idée de démocratie, pas pour réfléchir au contenu capitaliste réel de la démocratie française parce qu'alors il serait obligé d'avouer que la démocratie en question n'est que pour les entreprises capitalistes, comme le démontre à merveille l'équation suivante: sauver les banques pour sauver l'économie, sauver l'économie pour sauver l'emploi. Si l'emploi dépend de la survie du système bancaire, c'est qu'à l'évidence ce sont les banques et groupes capitalistes afférents qui sont les vrais acteurs de la vie économique et sociale et par conséquent les citoyens authentiques de la démocratie française, en dépit des tirades sur les droits de l'homme et du citoyen. Il suffit de voir comment sont traités les consommateurs par les opérateurs de marché qui imposent leur diktat commercial quand ils ne pratiquent pas la vente forcée. Mais là, personne pour parler de consommateurs pris en otages! Ni pour élucubrer sur le terrorisme commercial! Là le contrat est naturel et blanc comme neige, normal! Et s'y opposer, c'est faire la preuve qu'on est un débile mental ou pire qu'on est une créature possédée par une idéologie totalitaire. La morale conservatrice que la peur et l'impuissance sociales galvanisent ne se démode pas.

Mais la moindre comparaison avec l'étranger et cette classification circonstancielle aussi instable que fluctuante se démonétise aussitôt. Sa dimension folklorique se réduit, comme ailleurs, à un jeu d'alliances politiques où se mêlent plans de carrière et ambitions personnelles. Non pas que ce jeu politique ne comporte aucun enjeu social, au contraire! Il implique une constante réflexion sur l'adaptation de l'économie nationale aux besoins du capitalisme international qui n'a de mondial que la libre circulation des capitaux. Et par conséquent, et c'est là l'essentiel, cette classification n'a de sens que relativement aux intérêts des classes capitalistes françaises et aux politiques conformes à leur bien-être et à l'assurance qu'elles peuvent espérer d'une bonne vie pour leur progéniture. Que les losers, ces pôv'cons, se démerdent! Voilà pour la haute bienveillance à l'égard de ce qui leur est fondamentalement étranger. Entre la race française des chefs de la banque et de l'industrie et les sous-hommes qui n'ont qu'à se plier aux caprices auto-régulés des marchés, le mépris! La schlague! Au moral comme au physique. Une constante dévalorisation du travail. C'est que leur économie dite de marché est leur dieu indépassable et incontournable. Sans quoi le monde, le leur, s'écroulerait. Nous en sommes bien d'accord et d'avoir vu les idoles logiques tombées les unes après les autres nous a profondément réjoui. Mais ce n'était pour nous qu'un début marginal. Cette fois, avec la faillite retentissante du libre système financier, c'est à nouveau l'espérance qui souffle à l'horizon. En avant la récession mondiale! Hourra! Couteaux entre les dents, camarades, c'est notre bataille de Crécy! Finissons-en avec la fine fleur de la chevalerie du commerce, des banques et de l'industrie et leurs races et lignées, de gauche et de droite! Ou dictature impersonnelle du capital, de ses états et agents criminels ou dictature de classe du prolétariat. Puisque nous sommes quantité négligeable aux yeux des défenseurs du capitalisme, décidons de nous et de notre avenir, contre eux et sans eux!

Par valentini - Publié dans : 1847
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Mardi 18 novembre 2008


Sur fond de crise financière, les médias s'interrogent sur l'avenir du parti socialiste. Certains de ces rossignols de la liberté, qui chantent matin, midi, soir, devant les portes de la tyrannie, vont jusqu'à s'inquiéter du possible mauvais coup pour la démocratie, s'il venait à se disparaître. On se demande bien pourquoi. N'affichent-ils pas la prétention d'être l'opinion publique par excellence! Le PS peut donc crever. La chambre des amours nationales verra défiler d'autres soupirants soucieux d'harmonie et d'entente cordiale entre les classes. Leurs aventures, faisant le bonheur de l'impériale presse à grosse caisse. C'est, en tout cas, notre avis qui ne doit rien aux sales méthodes publicitaires qui ont cours, du type « black is beautiful » ou du genre, je suis la différence! Si le style, c' est l'homme, c'est que l'homme est l'histoire réécrite en images. Disneyland, par exemple, dessine une Amérique miniature. Et comme les socialistes français ont une histoire double, deux styles, au final, se font jour. Le style « mater dolorosa » et le style « passionnaria » dont la croyance commune se fonde sur la retentissante fracture sociale. Le gaullisme primitif croit lui aussi dur comme charbon-fer-acier au paradis des trente glorieuses et à la Chute lourdaude et inintelligente du néo-conservatisme anglo-saxon. Cette Chute, étant cachée par l'autre allemande, unificatrice. L'actuel et âpre débat sur l'intégration à la nation et les moyens d'y parvenir n'est donc pas par hasard. A gauche, comme à droite, la communauté nationale est un fait indépassable. « Métahistorique » et « métapolitique », pour le dire à la manière « métasocialiste » de la motion « l'espoir à gauche ». De ce point de vue, il n'y a pas d'exception française. Le problème des socialistes est donc avant tout de définir l'attitude politique à adopter face à cette fracture sociale, en réalité fractures multiples, menaçant la cohésion nationale et, par voie de conséquence, leur position d'intermédiaires politiques du corps social, indépendamment du fait que leurs chefs sont des citoyens professionnels, c'est-à-dire des politiciens curieusement ennemis des dictateurs à vie. Ceux-là ont eu tout le loisir de vérifier que l'économie capitaliste a la propriété d'allonger leur espérance de vie, en leur donnant tant et plus. Vraiment, Saddam Hussein est un con. Mais tournons nos regards vers le chemin qu'aucun tarse et métatarse ne foulent. Une voix nous parle.

« Nous vivons un moment d’abaissement national. Je le crois en partie lié à la méconnaissance de notre histoire et de ses principes. Je sais que cela peut sembler loin des préoccupations du jour, mais c’est une erreur. Tous ceux qui ont prétendu ou prétendent encore pouvoir faire l’économie de cette refondation (de la politique et de la France) et de cette bataille idéologique participent de cet abaissement. Philosophie, histoire et politique sont, depuis la Révolution française, inséparables. C’est pourquoi ce long détour par notre mémoire est peut-être le plus court chemin vers notre avenir. Lorsque Mendès-France rejoint le socialisme, Merleau-Ponty écrit un texte où il soutient que la seule survie politique possible, par-delà l’horreur communiste et la mystification libérale, se jouera sur la ligne du socialisme réformiste. Survivre politiquement, tel est l’enjeu ».

Pour Vincent Peillon, l'auteur de « la révolution française (continue) », l'origine républicaine et bourgeoise du socialisme français est avérée. Dont acte. Comme tous les philosophes au coin du feu médiatique, Peillon a le goût du raccourci historique, guillotine excepté. A la trappe donc, la conspiration de l'égalité et son chef Gracchus Baboeuf, exécuté en 1797. N'étant pas un bourgeois, il n'est rien, forcément. Mais le socialisme français n'est pas tout le socialisme. D'où la dénonciation du socialisme boche, l'alter ego, en France, du popof. Pisser contre le Mur disparu voilà qui soulage! Mais gare au pantalon mouillé par le vent mauvais de l'histoire! Sauf que cette dénonciation, outre absurde, est fausse parce que les thèses réformistes de la vieille social-démocratie allemande ne sont pas éloignées de la pensée d'un Louis Blanc pour qui 

« la révolution de 1789 fut certainement une révolution socialiste (…) puisqu’elle modifia la constitution économique de la société au profit d’une classe très nombreuse et très intéressante de travailleurs ; mais la révolution de 1789 laissa beaucoup à faire pour la classe la plus nombreuse et la plus pauvre ! (…) Elle déblaya la route de la liberté ; mais elle laissa sans solution la question, très importante pourtant, de savoir si beaucoup de ceux qui étaient à l’entrée de la route n’étaient pas condamnés par les circonstances du point de départ à l’impuissance de la parcourir. »

Cette idée d'une parenté entre révolution nationale et bourgeoise et révolution internationale et communiste est le propre de toute la social-démocratie européenne, y compris russe. Une pure vue de l'esprit, en fait. Ou comme dit Peillon, un « récit », entièrement imaginé par une génération qui n'est plus que pourrissante, au sens propre et figuré du mot. C'est l'idée fumeuse, puisée dans le catéchisme républicain, d'un mouvement ouvrier, restaurateur de la philosophie trahie des Lumières et la continuation de cette dernière par d'autres moyens. Quand aux moyens en question, outre les tables tournantes inoffensives de Hugo, les faits et les livres sont là qui montrent ce qu'il advient quand on tente sérieusement d'associer socialisme et libéralisme. Quelque chose fumeux en sort mais qui n'a rien de théorique car quoi de plus fumeux que l'empirisme des ambitions et le pragmatisme de la carrière, inscrits l'un et l'autre au fronton des idées sociales républicaines, qui comme on sait ressuscite les morts à volonté et fait de Rousseau et de Marx, les pères de Hitler, un communiste! Bravo monsieur Furet! C'est heureux que votre tête fracassée ait montré comment le monde, selon vous, allait! Mais Vincent Peillon veut combiner la liberté et l'égalité. Ça n'a rien de nouveau, ni n'est le propre du socialisme français. Sauf que le combat (la conspiration, selon Baboeuf) pour l'égalité face à l'économie capitaliste, n'est-ce pas précisément pour le prolétariat la liberté de rompre avec la liberté bourgeoise, pourvoyeuse de catastrophes et pas que commerciales? Maintenant si on imagine une France coupée en deux, comme le font les socialistes qui vivent encore au temps des 200 familles et du mur d'argent, cette vieille France mitterandienne, il n'y a plus de place pour capitalistes et prolétaires, mais uniquement pour riches et pauvres que le super citoyen Peillon propose de réconcilier grâce à un panel de réformes budgétaires et fiscales judicieuses et aussi, bien sûr, un plan de relance.

Voilà le genre d'honnête homme qui salue en Marx, un intellectuel immense, doublé d'un imbécile politique, parce qu'il n'aurait pas su voir que la révolution française loin d'être un épisode de la lutte des classes est l'événement fondateur qui continue d'organiser en profondeur le monde contemporain. Ce qui est vrai, si on le situe dans la perspective des guerres et révolutions qui agitent le monde bourgeois et capitaliste depuis cette époque, dans l'espoir d'une paix perpétuelle. Même les Américains font l'éloge de la révolution, en Irak! Eux qui ont peint la liberté en colère, le 6 août 1945, à Hiroshima. Sauf que le Marx, qui a écrit « à propos de la question juive de Bruno Bauer », en réponse à « la question juive » du même Bruno Bauer, a, dans ce texte, séparé les droits du citoyen, des droits de l'homme. Les premiers, pour lui, synonymes d'altruisme et de désintéressement et les seconds, l'expression tout simplement de l'égoïsme et de l'individualisme bourgeois. Les uns et les autres, sur le plan des idées, contradictoires, constituent justement le propre non résolu de la révolution française et ceci jusqu'à l'avènement de la III° république, lorsque le républicain triomphe sur les décombres du premier assaut prolétarien. La révolution française est donc un fait achevé et clos sur lui-même. Elle est la liberté en acte relativement à la société d'ancien régime. Sa continuation logique, étant cette conspiration de l'égalité, qui continue d'inspirer de la haine à nombre d'usagers pacifiques à la vie violentée par le syndicat des preneurs d'otages et dont s'emparent également les classes capitalistes en retard, sur le plan de l'accumulation, pour revendiquer une place au soleil. Mais entre le prolétariat, un fait mondial, et le catalogue international des grandes, moyennes et petites bourgeoisies, il n'y a pas de cohésion qui tienne. C'est une lutte à mort. L'histoire en est la preuve. Mais peut-être croit-on que cette lutte est une simple façon de parler? Qu'elle n'est que le fruit d'un complot international de terroristes de tous poils, gens méchants et malades, une illusion meurtrière? Dans ce cas-là, on s'appelle Peillon et pour le prochain porte-à porte électoral, on élabore le paillasson qui absorbe l'histoire et laisse enfin le bourgeois en paix dans sa baraque. Seul au monde, enfin, à réfléchir sur soi et son avenir. Mais le naturel, étant ce qu'il est, c'est un beau bordel pour dire quel est le meilleur socialiste.










Par valentini - Publié dans : idéologie
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Dimanche 16 novembre 2008

 

L'oreille collée au rail, une méthode typiquement américaine, le ministère de l'Intérieur a stoppé net un complot anti-TGV. Sans carotte complotrice, les médias couchés au pied des radars et le long de la cuisse droite de la gendarmerie écrasée de labeur, s'ennuient ferme. Leur vient alors la manie bête de jouer aux boeufs-carottes. Comme un désir de révolutionner la police. Ça montre à quel point leur idiotie est congénitale. La place Beauvau sait canaliser les médias, en les approchant discrètement. Savoir apprivoiser le perroquet de commissariat est un art. Mais c'en est fini des activités concertées du dimanche d'une des branches locales, malveillantes du terrorisme international: le terrorisme invisible français. Ce TIF, d'après des sources plus que directement informées, concomitantes, est composé quasi exclusivement de fils à papa de la patrie, mal éduqués. Pour les spécialistes en tous genres et de tous poils qui ne croient en aucun cas à la liberté des individus, ce fait est incompatible avec l'idée qu'il se font de la vie, de l'homme et de la société. Normalement seuls ces salauds de pauvres à sales gueules peuvent s'en prendre au système et accessoirement aux caténaires. En-dehors de leurs activités ferroviaires, les agents du TIF vendent des carambars et organisent des kermesses avec l'instituteur et le curé. Raison pour laquelle le ministre-femme qui porte la culotte de la police et des chemins de fer les a baptisé l'ultra-gouache. Elle sait que Hitler peignait des roses avant de passer au stade de la destruction créatrice qui a accouché de l'Europe actuelle. Il y a, en France, un lien historique de fraternité obscure entre la SNCF et la police, deux grands moyens de remettre l'ordre en circulation. Quitte à commettre quelque injustice, de toute façon réparable plus tard, quand l'histoire dira ce que personne n'aurait compris sur le moment. 

L'arrestation de ces terroristes-gentlemans campagnards est le fruit d'une longue enquête policière qui a su anticiper longtemps à l'avance les faits qui leur sont reprochés. Cette extra élucidation montre qu'en France, la police est à la pointe de l'innovation scientifiquement contrôlée. A l'inverse, une enquête après assassinat peut prouver, comme dans l'affaire Ben Barka, qu'il ne s'est jamais rien passé. Ce qui est tout aussi remarquable. Car ça soulage l'état français qui sait pouvoir compter sur un personnel dévoué à sa cause. Sur le rail proprement dit, outre qu'il est un lieu à forte concentration de prise d'otages, le ministère sait des choses que nul ne sait. Gros-loup, Carlos, le groupe AZF sont autant de perles d'un chapelet corse conducteur qui mène où l'on sait! Le ministère de l'intérieur est une sorte de placard français où sont enfermés de lourds et douloureux secrets à manier, narines tournées au vent épouvantable de l'histoire, qui transporte des millions de victimes, et bras tendus au bout duquel la main qui jure fait le tri entre ce qui est bien et mal, relativement à l'époque. Ce ministère, on le voit, est complexe. Un exemple au hasard. Les juifs avant, c'étaient que des juifs, tandis qu'après, les juifs sont des juifs. Et donc la question se pose de la vérité de l'homme, s'il y en a un, qui est la tâche originelle de tout état normalement constitué: comment faire chanter le monde à l'aune d'un bonheur retrouvé. En France, défendre la propriété de manière présidentielle passe par le moyen le plus sûr: être un jour chef de la police, comme Mitterand. Tout ça totalement douteux n'empêche pas l'arc-en-ciel démocratique où siègent les anges de la république, y compris d'extrême-gauche, de parler sans rire d'agents provocateurs aux méthodes incompatibles avec l'esprit de la démocratie. Toc! Toc! Phénix, es-tu là? Fais la lumière! A situation explosive, action parapolitique.

Par valentini - Publié dans : l'autre politique capitaliste
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Samedi 15 novembre 2008


Denis Matyjaszek, alias Denis MacSchane, n'est pas un transfuge du KGB, mais un gracieux député travailliste de sa majesté, elle-même un pâle pan d'histoire anglaise, un chapitre rebattu d'histoire du dimanche, un crâne à ronger pour nostalgiques d'empire à l'ancienne. Il n'y a pas que les « espions » du gouvernement qui se coltinent des problèmes d'identité. Outre les médias, les hommes d'église aussi qui deviennent alternativement, Jean-Paul le Polonais, avant le Mur, ou l'Allemand Benoît, après, des cerveaux élus qui vont jusqu'à paraître désolés de leur infaillibilité. Sur les juifs, le catholicisme a été mal compris. Paradoxe de l'interprétation perinde ac cadaver. Mais les uns et les autres le font avant tout par amour de la fonction et non par pragmatisme comme le député éclectique en question, qui aime sa circonscription de Rotherham, W, la statue de la liberté, le thé des Indes et l'idée de l'immigration, du sang neuf! Mais ni le terrorisme, ni la pensée hexagonale. Pour se constituer une identité, MacShane peut en avaler des masses et même le monde entier, mais pas ce qui se tient en-dehors de lui-même. Entre ce dieu prométhéen dont la société est ouverte, comme une braguette, et les ennemis de la liberté, il y a incompatibilité d'humeur qui forcément force à la rupture.

« Aujourd’hui, disait MacShane obsédé par la haine européenne de l'Amérique qui a supplanté le vieux continent au lendemain d'une politique de terreur aussi massive que jouissive d'état totalitaire, pléonasme, à laquelle l'Angleterre a donné son quitus, en soutenant monsieur Hitler, avant qu'il ne devienne la haine personnifiée, l’Europe s’interroge sur les succès économiques des États-Unis car elle n’a pas encore trouvé la réponse aux défis posés par la révolution politique, économique et sociale de l’après-1989... Les Européens ne savent que se plaindre des États-Unis... Beaucoup espèrent une défaite de Bush, mais quels que soient les résultats, la politique des États-Unis ne changera pas, ils resteront déterminés à combattre le terrorisme et je les soutiendrai dans la lutte contre ce que Joschka Fischer appelle « le nouveau totalitarisme ». Plutôt que de nous focaliser sur les États-Unis, préoccupons nous de renforcer l’Europe. Comme le répète souvent Tony Blair c’est en faisant de l’Europe une superpuissance et non un super-État que nous serons le mieux à même de défendre les valeurs que nous partageons avec les États-Unis ». Cette fois, l'Europe, qui se hait pour avoir été non pas nazie, mais sauvée par l'Amérique usurpatrice de la première place dans le monde, a sa réponse quant au fondement du succès économique américain, mais apparemment pas encore sur la question des défis à relever, si ce n'est l'envie de relever murs et barrières protectrices. L'horloge capitaliste fait entendre à nouveau son coucou.

Alors Denis, l'idiot travailliste des plateaux médiatiques que l'idiot médiatique invite parce qu'il n'a rien d'autre à offrir que les paroles rassurantes de l'idiot gouvernemental, et l'idiot anglais, en la matière, paraît plus original, être exotique ou pas, tout est là, MacShane se rebiffe: « après le « non » français... les Français n’avaient jamais été aussi populaires au sein du parti conservateur qui (revient) en force et cela peut avoir de graves conséquences pour l’intérêt national britannique. Un instant de réflexion permettra de comprendre qu’il est impossible de concilier à la fois le racisme d’un Jean-Marie Le Pen et la haine du commerce des trotskistes et des syndicats de la fonction publique». MacShane, qui se réjouissait d'avance du désordre qui allait suivre le « non français », est servi! Il a, semble-t-il, son propre défi à relever. Mettre de l'ordre dans son stock opschön d'idées embrouillées à force d'obsesschön. Nous lui suggérons d'essayer la vache qui rit, il pourra ainsi associer le cercle au triangle, sans tomber dans le travers géométrique de la nouvelle pensée française. Nouvelle, en effet, car parler d'hexagone, c'est prendre l'article 16 au sérieux. A tout instant on peut se réinventer un peuple ad hoc. Et ça, c'est quand même une idée neuve, au sens religieux du terme. C'est sans doute à lui et à ses bons amis français par ailleurs pas fréquentables pour leur esprit à roue hexagonale vers le chaos et la servitude que le cinquième « amendement » de la Marseillaise est dédié: « mais ces despotes sanguinaires mais ces complices de Bouillé tous ces tigres qui, sans pitié déchirent le sein de leur mère ! ». Etre NTM, c'est être populaire, non!
Par valentini - Publié dans : les shorts
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