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Vendredi 14 novembre 2008

Devant l'ossuaire de Douaumont dont le nom résume à lui seul ce qu'est réellement la liquidation d'une époque qu'on a dite « Belle » et simultanément met à nu tout le cinoche démocratique à propos des horreurs du XX° siècle dont la grande guerre européenne aura été l'ouverture, la nation française, par le biais de sa doublure étatique, prétend dire ce qu'il en est du crime contre l'humanité, inauguré en août 14. Ce n'est plus le discours daté sur le combat impératif de la civilisation contre la barbarie qui pue le boche, discours ardemment relayé en cela par la rumeur nationaliste, ce mélange de haine calculée et de basse police, à qui la presse offrait sa liberté d'expression toute neuve, mais l'idée d'un désir populaire spontanée d'y aller pour défendre femmes et enfants, comme on ose l'affirmer encore, pour justifier le fait qu'il fallait la faire. Mais voilà le genre de paroles apaisantes qu'on colle en 2008, sur cette sale petite musique de la guerre juste et nécessaire:

« Souvenons-nous qu'ils étaient des hommes comme nous (...), qu'ils auraient pu être nos enfants (...), qu'ils furent aussi les victimes d'une fatalité qui dévora tant d'hommes qui n'étaient pas préparés à une telle épreuve. Mais qui aurait pu l'être ? ».

Oui! En effet, excellente question: qui a pu se préparer froidement à une telle éventualité: la mobilisation de masse pour une guerre totale, dont se sont enivrées à égalité droite et gauche françaises, à quelques exceptions prêts, au même titre que le nazi éclairé Ernst- Jünger, mais lui à la manière étatique mystique de l'imbécile moderne, le produit d'une politique capitaliste de terreur qui continue sous d'autres formes, qui? Pas les capitalistes, bien sûr, des êtres hors du commun, des hommes à part, qui avaient plus à perdre qu'à gagner avec la guerre, a-t-on le front de dire. Paroles de mains blanches. Le capitaliste, chacun le sait, est l'homme de paix par excellence, innocent de tous les crimes, indemne de toute volonté nationale meurtrière. C'est un héros des temps modernes, un moine attablé à son bureau, un bourreau de travail qui pense tout haut aux moyens d'aider la misérable humanité à sortir du cycle infernal de la violence. Le mensonge continue à la manière idéologique déconcertante. Car, c'est entendu, il n'y a pas de ministère aux armées, pas d'armée permanente, pas d'usines d'armements, pas de laboratoires scientifiques qui élaborent des moyens technologiques de détruire plus vite, plus loin et en masse, pas de police des peuples pour se rendre maître des pays à matières premières, rien que la fatalité. Sacrée mémoire de terroriste multirécidiviste!

Sauf qu'à présent, on est longtemps après, ça change tout, c'est plus du tout comme avant, on peut alors comprendre mais quoi? Comment le capital émigre et se délocalise dans des millions de cadavres? De quelle manière, ce phénix des temps modernes danse, en s'engageant dans un grand cycle de création destructive? Et quelle formidable issue, il trouve pour surmonter son impuissance sociale et se défausser de sa faillite politique économique? Pas du tout! L'heure est à la psychologie d'estrade qui préside à la bonne pensée du moment, simultanément une grande et belle et bonne action. Tonton psycho ne peut pas s'empêcher de penser, une obsession,

« à cette jeunesse qui n'ira plus mourir en masse sur les champs de bataille », de penser « à ces hommes dont on avait trop exigé, qu'on avait trop exposés, que parfois des fautes de commandement avaient envoyés au massacre et qui un jour n'ont plus eu la force de se battre » et même il ira jusqu'à admettre, « quatre-vingt-dix ans après la fin de la guerre », solennellement, « au nom de la nation », veut-il dire, « que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s'étaient pas déshonorés, n'avaient pas été des lâches, mais que simplement ils étaient allés jusqu'à l'extrême limite de leurs forces ». Beaucoup mais pas tous. Il y a quand même des « lâches » dont le « déshonneur » est d'avoir fui cette destruction massive et gigantesque par les bombes et le gaz. L'idiot de la république à la tête farcie de bruit et de fureur, d'orages d'acier, se reflétant sur des falaises de marbre où l'on honore l'honneur national qui comprend que c'était terrible, avec la gueule de celui qui y est par procuration et qui sait exactement de quoi il retourne: la défense du capitalisme par tous moyens, y compris la terreur de masse. Car en lui la nation sommeille qui lui souffle que « cette guerre totale excluait toute indulgence, toute faiblesse ».


Par valentini - Publié dans : l'autre politique capitaliste
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Mardi 11 novembre 2008
La « révolution conservatrice » est finie. Seuls les nases et autres has been, complètement en-dehors du coup nouveau, peuvent prétendre la maintenir en l'état. L'heure a sonné de la conservation révolutionnaire de la puissance capitaliste acquise depuis trente ans. Place à l'argent raisonnable! Cette rupture est en forme d'aïd à grand spectacle. Après le jêune obligatoire pour le bien de l'économie, se rassassier d'images purifiées des scories de la sobre orgie des années-fric Reagan-Thatcher. Les Aaron et Moïse du désert créateur capitaliste. Les agents du capitalisme ont, en effet, compris cette grande leçon de sagesse de la philosophie éclaireuse: quand ça va mal, savoir organiser la rupture avec soi-même. Le mea culpa des origines, adapté aux temps modernes. En voici un exemple. Philippe Chalmin, aussi diplômé qu'est décoré un militaire soviétique, néanmoins très in, étant sur facebook, ce trombinoscope du net, sait parfaitement, et même mieux que d'autres, le désordre économique qui sévit dans les portefeuilles des classes capitalistes et, par le fait, il comprend la nécessité morale de les aider à surmonter ce moment difficile où elles doivent apprendre à se justifier rationnellement de l'argent gagné. C'est un peu leur demander l'impossible. Les services que leurs membres éminents rendent aux nations dans leur ensemble, et pas seulement à une seule, sont au-delà de la catégorie humainement compréhensible de coût de production. La nouvelle sociologie le reconnaît d'ailleurs implicitement: leur activité, contrairement à la religion, est hors-normes. Par bonheur, pour le leur, il ne manque pas de Martin des choses économiques pour montrer ce qu'il en est de leur Être. Justement être économiste, c'est être à l'écoute, avoir de bonnes oreilles. C'est le cas de Chalmin qui entreprend, pour ce faire, de dialoguer avec le bonhomme Schumpeter, natif de ce confetti d'empire, autrefois si riche et foisonnant en visions diverses du monde et autre solution à la crise de l'identité du moi germanique, l'Autriche. Au PS, ja! on l'appellerait tout bêtement Joseph Aloïs. Toc! Toc! Schumpeter créateur es-tu là? Jawohl! Doktor Chalmin, je mets mon pantalon de zouave étatique et mon turban de libre échangiste! Banzaï! C'est ainsi que du cadavre de Marx, l'histoire a tiré Schumpeter. L'un et l'autre, en effet, sont né et mort la même année, en 1883. Mais traduisons pour les gens que le seul sérieux anime et qui savent qu'il ne faut pas jeter le bébé capitaliste avec l'eau du bain financier ou mettre la charrue de la mondialisation avant les boeufs de la régulation. Outre être very people, un bon économiste doit savoir composer son happy birthday au bon moment et bien sûr réclamer des droits d'auteur. Le capitalisme est producteur d'un charme inégalé et inégalable: la richesse! Un flux de marchandises et de capitaux que les bourses font danser, en s'accordant les unes, les autres, à coups de boule, façon skin. Cette richesse, comme le phénix, renouvelle sans cesse ses modèles. Du monégasque au Chinois, c'est tout-un. Des fois ça réduit en cendres une partie de l'humanité, mais quand on est riche, on compte pas, on calcule l'avenir meilleur qui vient. Cet enchantement pourrissant est pour Chalmin le chemin de l'économie éternelle parce qu'il donne plus qu'il ne prend. Sans préciser qui reçoit et quel obus ou matraque et à qui on prend et quelle jambe ou tête. L'économie politique a pour habitude de faire table rase de l'histoire, une hypothèse dont elle se passe. A l'inverse, elle s'emploie à faire du passé, une source positive de puissance et d'enrichissement personnel, qualifiée de collective puisque grâce aux capitalistes, les prolétaires, ces statues de cire vierge, peuvent se mettre en mouvement et travailler. Un bon économiste sait raconter des conneries avec le plus grand sérieux. Il est clair que cette chose-là n'a pas de prix, contrairement à la mise en boîte des haricots et petits pois, un travail pour nains de gazons, un peu simplets. Au bout de la richesse capitaliste des nations, on trouve la vie marginale qui coûte chère. Qu'en faire? Que la providence la lui rende plus douce! D'ailleurs elle aussi renouvelle ses modèles médiatiquement dénoncés après coup. Sinon qui accusera le mauvais coup? Au final, Philippe Chalmin n'est ni pessimiste, ni optimiste, il demeure économiste, disposant toujours de l'explication appropriée à la situation. Personne n'est propriétaire de l'avenir. Sauf le méchant prolétariat qui rêve de dictature. Cette aube économique nouvelle à grosse gueule de bois morale nous annonce que la solidarité capitaliste, cette fois, est pour tous, gratuitement. Déjà on entend le bruit sourd de sa différence qui tonne là-bas, loin, à rebours. Afghanistan, Irak, Iran, allons! Français! encore un effort! Mettez le feu ici aussi! Soyez féroces et logiques! Capitalisez vos efforts par une guerre régénératrice.
Par valentini - Publié dans : les shorts
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Dimanche 9 novembre 2008


Après avoir répandu l'agent orange de la liberté sur les bois dormants nationaux où croupissent des êtres de la pire espèce, à un bras, à un oeil et surtout sans couilles, qui hurlent et rampent juste derrière la porte où se tient la jungle économique où le lion, le renard et la belette danse avec l'ours et l'aigle, le monde capitaliste a sorti de son chapeau électoral une autre image. Une fée de bonne urbanité, en rupture avec cette épouvantable histoire forestière qui rapporte l'histoire à sa façon, dans sa gueule, sur fond de friches nationales et déforestations sociales successives. En matière d'image, les croyants à la différence des philosophes parleraient d'apparition. Et tous les Martins alors de se répandre en sentences morales sur le tort bancaire commis et autres maximes de bonne gouvernance future. Est-ce l'éternel retour du même? Oui! Si on fait abstraction du qui et quoi, du double sujet capitaliste et prolétarien de cette politique compulsive. En contrepoint de ce surgissement, le coq français n'a pas failli à sa réputation. Regardez mes femmes, j'en ai aussi des brunes! Lui veut être comme lui, le président des néo-USA. Ce coq à la différence du coq d'église, gris girouette, est couleur caméléon ou rose pourpre du Caire. Pendant que le monde végète en noir et blanc, le voilà qui crève l'écran: coucou! C'est moi! Regardez! Je suis en couleur. L'italien monumental et béni le voit plutôt bronzé que coloré. Ça lui fait comme une ombre. L'Europe, en effet, n'est pas « e pluribus unum », en dépit de ses origines d'ailleurs falsifiées. C'est une vieille terre libérale qui allie les contrastes nationaux à la diversité de droite dont le principe de conservation reste, en toute situation, identique: agir pour que rien ne bouge. Dernier exemple en date, le traitement social-démocrate de la crise économique actuelle, d'abord niée pour être ensuite transformée en formidable chance de rebondir, tous ensemble!

Le chef de l'état capitaliste français, qui occupe le poste honorifique de président de la république, vestige atavique après Vichy, fait assaut de pédagogie non seulement auprès de son tout nouvel ami américain, mais également en direction de des collègues européens. Le temps des mondanités est terminé. C'est l'heure de se mettre au travail. Et ceux, les Angela, les Gordon e tutti quanti, y compris et surtout toute alternative anticapitaliste à la puissante faillite du capitalisme, qui « croivent » savoir mieux, que les autres se racontent des histoires. Personne sait. Ça, on le sait. L'une des caractéristiques du bon sens est sa subtilité. Sinon ça serait trop simple, tout le monde se bornerait à constater que le monde est comme il est; dangereusement complexe. Mais que veut dire « se mettre au travail »? Travaillons à le dire. Si l'ambiguïté demeure sur le sens de cette expression, hormis qu'aucune royale rotule, devant le travail, jamais ne se plia, et fatalement tête baissée dans le néant, adieu! car il n'y a pas que les vaincus qui s'enfoncent connement dans leur amour-propre, le reste, en forme de bilan global du libéralisme, encore porté, la veille, aux nues, sur un bouclier fiscal de quelques milliards d'euros, est d'une poignante lucidité: on nous a honteusement trahis! Et de reprendre du poil, en rappelant au baby-subprimers qu'on sait d'où ça vient cette crise américaine! Hier encore bancaire. Reste que la crise est là et que la récession est sur le point de pointer en masse à l'ANPE. 

C'est vraiment une chance d'avoir engagé en France in extremis les bonnes réformes. Allongement du temps de travail, politique des heures supplémentaires, dimanche travaillé, retraite retardée à 70 ans pour complaire aux fous solidaires du capital qui mettent de l'argent à gauche, dans les paradis fiscaux, compression des salaires sous couvert de lutte anti-inflationniste, politique de l'euro fort, dumping social en faveur des entreprises, baisse des indemnités en matière de protection sociale et des remboursements médicaux, liquidation des acquis sociaux au profit des actionnaires, bref une grande et belle et vaste mise en friche, en attendant la troisième régulation mondiale: la guerre entre blocs d'états capitalistes! Et ce ne sont pas des paroles en l'air. Sauf pour les imbéciles qui répètent sur commande: vive Hitler! Car il n'y a pas que les banques qui reçoivent des milliards. Avec la crise, s'amplifie la démagogie pur jus: vivons ensemble! Nous sommes tous Français français, prêts à travailler sept jours sur sept, de 7 à 77 ans, pendant mille ans. Et non pas, en style tout dernièrement um-populaire, des nègres immobiles, des salopes en mouvement, blablatant, ou une bande d'enculés qui ne pensent qu'à leur propre plaisir au lieu de travailler à la grandeur de la nation et à la prospérité des entreprises. Pour une seconde fondation, c'en est une! Non-violente, paraît-il. Le penseur des services parlera de cynisme des maîtres. Toujours à vouloir leur donner le beau rôle, même quand ça va mal. Non! Cette politique capitaliste est le plus plat conformisme qui joue à être dans la nuit et le brouillard. Histoire de nous préparer au sacrifice suprême. Un pronostic vital engagé sur le peau de qui? L'histoire le dira, comme dit l'imbécile supérieur. Et si on pariait sur la liquidation des états capitalistes, pour changer.

Par valentini - Publié dans : 1847
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Vendredi 7 novembre 2008



Le casse-con français qui vient de découvrir l'Amérique et, trahi par les siens, envisage sérieusement de refonder le capitalisme, n'a pas attendu le 4 novembre pour unir la France en vue d'une action aussi commune que coordonnée: produire, échanger et consommer. Cette tripartition d'un nouveau type est en rupture. Guerriers, prêtres et paysans, ce monde-là, en effet, est fini, tout le monde à présent est libre-échangiste. Naturellement chacun offre sa différence, ses bras, son cerveau, son cul ou son argent qui ne font qu'un au plus haut niveau de l'état. « E Pluribus Unum », comme il est écrit en américain macaronique. Adepte d'un bonheur sans entraves, le casse-con français en organise systématiquement la libération, en faisant en sorte de faire gagner du temps à tout le monde. Plus! Plus! Par extension du temps de travail. C'est son credo fortement médiatisé. Mais, plus! Plus! Une forte envie de s'y coller ne suffit pas. Nous sommes en France, pas au Congo. Pour justifier le feu brûlant qui le pousse toujours plus haut, plus loin, plus vite, il faut faire entendre raison. Or çà, écoutons-le, en entendant la raison qu'il proclame à son insu. Si la religion est aujourd'hui telle que les Amoureux de la Langue la plus précise du monde, le français, l'imaginent, un déisme hasardeux, tombé d'un fauteuil vide, l'équivalent, au final, d'une conviction intérieure, riche en mots de tous les crimes commis (du passé! en forme de bras d'honneur) alors à quoi bon ce rendez-vous singulier avec le prêtre, une survivance d'un temps révolu? Dans les bonnes sociétés, chacun est juge et prêtre de sa propre action. Un, en se poussant à faire bien. Deux, en travaillant à faire mieux. Trois, en allant toujours de l'avant. Bref en disant, plus! Plus! en faisant, plus! Plus! Et ainsi de suite, plus! Plus! Dans les siècles, etc. C'est là le vrai pardon à l'égard de la nation pour un manque de célérité, presque de la scélératesse. Aussi quel sens a-ce de prier un jour particulier quand on peut de tous les jours faire dimanche. D'autant que sans as, c'est pas sensass! A l'évidence, le vieux dimanche n'est rien d'autre qu'un temps mort et moche. Le casse-con français est, en France, le Don Camillo et Peppone d'une religion la plus neuve, le capitalisme! Cette chose permanente qui se transmet en bourse des valeurs toujours et jamais les mêmes. Le chasse-con français est au bout du compte le modèle de l'homme intégralement intégré. Entre lui et lui, plus d'intermédiaires. Il vit totalement sur lui-même, en consommant ce qu'il produit et en produisant ce qu'il consomme. Non pas en tête-à-tête, mais en tête-bêche avec lui-même. Ecce homo, l'Adam libre-échangiste. La créature voulue et faite par le capitalisme. Cette fois la religion est « in », mais son grand Amour, lui, est « out ».. La gauche capitaliste rechigne sur l'idée du dimanche tronqué. Elle en espérait un plus humain. En voilà pourtant un plus qu'humain. La vie toute entière est devenue un dimanche. Après tout, cette façon de voir est peut-être juste, puisque le monde entier semble vouloir se reposer, là-bas, en Amérique, sur un « noir », aux doigts de rose, cousu de pourpre et d'or.

Par valentini - Publié dans : à mots couverts
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Jeudi 6 novembre 2008


Les nord-Américains ont un nouveau président. « Noir » mais pas « Black ». En Langage du Troisième millénaire, ça donne: président issu de la diversité et non représentant d'une minorité ethnique. Ici le culturel flirte avec le racial honni. C'est pourquoi, à la façon classique allemande, nous nous séparons de ce récit à la bonne franquette, et opérons cette synthèse: le candidat de Wall Street est le président de la minorité capitaliste qui affiche sa et ses différences. Pour en savoir plus sur la mosaïque d'individus qui la compose, se reporter au discours de l'Union une et diverse. En France, nation sensible et sujette au choc des images, on parle de métissage!* Ce pays suspicieux à l'égard des intellectuels, « tous des pourris », sauf s'ils préfèrent l'injustice au désordre, reste rétif à l'idée scientifiquement établie de l'inexistence des races. Goût obscur des formes anatomiques? Désir singulier de culture? Sentiment foncier de la propriété? Un je-ne-sais-quoi le gêne aux entournures. La couleur de peau ne prouve, en fait, que la variété anatomique de l'être humain. Pour ce qui nous concerne, nous ne voyons donc que des hommes de couleur. Seul le fantôme du KKK, à corne de rhinocéros, est blanc et bien sûr les églises des évangélistes qui n'ont plus qu'à les repeindre en noir, en attendant la bataille. Car il est entendu que la guerre continue et pas seulement en Irak.

Là-dessus, le marxisme médiatique, sortant de sa léthargie reagano-thatchérienne, son poumon d'acier depuis trente ans, devant lequel, dans le même temps, la droite humanitaire française, avide d'oxygène, a fait le pied-de-grue, annonce qu'enfin! l'Amérique, après la Chine, s'est réveillée. Un come back de révolution culturelle. L'atterrissage forcé d'Abel Mac Cain au Vietnam, état-frère, aura eu son utilité. De même le voyage chez Mao de son presque alter ego Nixon. A n'en pas douter, The Village tient là son 14 juillet mondial. Il peut décréter le 4 novembre journée historique mondiale. Notre point de vue est autre. Si la révolution américaine, comme l'a fait la révolution française, avait aboli l'esclavage, en temps et heure voulus, au lieu d'en faire le prétexte à une guerre commerciale entre états confédérés rouges et états yankees bleus, l'indépendance aurait été un fait historique pour le noir américain. Au lieu de ça, cette abolition a fait l'objet d'un amendement, au raccroc, à la constitution, chose, là-bas, paraît-il, impossible, et l'ancien esclave noir a dû attendre deux siècles et le mouvement des droits civiques pour être intégré, à titre ethnique, comme un relent d'iniquité, au peuple américain. Sans doute Napoléon qui voulait fuir en Amérique s'est-il souvenu de Washington et de sa remarquable et constante défense des intérêts de la propriété foncière. Si tout est possible parce que rien n'est impossible, alors, ici comme là-bas, il faut admettre qu'une même révolution conservatrice a mené un même combat dévoyé. 

Aussi laissons les morts à leur place, sous terre, au lieu de les traîner en place publique pour danser avec eux de façon obscène. Merde! Encore un mot d'intello. Notre crédit providentiel, s'il existe, est sérieusement compromis. Alors au diable les poupées de cire, de son, à pic, posons-nous cette question: le nouveau visage de l'Amérique va-t-il changer la face du monde? Le bon sens populaire que le marxisme le plus courant, normand, féru d'insolubles antinomies nationales et secondaires, reprend à son compte, dira: ben! P'têt qu'oui! P'têt non! Prudent jugement dont l'affinité avec la puissante idée qu'un jour l'histoire dira ce qu'il en est, est sans conteste indéniable. Quand le peuple a rendez-vous avec l'homme de qualité, cette rencontre est toujours par le biais du raccourci. Nous n'avons pas voulu déroger à cette tradition bien française. Notre réponse est que la possibilité existe d'un changement si, et seulement si, au lieu que la face du monde soit éclairée à la bougie médiatique, faiseuse d'ombres, la lutte des classes retrouve la place qui lui est due. Car si la démocratie n'a de sens qu'en tant que lutte pour l'égalité, dans le cadre de l'économie politique ou capitaliste, cette lutte ne peut aboutir que si elle pose une liberté nouvelle: l'abolition du salariat. Or le nouveau visage de l'Amérique n'exprime que l'idée d'un puzzle d'individus, enfin ré-unis au sein de la nation par excellence: les USA! Il suffirait pour ça de rogner ce putain de W qui lui a fait comme un sourire en pointes de cannibale. La lettre y est quoique caricaturée mais pas l'esprit. Caricature qui fait fondre le marxisme médiatique comme cierge. Pour lui, en effet, la seule issue est encore et toujours la providence étatique. Alors que pour nous, un monde nouveau passe par l'union des prolétaires de toutes couleurs.

 



*Les populations humaines forment un seul et même groupe taxinomique, une seule espèce.

Aucune population humaine ne possède exclusivement des gènes propres. Les Homo sapiens forment une seule et même espèce.
Les différences anatomiques que l’on perçoit, par exemple entre un individu asiatique et un européen, ne sont que l’expression plus ou moins forte de gènes communs.
Cette mixité génétique dans l’espèce humaine est tellement importante que si vous avez besoin d’un don d’organe ( un rein par exemple) vous avez autant de chance de trouver un donneur compatible dans votre voisinage qu'à Dakar (Sénégal).

Par valentini - Publié dans : actualités providentielles
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