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Mardi 4 novembre 2008


Devant trois démocrates bon teint, disons à trogne mondiale de bourguignon, et un médium, s'exprimant en toute liberté, un républicain à peau aussi épaisse qu'une bible-pare-balle tient bon, ne désarme pas à propos de la voie américaine à la vie, fondatrice d'une société ouverte, jadis on disait philanthropique, pour nous, une forme d'esclavagisme salarié. Cette société est formidable parce qu'elle défend les intérêts de Bill Gates, un bienfaiteur de l'humanité, quelqu'un de cool, et aussi d'Airbus contre Boeing, une race de géants adeptes de la religion la plus neuve, le capitalisme. Sa re-fondation, C dans l'air. La redécouverte de l'Amérique aussi. Bref, cet ami zélé de l'Amérique en Irak fait aux quatre autres une leçon d'histoire aussi naturelle que populaire. Mais changeons de registre! Autrement ce philosophe communicatif, jurisconsulte, essayiste touche-à-tout, conseiller politique de France-Amérique, journaliste-propriétaire de la liberté et de la presse, nous en passons et des généalogiquement longues, car cet homme est à lui seul un condensé de civilisation, un ice-cream gigantesque pondu par un milieu culturel adverse à toute sanctas simplicitas ou pour parler le LTM (langage du troisième millénaire), un chrétien rescapé de l'an mil, bref monsieur (de) Roucaute va nous taxer d'élitisme.

Car le peuple, lui, même s'il n'en est pas, il ne le prend pas de haut, au contraire, il le sent. Mieux, il le hume. Il n'est pas comme ces intellectuels-pipi qui pépient, pas même des torchons à carreaux rouges et blancs, de sales et tristes serpillères, certes de la matière grise, du point de vue de l'échange capitaliste, mais pour boutiques obscures et autres abjects tripots. En un mot, c'est un anticommuniste averti par le communiste qu'il a cru être. Aussi quand cet ancien rédacteur du « livre noir » parle de crime, il n'a pas besoin de se soûler au jus mystique de ses propres racines, il lui suffit de parler en mémoire de lui. Et si nous avons bien suivi son acte de contrition repentante, son opinion est qu'en France, pour parler franchement, c'est pas comme là-bas où ça swingue, ça sent la rose. Cette double image semble définir à merveille le tendre objet vers lequel il tend: le peuple croupion. Ni plus, ni moins que le meilleur morceau, hier, tombé en gueule et, aujourd'hui encore, jalousement défendu par ce défroqué stalinien, devenu avec le temps un fervent républicain, conservateur et âpre au gain. Cette conversion à droite, sous le signe de la Nation, est monnaie courante, en France, un pays où les intellectuels expriment en général une forte hostilité à l'égard des intellectuels. Cette façon de se mettre en valeur est profondément ancrée dans un je-ne-sais-quoi fondamentalement inexplicable. C'est comme le massacre de la Saint-Barthélémy, pour comprendre, faut le vivre!

Sauf que, s'empresseront de rectifier nos trois anglo-bourguignons du jour, Hélène Harter, Ted Stanger et Laurent Cohen-Tanugi qui ont l'histoire pour paravent, là derrière, il s'en passe de bien bonnes, Roucaute n'appartient pas à la pire droite, tout de même! Alors venons-en aux faits. Tout d'abord la crise économique tombe mal, ça commençait à mieux aller en Irak où on vote. Le monde est-il si mal fait qu'on ne puisse choisir de réguler le capitalisme? Non! Le monde va mal parce que le congrès américain, démocrates et républicains confondus, au lieu de s'ouvrir au monde, comme son président l'a fait en direction de l'Afghanistan, de l'Irak, de l'Afrique, a choisi bêtement de protéger les intérêts de chaque état américain pris à part, en s'enfermant dans une logique étroitement économique, quasi du protectionnisme larvé, honteux. Ce n'est pas, en vivant chacun dans sa bulle, qu'on va gagner des marchés. Ce n'est pas non plus en dézinguant Airbus qu'on restera soi-même, being human. Ah! The importance of being earnest! Ne pas prendre le peuple de haut. Être constamment à son niveau d'écoute. Comprendre ses besoins non exprimés. Le désir est un truc d'intellectuel, voire de juif du Graben. Bref être comme lui, innocent du mal qu'on lui fait, voilà le secret. L'humanité donc, selon Roucaute, ne se divise pas en nations prédatrices, mais en civilisations qui roulent globalement vers la paix, un jour, éternelle. Et les peuples ne se décomposent pas en classes sociales, entre nations capitalistes et prolétaires-esclaves du capital. Il y a d'un côté, à droite, de braves types que menacent, de l'autre, à gauche, des salauds soutenus par des pauvres types. Ces derniers sont justement responsables de la mauvaise image de l'Amérique, comme on l'a vu le 11 septembre. Bref, il y a le peuple et son bon à-côté qui prend sa défense, Bush a encore des millions de partisans, Le-Pen aussi d'ailleurs. Cet à-côté-du peuple est un « malin » qui sait y faire avec lui, pour lui donner l'impression d'être pareil et se bat contre la liste non exhaustive des intellectuels et idéologues complètement séparés du peuple. Tout ça, un jour, l'histoire le dira. De même qu'elle dira quel homme merveilleux a été ce W, se contredisant par la bouche d'un quelconque Roucaute qui aura compris combien il a eu tort d'être de gauche à l'époque qui est la nôtre, voire d'avoir voulu changer le monde, en faisant sauter les tours jumelles, vision qui se révèlera alors totalement erronée. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas quand le vent tourne. Mais au fond est-ce si grave? Manhattan est plus ou moins un quartier d'intllectuels, non! Si la leçon de Roucaute ne dynamite pas toutes les idées reçues, pour mieux conserver son fond révélé, alors nous voulons bien passer pour des intellectuels imbéciles. Au moins une masse d'idiots aura prouvé que sans président, tout est dépeuplé.


 

Par valentini - Publié dans : 1847
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Lundi 3 novembre 2008

Tout commencement est ambiguïté. Fait qui se vérifie encore aujourd'hui. « 81 % des Français », s'ils pouvaient, nous dit-on, à propos des USA, voteraient en faveur de l'actuel candidat démocrate qu'il est inutile de nommer. C'est à peu près le score du très républicain Chirac, au second tour de la fameuse élection présidentielle française de 2002. Voilà « » rétrogradé au rang d'un Le-Pen. C'est dire s'il est mondialement populaire, après huit années d'action prophétique, passée à en découdre avec les troupes du grand Caïd, cet adorateur des médias et autres types de dynamite. L'idée foncièrement extrémiste que le néo-conservatisme américain, ce grand Edelweiss planétaire, peut être assimilé à une variante, sinon de néo-fascisme, de droite extrême, comme disent les subtils créateurs d'un Langage du Troisième Millénaire, s'est banalisée au point qu'elle semble devenue, quoique de manière subliminale, l'opinion générale. Le GI Joe qui louait sa « révolution conservatrice », autre plan B and come back, un combat moral que partage la bien-nommée Al-Qaïda, en séparant l'humanité en surhommes, les croyants, et en sous-hommes, les louseurs, race quasi biblique, en tout cas fondamentalement non-américaine, peut, en désespoir de cause, se vanter d'avoir uni le monde contre lui. Probablement l'effet à rebours d'une benladénisation des esprits. Pour le petit poucet de la droite impeccable qui, au petit lendemain de la première guerre de pacification nord-euro-américaine en Irak, canoniquement nommée « guerre du Golfe », en était encore à gambader dans les jupes balladuriennes, ce langage daté était à l'époque autant de cailloux blancs jetés dans l'inextricable forêt des lois dormantes et autres règlements mouvants de l'horrible gauche capitaliste. Barrer de règles ce qui veut croître et multiplier, pensez l'horreur économique! Un avortement mondial de la vie. Même si, comme on l'a vu ensuite, cette forêt de brigands assassins s'est révélée imaginaire, puisqu'elle se composait au final d'un seul arbre foudroyé, entouré d'un parterre, comme il en pousse, en un seul jour, à la Toussaint ou en Palestine, le jour où l'ONU est devenu l'exorciste-paysagiste de « l'Orient », jusque là aussi ennuyeux que désert. Là-bas, c'est seulement quand il pleut du sang sur les maisons et que la terre s'ouvre qu'il se passe quelque chose de grand et d'éternel, en un mot de providentiel. Un homme est sauvé de l'esclavage qui sauve un peuple en retour. Dans la vision américaine de l'existence, tout se tient, en un déterminisme aussi hasardeux que rigoureux. Pas étonnant que cette grandiose confusion, où l'actualité, en fait de réalité, et la fiction hollywoodienne qui superpose allègrement people et peplum se mêlent intimement, soit de nature à plaire aux vieilles sociétés capitalistes européennes qui rêvent elles aussi de renaissance. Mais, curieusement, comme en 45, c'est encore et toujours vers l'Amérique que monte le nouvel Alleluia de la libération capitaliste. Qui n'est pas saisi comme nous d'un formidable rire, c'est qu'il ignore tout de l'humour juif allemand. Les victimes du marxisme médiatique se reconnaissent, en effet, à leur gueules longues comme un jour sans mur. Hommes de la caverne capitaliste! Le temps est venu d'aller au-delà du théâtre des idéologies. Il y a bien une terre promise: l'espèce humaine unifiée. Et si ce fait-là doit passer par Obama, why not? On ne choisit pas les conditions de la révolution, surtout communiste.




Par valentini - Publié dans : actualités providentielles
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Dimanche 2 novembre 2008

L'actuel siècle, plus tout à fait américain, qu'un amour effréné des règles étouffe d'égoïsme, se veut simultanément populaire. C'est le siècle des avortons juchés sur les perrons de siècles aussi monumentaux que sanglants. La démagogie, indépendamment de son style, est toujours un signe extérieur de richesse. Ce désir obscur de popularité s'accompagne d'un goût appuyé de la monstruosité et autres phénomènes de foire, jadis l'embryon de l'actuelle économie dite de marché que le catholicisme a vainement tenté de faire avorter. Entre la créance céleste et la lettre de change, voilà un choc de civilisation! Mais comme la nature a, désormais, quelque part à l'histoire, la monstruosité a perdu ses caractères mythologiques. Plus de Léviathan, de Minotaure, de Moloch, sauf chez les « schmitts » et autres subtils mécaniciens pour sociétés bloquées, qui valident, par la même occasion, le tragique sentiment qu'il y a bien « quelque chose de pourri » dans toute écriture élevée au rang de royauté..

Et donc les sociétés capitalistes cherchent à se divertir de leur pesant d'histoire, en confiant leurs mémoires à un secteur d'activités qui a des allures de fêtes foraines. Outre son palais des grimaces coloniales et des bains, sa femme à barbe islamique et son nain théologique, tout de blanc vêtu, l'Europe cultive, avec le sérieux du bonimenteur qui n'oublie pas qu'il est là pour écouler sa camelote, son château des horreurs nazies. Ersatz de république qu'en territoire ultramontain, une certaine Italie blanchie admire, effectuant dans cette même ville de Rome aux fémurs largement écartés, son « staat machen , son tour de gloire, pour se convaincre que tout, en-deçà des apparences, demeure en l'état. Et alors, évidemment, reviennent au galop le Pasolini de « Salò ou les 120 journées de Sodome » et le Fellini d' « Amarcord » qui ont dévoilé l'image originelle qui obsède ces prêtres vaudous à qui il faut un Battisti ou une Petrella à saigner, pour conjurer le passé dont cette « little » Italie provient. C'est là une forme ultime de modernité qui montre que la démocratie capitaliste est réactionnaire sur toute la ligne.

Mouvement réflexe de conservation progressive que confirme, à sa manière, la crise économique actuelle, dont on dit justement qu'elle n'en est pas une, puisqu'elle est bancaire, hein! Coco! Allez! Répète! Comme la mauvaise foi est aujourd'hui la religion commune, tout le monde parle comme tout le monde, franchement. C'est ainsi qu'on apprend, entres autres délices et bêtises, que « la finance, c'est le sang! ». Autrement dit, le coeur du système. Aveu inutile. Tout le monde maintenant a compris qu'elle n'est pas le cerveau qu'elle prétendait être. Mais cet admirateur du coup de fouet régénérateur est probablement loin de sentir, en dépit de la fâcheuse habitude qu'il a de parler à brûle-pourpoint, con! à quel point il brûle, quant à la solution capitaliste aux crises de grande ampleur. Son côté sanglant et levé! Résistible mouvement de bras par ailleurs admirable. Nous voilà quasi au coeur de la question, semble-t-il. Mais l'admirateur du monde qui fait circuler le sang, l'ironie, il s'en tape! Gouverner, c'est pas faire une putain de philosophie! C'est être dans le bain. Parler à la masse. Apporter une explication vraisemblable, bref se montrer efficace au risque de frôler le simplisme. Il y a donc un énorme organisme mondial dont la finance est ce putain de sacré-coeur, vu? Oui, chef! Le sauveur, chef! Affirmatif! Mais alors ce viril admirateur, quand bien même plus grand que la moyenne, qu'est-il d'autre qu'un trou du cul bordé de nouilles. Quelqu'un qui se paie le luxe de dire tout et son contraire. Un homme si énergique qu'il crée comme ça, en un clin d'oeil, avec trois fois rien, son propre espace vital, à lui. C'est dire! Mais combien ça coûte, au final, le capitalisme?


Par valentini - Publié dans : à mots couverts
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Vendredi 31 octobre 2008

Promis, juré, craché, on ne les y reprendra plus! Ils vont prendre les mesures que les circonstances imposent. Faire que la crise bancaire ne devienne pas une crise économique. Ouf! Ce n'est pas le capitalisme qui est en cause, mais la psychologie des traders. L'affaire de la Caisse d'Epargne, en pleine Bérézina boursière, l'illustre a fortiori. C'est le travers psychologique des traders, ils ne comprennent pas le monde dans lequel pourtant ils vivent. Atteints d'Euphorie galopante, ces « possédés » d'un nouveau type persévèrent dans l'erreur. Pour gagner plus, ils jouent plus, n'ayant au fond rien à perdre. Car leurs pertes, à la sauce financière, sont aussi des gains. Sauf que jouer à perdre, ce n'est pas exactement ce que le libre gouvernement français, présidant à cet effondrement, leur soufflait auparavant. C'était plutôt gagner à jouer le jeu. La donation en capital a bien quelque part à l'impuissance économique des états, comme leur volonté politique affichée est un aveu de culpabilité déguisée en esprit de responsabilité. Mais c'est bien la dernière fois que ça arrive ce dérèglement. Dans leur sagesse extrême, les + + qui gouvernent, au fond, des analphabètes de la vie sociale, les économistes à somme nulle, les journalistes en ragots politiques, les sociologues des ménages et de la ménagère et leurs confrères psychologues de la main au panier, ainsi que les petits, moyens et grands patrons à responsabilité nulle et non advenue quant aux chiffres du chômage réel, c'est la loi du marché, pas la leur, bref tous les agents somnambules de l'état capitaliste qui sont loin de n'être que fonctionnaires, sauf pour les imbéciles qui veulent que l'état soit la roue de secours de leur barque à la dérive, ont bien compris que ça allait mal et qu'on ne pouvait pas continuer comme ça, surtout sans rien faire. Il faut que ça change. C'est l'heure de l'état-évidence. Ce changement annoncé avec une grave gravité en voici le maître-mot: continuons la réforme par d'autres moyens.

La sagesse, et la leur, davantage encore, est, en effet, toujours à l'article de la mort. Elle repose sur les épaules de la génération suivante, avec le même sacré culot dont est coulé l'homme éternel qui siège, symboliquement, il va de soi, à la droite du capital. Mais, comme disent les démocrates modernes, il y a pire: LE PIRE! Le retour de la même tyrannie. Éternelle, elle aussi. Et, dans cette optique, en forme de double vue, nul doute, qu'ils sont les meilleurs. Si la Grèce, dont la démocratie claque dans les siècles comme le fouet sur le dos de l'esclave, avait, dit-on, sept sages, l'économie politique en a, pour sa part, autant que la justice compte de mouches. Ces temps-ci, on les voit défiler à la barre, en leur qualité d'avocat du Mal. Ces gens-là côtoient l'enfer, comme nous, l'envie de rien faire, sans pouvoir le faire ou en étant forcé de le faire. Et entre les voyous et nous, la différence est mince puisque parlant d'eux, les voyous, qui leur servent de référence, il parlent de nous. Michel Rocard, l'un des vieux renards miteux, appartenant à la gauche du marché, est donc venu nous dire que tout compte fait, jusque là, ça va! Sa vie et sa carrière sont réussies. Et si la politique officielle pour lui, c'est fini, son combat, pour l'intelligence social-démocrate, continue. On est ravi pour lui. Bien sûr tout n'est pas parfait. Si l'essentiel a été fait, sauver l'économie, du côté de Sainte-Mise-en-valeur-des-pauvres, beaucoup reste à faire. Mais si le gouvernement des hyperactifs veut conserver le peu de crédit qui lui reste, en matière de justice sociale, il ferait bien d'écouter le message capté par son oreille gauche, à propos des sifflements gênants et autres idées parasites. Il n'en dira pas plus pour le moment, afin de ne pas gêner ladite action. Par contre, il est littéralement horrifié à l'idée que dans son propre parti, il se trouve une gauche à gauche. "On voudrait rebâtir le goulag et les camps de concentration qu'on ne s'y prendrait pas autrement". En France, Hitler reste un modèle de premier plan, pour dénoncer le communisme. Simplement dans la version intelligente, social-démocrate, on danse avec le loup nazi, tout en étant contre, pour mieux le baiser. Voir Venise et mourir. C'est ce qu'on appelle la real-politik dont voici, en la circonstance, le sens historique: une haine formidablement bienveillante à l'encontre du prolétariat qui tend à déranger tous les plans B de tous les politiciens capitalistes de tous poils et vient perturber par son action non souhaitée et l'esprit d'entreprise et l'économie nationale: deux grandes réussites françaises, comme tout le monde le constate. Et nous aussi, mais à notre façon séparée de l'ennemi de classe. Par goût du bruit médiatique et de la fureur criminelle, à ce qu'on dit.



Par valentini - Publié dans : les shorts
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Mercredi 29 octobre 2008

Le « religieux » a une façon culottée de revenir. Il met à nu le pro-Russe et le non-Polonais et leurs idées trompeuses. Ce ne sont plus les pompes romaines qui effarouchaient le divin Luther et, esprit de réforme aidant, tout ce qui, après lui, envie au pape le côté délicieusement despotique de son infaillibilité. Voici le retour des défroqués de toute tendance, vers leur Père à tous, le sensationnel tour-opérateur. Leur disponibilité est 24 heures sur 24 et leur ouverture au monde, de même, à toute heure, y compris le dimanche où commercer avec le prochain. Jouir de son humanité sans temps mort, c'est le secret de la nouvelle religion dont voici le credo. Tu loueras le seigneur, ton dieu, en te privant de repos pas seulement dominical. Cette privation, en forme de privatisation publique, la prostitution en a montré le côté positif. Le côté négatif est qu'en vidant les poches, elle ne fait que vider les couilles et du coup ne participe pas à la circulation générale des marchandises. Ce détournement de fonds est un luxe inexplicable dont on ne désespère pas de trouver la solution. La littérature s'y penche, y pense, et pas seulement en se rasant la touffe au plus près. Grossir tout est là qui laissera quelque chose, une trace. Symétriquement, tu honoreras le seigneur, ton dieu, en te gavant des fruits de l'imagination industrielle. Ce bourrage des corps, en forme de soutien individuel et responsable à la production de masse est caractéristique d'une époque avide d'elle-même. On s'y dévore, en se livrant à la plus totale boulimie idéologique. Pas question de végéter. L'heure est à l'assomption du corps investi d'une finalité missionnaire: la consommation productive. Sans quoi les formes institutionnelles de la démocratie vont s'effondrer et sous cette beauté néonique, type rue commerciale, se dévoilera l'image de la chose qui enchante l'ortolan: la mort! Veux-tu la mort du système, salaud de pauvre con? Cet anthropomorphisme négatif nous conduit directement au coeur de la très saine doctrine d'état universel qui veut qu'on respire par tous les orifices de son corps le bien-être capitaliste jusqu'à la fusion totale entre le privé et le public. Ton corps sera bouche à ingérer le capital, ton dieu. Et alors le cul bondé de kérosène, tu n'as plus qu'à craquer une allumette pour bondir dans ce nouvel espace, comme une fusée. Ce 14 juillet d'un nouveau type fera hurler tous les chiens à ta beauté retrouvée. L'histoire déçue ne peut pas s'empêcher d'être ironique. Contre le Royaume, tu voulais une image, te voilà servi, fils d'Adam, c'est fait! D'où l'idée de rupture avec tout esprit de croyance qui est l'esprit de sérieux contemporain. Cette rupture, en voici un bref aperçu. Aujourd'hui il faut faire court. Si tu ne veux pas trembler de tout ton corps, soumis et craintif, sous les pattes de la sur-animalité étatique, tu te dresseras sur tes jambes et tu mettras ta main dans sa gueule de malpropre et pas seulement le dimanche. Ce retour inattendu du « religieux » affecte le vieux jardin matérialiste qui déborde de toutes les ordures des sciences dites humaines et politiques. Le seul choix offert est d'y entrer par la gauche ou la droite. Il y a une autre alternative. L'une indique la direction d'Auschwitz et sa voie terminale à l'excédent national, l'autre face de la dévalorisation massive de capital, sa régulation conservatrice qui enrichit et la terre et une fraction de population déterminée au pire en vue de préserver ses intérêts à l'exclusion du reste de l'humanité. L'autre promet une liberté nouvelle qui reste à inventer, débarrassée de tout esprit pratique sordide du genre vécu: ton pisé-chié pendant le travail me coûte du fric, fainéant de prolo! Ce minimalisme patronal est criant de vérité. Il représente l'esprit républicain élémentaire. Un esprit qui fait corps avec son domaine. Pénultième propriété avant l'appropriation collective de la croûte terrestre par l'espèce humaine. Notre programme. De notre point de vue, en effet, à force de droit accumulé, il a perdu tout droit à vivre. Son temps est passé. Il est donc plus que temps d'en finir avec lui qui ne représente que la mort parfumée d'état, un arbeit-macht-frei numéro 5! Prends ça dans la face, gueule-de-mort! En attendant le reste qui vient.

Par valentini - Publié dans : idéologie
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