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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 13:49



La Sainte-Alliance des amis d'Israël, -Aïe ! Aïe ! Aïe !- et de la paix, sur la terre comme au ciel, que les marchés ont mis en déroute, les prenant à la bolchévik, par tous les bouts à la fois, veulent stopper IRAN, dans sa persévérance à se doter de l'arme nucléaire. Ce que l'état iranien, -Hi ! Han !- nie évidemment de toutes ses forces. N'oeuvre-t-il pas, comme Louis-le-pieux, à libérer la terre sainte des infidèles ? (ce vocabulaire radical s'obtient, couché dans la boue, en mâchant des racines). Qui ne voit que l'état en question lui aussi aime les roses. Et d'ailleurs s'il en avait le loisir, il en peindrait le dimanche. Ses buts sont pacifiques. Il ne désire rien de moins que le bonheur de son peuple. Il travaille à son bien-être et lui prodigue force câlins et autres gâteries économiques, à l'image de la communauté internationale qu'il ne hait point, au final. Voilà le rêve immuable de tout état moderne, y compris en période prénatale : acquérir le maximum de puissance dont la limite se définit au fur et à mesure des avancées du progrès et simultanément hors de l'espace et du temps, puisqu'au fond ce rêve est religion ! Simplement, en Iran, il est interdit d'afficher le Guide du guide, vu que les mouches pourraient chier dessus. Vu d'ici, cette manière de voir, curieusement, devient l'enjeu intellectuel majeur de notre époque. L'esprit libéral ne va quand même pas s'en laisser conter par l'intégrisme religieux.

Le prolétariat, dans la mesure où il a la volonté de prendre soin de lui, sans attendre qu'une grande catastrophe l'y autorise, se sépare du bon droit des gouvernements qui trouvent toujours une bonne raison d'agir, comme ils le font. Messieurs les intellectuels organiques, déployez vos plumes ! Envolez-vous mécaniquement vers les régions supérieures ! Chantez-nous le cantique des cantiques : on nous envie ! On nous en veut ! Cet état sincère, tout de sérénité, vaut pour le bon état qui suit le droit chemin et le mauvais qui mène à rien. Si c'est un pieux mensonge, c'est aussi une vérité universelle, plus connue comme complot international. Et c'est particulièrement vrai pour l'Europe où réfléchir au bien-fondé d'une telle affirmation de soi, que l'histoire la plus récente dément absolument, c'est être doctrinaire. C'est être sous l'emprise de l'intellectuel ennemi. C'est se poser en victime. C'est déclarer son amour aux dictatures exotiques : Corée, Cuba, ces paradis du fisc. Exactement l'alibi des nazis qui entendaient se défendre contre l'Empire du Mal. Si l'économie capitaliste, de l'aveu même de ses hommes de main, enfantins qui disent savoir ce qu'ils font, n'est pas prévisible, car en vérité, -c'est la vie ! Nul ne peut s'y opposer ! Continuons d'enfoncer la porte du despotisme !- les états capitalistes, au contraire, savent, comme les ânes se mouvoir en fonction des ornières. Et s'ils le font c'est que, comme les ânes, ils ont des maîtres qui les guident, tout en leur servant de guide. Ce chemin de la passion, semé de roses, est lui aussi bien connu : il est sur la nationale digue entre le Crime et le Pain.

La trajectoire suivie s'inscrit donc sous le sceau d'une double bonne intention : paix et justice. Justice ! Justice ! Justice ! (en langue usinée : Rustine ! Rustine ! Rustine!). Empêchons le mollah de se doter de l'arme nucléaire et de cracher, dans la soupe mondiale, son César des césars ! Organisons un embargo sur le pétrole pour lui apprendre à carburer comme nous, en respectant ce qui va loin, court vite, vole haut ! (Iran se prend-il pour le moteur de l'histoire ?). C'est un nouvel épisode de l'enquête en vue d'établir la possession d'armes de destruction massive. Photos ! S'il vous plaît ! Là ! Regardez ! Cet homme-là, il y a un quart d'heure n'avait pas de barbe ! Or, le poil, sauf s'il est un trésor, dans les mains de l'actionnaire, met longtemps à pousser. C'est grosso modo, le modèle argumentatif standard qui justifie, cette fois, les rétorsions annoncées à l'encontre du pétrole iranien. Un coup d'épée courageux dans le puits de la vérité. L'Europe se mouille. Elle n'a pas peur de bloquer le fameux détroit du magicien d'Ormuz, comme s'inquiétaient les sirènes-vedettes, à gueules tragiques. Son seul vrai problème semble d'ordre pratique. Car les principes sont, par le peuple et pour le peuple, en tant que sujet-objet de manuels rédigés par les commentateurs de droit constitutionnel, pour tous ceux qui s'octroient le titre merveilleux de citoyen du monde et, de manière plus générale, en tant que pharmacie céleste, pour les maniaques de bonne foi. Comme nous n'appartenons pas à l'ordre des analystes, projetons-nous sur le problème !

La Grèce, l'Italie et l'Espagne, le club med de l'apparent camp nudiste motorisé, dépendent de l'importation du brut des brutes iraniennes. Qu'à cela ne tienne, Étienne ! Mettons en place un système treuils et poulies de compensation du manque à gagner. Ça ! L'Europe sait faire ! Dégager des moyens monétaires du trou fiscal et du vide budgétaire. D'où le concept de miracle économique et du moyen appropriée au but poursuivi : faire la manche. Mais qui va payer ? Si c'est le genre de questions autorisées quand la liberté est en jeu ! Les grands principes ont aussi un côté pratique : faire taire les mauvaises langues. Pur amalgame de misérables commentaires et mesquins, comme on sait, à l'encontre de la noble Action ! Jouons donc, comme elle nous y invite, au boche paiera ! Qui est ce boche, d'abord ? L'état, comme il se doit, arrive en tête de liste. C'est le coupable idéal. N'est-il pas ce criminel qui oblige les bons Français à un exil suisse ou belge, voire londonien. Un coup dur pour la France ! À bas la pompe à phynances ! Comme disent les coupe-Jarry des médias submergés par l'impôt ! L'état, et l'état français plus que tout autre, a donc la capacité à se poser en victime. Pour avoir été , depuis 45, sous l'emprise d'ordonnances terroristes et doctrinaires. Unir la politique et l'économie, à l'évidence, c'est de l'homo-constitutionnalité ! Sauf si ça se passe derrière un gros, un très gros bouclier ! Un bouclier de peuple-fourmi, entonnant l'hymne à la joie, de peur d'être pris au dépourvu que dénonce Le Figaro. Ce terrible myrmidon, en effet, vit, l'estomac dans les talons et du coup marche la tête dans le cul, se plaignant du fait que la cuisine française ne fait plus recette, tu m'étonnes ! Ça donne envie d'être infidèle.

Le qui-va-payer, paraissant relativement insondable, tentons l'avec-quoi-paiera-l'état ? Avec son propre sang, pardi ! Mes frères, pleurons tous ! Frappons-nous la poitrine ! Nous n'avions pas vu que sous son cuir soviétique, l'état avait un coeur libéral charitable de sauveur de salut public ! Les deniers du culte (monétariste, qui transitent par l'étrangleur de Bercy), ne servent pas seulement à nourrir la vermine intellectuelle et sociale ! (deux espèces de communion orgiaque, en un mot comme en cent, communiste). C'est la belle et grande messe, en latin radical, que les moines du bon état, à grand standing, policier et militaire, nous servent, usant de ce slogan sympathique : l'état d'abord ! L'état d'accord ! Ce n'importe quoi mimétique naturellement n'est pas pour rien, mais par frénésie de la dette et ses trésors. Abstraction faite de toute les habituelles contorsions et simagrées,  il semble que le moment vient où se pose la question de l'état. C'est-à-dire de son contenu social réel. Il y a quand même un pilote dans l'avion, non ? Pirouette, cacahuète, c'est le moment idéal, où les libéraux honteux de leurs oeuvres socialisantes, détournent leurs faces de la face de l'Éternel : cachez ce budget qui déborde et que nous ne saurions voir ! L'état ne saurait être ce pauvre banquier tout bancal, l'unique pilier sans lequel au contraire tout péricliterait. Ni le patron qui supporte l'insupportable : tout le poids du péché socialiste de la France. Ni bien sûr cafetiers et hôteliers qui doivent faire face au débordement d'une clientèle avide de nouvelles aventures.

N'approchons-nous pas de l'extrême bord de la rupture où dansent les Petiot et Landru et tous criminels sociaux, synonyme de socialisme, selon la philosophie la plus renversante. Jouant au ping-pong, elle répond aux questions qu'elle se pose, allant sans mal, d'un camp, l'autre, le livre des comptes ronds, à portée de main. Derechef, le miracle. Comme une remise à zéro. Poser la question normalement c'est y répondre. En même temps, c'est vrai, comment répondre de manière simple et précise à une question aussi complexe : qui paiera l'embargo sur le pétrole iranien ? D'aucuns diront que le point de vue que nous développons fait beaucoup, à l'inverse du pragmatisme américain, de bruit pour rien. Nous n'osions pas le dire. Nous voilà rassurés. Nous ne dépassons donc pas les limites de l'objectivité journalistique, toute bête, en outrepassant nos droits à la simple raison, dans tout ce que nous rapportons à propos de l'Europe ! C'est un gros, très gros moteur, qui suce, suspendu dans un hangar géant. Quand ça souffle fort, il tangue. Les mouches, en tout cas, ne peuvent pas lui chier dessus. Ça fait pas mal de bruit. Personne ne s'entend. Ce qui permet, voyons le côté positif, toutes les hypothèses, sauf une : l'intelligence et le pétrole sont-ils organiquement compatibles ? En Europe, à l'évidence, la question ne se pose plus. Il y a plus stimulant : penser la pensée, sachant penser sans pensée. Suprême satisfaction à l'ère de la techno-excitation.

 


Par valentini
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