Concours

Recommander

Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 15:45

 


 


(réflexion sur une forme de bourgeoisie artificielle, que symbolisent ici les italiques, à partir d'une émission radiophonique diffusée sur France-Inter le 21 octobre 2011)

 



Khadafi est mort
. C'est en soi une nouvelle qui devait se produire tôt ou tard. Pas de chance! Ça s'est produit après que le dictateur a fait camping-shoping ou catleya, au choix, à deux pas de l'Élysée qu'est le roi des contrats et des ballots. Ce décalage, dans l'agenda de la démocratisation conservatrice des intérêts des classes capitalistes, complique un peu la tâche des chargés de complexité qui ne peuvent, tout de même!, sauf irresponsabilité invraisemblable de leur part, livrés des faits livrés à eux-mêmes. C'est que le fait, évidente contradiction, sus-cité n'a rien d'évident en soi. Un cadavre ne prouve rien. L'exemple des allumés, persuadés que Hitler vit toujours, le montre. Cette charogne capitaliste (exemple exemplaire, au nom de l'exemplarité), ils! ne! l'ont! pas! de leurs yeux! vue! Comment, dans ces conditions, aurait-elle pu produire le gaz dont on dit, etc.? La question qui nous vient immédiatement à l'esprit est: quelle autorité exactement ont ces imbéciles sur cette question? Aucune! Et donc jaillit cette question collatérale: quelle est la chose qui inquiète la foule des justes justiciers qui déploient leur cordon médiatique autour du cimetière des pestiférés de la liberté. Le savoir de ça? Absolument! D'où leur mission principale: conjurer le Mal! Car comme dit La-Police qui a du caractère démocratique, en stock, dans une sorte de Fort-Knox communicationnel: le Mal, ça fait mal! D'autant qu'organique, contagieux. Mais le pire reste à dire: ce maudit adversaire est réducteur d'intelligence. D'où le risque de sa propagation, sous forme d'ondes négatives, chargées à bloc d'une masse subjective, pleine de sang, de chair, d'idées et de nerfs... À peine mort, Khadafi est happé par la légende rouge et or de la démocratie et de la liberté. Voyons comment!




Qu'un journal soit un montage plus ou moins heureux de faits divers, enchaînés à un ou plusieurs événements, comme une naissance peut l'être à la mort, c'est! Un! fait! Fait! Indis!cutable! Selon le professionnel ânonnement qui a cours. Lui aussi se sauve en esprit, en reculant d'horreur et d'épouvante, devant le crime en soi, ayant néanmoins quelque part à la virginité, dissimulé sous le coude qui actionne le théâtre de la hiérarchie des êtres: être, faire, dire ceci ou cela. Trouve-t-il, notre bobo, body, qu'elle lui a fait un enfant dans le dos? Il se couche! Pour parer à cette possible obstruction amollissante du premier éditorialiste endurci venu, qui a toujours tout prévu, en dernière analyse, à savoir que si ça va mal, ça finira par faire du bien, eh bien parlons-en de ce fameux bien! Ça peut pas faire de mal, non? Et si ça fait mal! Le public, qui est adulte, depuis peu, complètera lui-même, en disant mot. Le mot de la fin: pôv'con y es-tu? Je mets! Et les derniers des derniers riront. Mais n'anticipons pas!



Parlons plutôt du fait parlant que constitue la mort radiodiffusée de Khadafi, en montrant qu'elle ne dissipe en rien cette idée de montage, pas plus que la liberté n'apparût, un jour, dans la mort parfumée flottant, au-dessus de Saïgon. Certes, tant que rois et dieux ripaillent et font bombance dans le monde, l'on verra toujours des gourdes cracher, jurer: Marx, on sait ce que c'est, c'est nuit et brouillard! Passe der Fliegende Holländer, en version avancée, twist et valse, au son de l'accordéon. S'impose un ton: ou la rédemption, ou l'ironie. La rédemption, comme l'air qui nous vient de là-bas, sûrement, défoule. Et même, refoulé, ferait un bien fou, paraît-il. Tandis que l'ironie, ah l'ironie! L'ironie pour ne pas changer, nie, nie, fait du mal. Comme la politique n'est pas une affaire privée, ni privée de personnel, l'ironie à propos de la mort du dictateur libyen, impossible d'en faire l'économie. Constatant l'indubitable fait, l'anthropologue nouveau, relevant la tête du tonneau des périodes sombres, pour aller la poser sur l'oreiller en soie du berceau de la civilisation, en convient: cette mort va être exploitée politiquement et mise en images. Qui dit ça, sorte d'instance fièrement motorisée, dont la Libye en pétrolette ne dispose pas à sa guise, sait de quoi il parle! Car cette chose-là, transcendante, à la différence de la merde qui merdoie et de la foudre qui foudroie, ne s'invente pas, elle se dévoile, tombant des livres.

 


Q
u'on se souvienne, quelque part, quel homme réel était ce Khadafi! Telle est la mâle intention affichée. C'est qu'il n'a pas fait que du camping, ce salaud! Dire ça en effet serait réducteur. C'était un criminel des plus dangereux: un criminel d'état!... Maintenant comment dire ça quand on est mouillé? Comment s'y prendre quand on veut bidouiller? Merdre! Sacrée bordel de culture, mais c'est bien sûr! Dans ce rôle, UBU ROI sera parfait. Si K nous a été épargné, la traditionnel visite au Minotaure, non! Le public à l'écoute de cet hymne involontaire à la « violence symbolique », prendre la littérature en otage, en faire un témoin à charge, n'est-il pas en droit, à son tour, de faire écho à cette identité tout à fait surréaliste, nonobstant l'exception française de l'auto-irrité littéraire, s'auto-bombardant autorité politique, diplomatique et militaire? La réponse est oui! Ce qui normalement est facile à dire et rend heureux. Quel autre fil à la patte néanmoins, le meilleur étant toujours relié au pire, relie le très médiatique et réchauffé Ubu roi, nulle part à sa place, en Afrique, même en tant que roi des rois, sauf cliché empoisonné, au service des forbans fortunés de la finance mondiale et Khadafi le négociateur qui ne négocie pas, si ce n'est l'infinie conscience occidentale à remettre la vérité au lendemain? Car n'est-ce pas ici même en Europe qu'on récite depuis un grand demi-siècle un catéchisme réformateur, à l'humeur massacrante, outre que dans l'auberge communautaire qui lui sert de sacré-coeur, on peut y « manger fort souvent de l'andouille » nationale et si les choses tournent mal, se « procurer un parapluie » mondial. Souvent quand les morts se mettent à parler, ils répètent, et c'est logique, de vieux morceaux d'où il ressort qu'ils n'ont pas d'avis particulier sur l'universel festin qu'ils représentent. Les vivants, au contraire, pour cause de culture extrêmement mûre et avancée, soupçonnant que leur royaume est pourri, se tirent volontiers les vers du nez. Que Mort, du vif, ne se saisisse! Il en va quand même de la communauté internationale des classes capitalistes et de leurs états, leur providence.

 



Pour conclure, s'il est possible que la littérature, même critique, parvienne jamais à conclure au-delà de l'individualité qu'elle porte en elle, ce qui précisément fait tout son charme, sauf si ce dernier n'est que le miroir d'une subjectivité pure et donc concrètement floue en permancence, passe-passe et passe-partout, il est dit que Khadafi est mort seul. En homme ordinaire, donc. Personne ne l'a soutenu, personne, à l'exception de Hugo Chavez qui soutient Cuba qui soutient la Corée du Nord qui passe à Che Guevara, but! C'est énorme, comme on dit à la Saint-Patrick! Et c'est le! but not the least! Manque en effet un morceau pour que le tout ne soit pas qu'une partie du problème posé. Non pas quelque général Tapioca, porteur d'habit cynique. Quelque chose d'emberlificoté, comme sic transit gloria mundi. Rien de mieux que le latin pour absoudre le bonhomme heureux du monde. Ce n'est qu'en public qu'il voit le mal partout.

 

S'il a l'air d'un faucon, ce coucou? Mais non, pas du tout, c'en est vraiment un! En plus d'être un bourreau des coeurs et un gratteur émérite de mandoline. D'ailleurs il consacre l'essentiel de son temps à plaire et se faire bien voir de ses semblables et congénères qui ont fini, redécouvrant sa vraie nature, -comment? Ce n'est pas clairement dit!- par lui donner son véritable nom, tardive mais néanmoins intime conviction, le dénicheur! Qui? A donné? Des vierges égarées dans des corps de femmes où git le particulier de la Vérité, ce qui la rend singulièrement fluctuante. Pour voir, se reporter au miroir. Le journaliste, répétant la chose mécaniquement, comme on fait, à la messe, devant monsieur le curé, et Casanova sur un lit mal graissé ou entre les bras d'une poupée, passé minuit, disgraziato! ne s'est pas méfié. Si ça continue! Forza! Cinq années supplémentaires de catéchisme. Mais là n'est pas là. Là est toujours occupé. C'est tout le problème. Comme Khadafi est mort, quelle entité se préoccupe de ce vide, risquant la vacance? Eh bien, cela se voit. Cela s'entend. Tous les feux-amis du défunt qui marmonnent leur latin macaronique. L'art de faire silence, dissimulé sous l'Idiot qui court derrière le bruit et la fureur. Vous avez dit délire shakespearien? Affirmation des plus déconcertantes.

Par valentini
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés