Promis, juré, craché, on ne les y reprendra plus! Ils vont prendre les mesures que les circonstances imposent. Faire que la crise bancaire ne devienne pas
une crise économique. Ouf! Ce n'est pas le capitalisme qui est en cause, mais la psychologie des traders. L'affaire de la Caisse d'Epargne, en pleine Bérézina boursière,
l'illustre a fortiori. C'est le travers psychologique des traders, ils ne comprennent pas le monde dans lequel pourtant ils vivent. Atteints d'Euphorie galopante, ces
« possédés » d'un nouveau type persévèrent dans l'erreur. Pour gagner plus, ils jouent plus, n'ayant au fond rien à perdre. Car leurs pertes, à la sauce financière, sont
aussi des gains. Sauf que jouer à perdre, ce n'est pas exactement ce que le libre gouvernement français, présidant à cet effondrement, leur soufflait auparavant. C'était plutôt gagner à jouer le
jeu. La donation en capital a bien quelque part à l'impuissance économique des états, comme leur volonté politique affichée est un aveu de
culpabilité déguisée en esprit de responsabilité. Mais c'est bien la dernière fois que ça arrive ce dérèglement. Dans leur sagesse extrême, les + + qui gouvernent, au fond, des analphabètes de la
vie sociale, les économistes à somme nulle, les journalistes en ragots politiques, les sociologues des ménages et de la ménagère et leurs confrères psychologues de la main au panier, ainsi que
les petits, moyens et grands patrons à responsabilité nulle et non advenue quant aux chiffres du chômage réel, c'est la loi du marché, pas la leur, bref tous les agents somnambules de l'état capitaliste qui sont loin de n'être que fonctionnaires, sauf pour les imbéciles qui veulent que l'état soit la roue de
secours de leur barque à la dérive, ont bien compris que ça allait mal et qu'on ne pouvait pas continuer comme ça, surtout sans rien faire. Il faut que ça change. C'est l'heure de
l'état-évidence. Ce changement annoncé avec une grave gravité en voici le maître-mot: continuons la réforme par d'autres moyens.
La sagesse, et la leur, davantage encore, est, en effet, toujours à l'article de la mort. Elle repose sur les épaules de la génération suivante, avec le même
sacré culot dont est coulé l'homme éternel qui siège, symboliquement, il va de soi, à la droite du capital. Mais, comme disent les démocrates modernes, il y a pire: LE PIRE! Le
retour de la même tyrannie. Éternelle, elle aussi. Et, dans cette optique, en forme de double vue, nul doute, qu'ils sont les meilleurs. Si la Grèce, dont la démocratie claque dans les siècles
comme le fouet sur le dos de l'esclave, avait, dit-on, sept sages, l'économie politique en a, pour sa part, autant que la justice compte de mouches. Ces temps-ci, on les voit défiler à la barre,
en leur qualité d'avocat du Mal. Ces gens-là côtoient l'enfer, comme nous, l'envie de rien faire, sans pouvoir le faire ou en étant forcé de le faire. Et entre les voyous et nous, la
différence est mince puisque parlant d'eux, les voyous, qui leur servent de référence, il parlent de nous. Michel Rocard, l'un des vieux renards miteux, appartenant à la gauche du marché,
est donc venu nous dire que tout compte fait, jusque là, ça va! Sa vie et sa carrière sont réussies. Et si la politique officielle pour lui, c'est fini, son combat,
pour l'intelligence social-démocrate, continue. On est ravi pour lui. Bien sûr tout n'est pas parfait. Si l'essentiel a été fait, sauver l'économie, du côté de
Sainte-Mise-en-valeur-des-pauvres, beaucoup reste à faire. Mais si le gouvernement des hyperactifs veut conserver le peu de crédit qui lui reste, en matière de justice sociale, il ferait
bien d'écouter le message capté par son oreille gauche, à propos des sifflements gênants et autres idées parasites. Il n'en dira pas plus pour le moment, afin de ne pas gêner ladite action. Par
contre, il est littéralement horrifié à l'idée que dans son propre parti, il se trouve une gauche à gauche. "On voudrait rebâtir le goulag et les camps de concentration qu'on ne
s'y prendrait pas autrement". En France, Hitler reste un modèle de premier plan, pour dénoncer le communisme. Simplement dans la version intelligente, social-démocrate, on danse avec le
loup nazi, tout en étant contre, pour mieux le baiser. Voir Venise et mourir. C'est ce qu'on appelle la real-politik dont voici, en la circonstance, le sens historique: une haine
formidablement bienveillante à l'encontre du prolétariat qui tend à déranger tous les plans B de tous les politiciens capitalistes de tous poils et vient perturber par son action non souhaitée et
l'esprit d'entreprise et l'économie nationale: deux grandes réussites françaises, comme tout le monde le constate. Et nous aussi, mais à notre façon séparée de l'ennemi de classe. Par goût du
bruit médiatique et de la fureur criminelle, à ce qu'on dit.