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Jeudi 23 octobre 2008
"Le téléphone sonne" est une bonne émission. Sans déc'. La bêtise y est spécialisée et donc beaucoup plus pertinente. Elle n'a pas le vague de la rumeur imbécile. Au contraire, à chaque fois, c'est un homme, c'est une voix qui nous parle et alors on sait qui dit quoi. Plus moyen de se débiner derrière une catégorie plus ou moins fantasmée. Ce 20 octobre 2008, François Lenglet, rédacteur en chef economique et politique internationale de la Tribune et maoïste à l'occasion, qui vient de publier "la crise des années trente est devant nous", se met à la portée des masses fatiguées d'une longue marche interminable, pour leur expliquer en quoi le capitalisme est un état d'esprit qui relève d'une psychologie. Jadis on aurait parlé de métaphysique.
"Tu vois, coco, si t'as une caisse d'occase à fourguer, t'essaies d'en tirer le plus possible! Logique! Eh! Ben! Les marchés, c'est kif-kif!".
En gros: travailler à rouler son voisin, si c'est pas humain, "c'est naturel!". C'est la leçon première. Tout le reste en découle. Notamment le fait qu'avec un pareil postulat on roule obligatoirement vers la catastrophe. Mais on ne voit pas très bien en quoi un paquet d'imbéciles, se repoussant et s'attirant les uns les autres, à coups d'actions contradictoires, pourrait être personnellement responsable de sa propre chute. Car à part s'opposer à l'imbécillité de son système de relations, censé créer un mouvement général de bien-être, tout mouvement qui tend à se préoccuper du sort du paquet en question est un pas vers l'abîme au-dessus duquel le voyant François Lenglet aperçoit les années 30. Un cliché en guise d'explication mais, attention! Un cliché productif de métaphores, elles-mêmes productives de clichés, etc.
La radio-imagerie d'Epinal repart à la hausse.
Le sentiment que cette explication est un peu courte, c'est peu dire, oblige Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques, à affirmer fermement que, de toute façon, il n'y a d'alternative que capitaliste. C4, G8, il vient de torpiller son propre journal dont le titre doit désormais se lire comme suit: Alternatives Capitalistes. Et de préciser avec le même type d'assurance-vie en béton qu'on ne va pas en revenir au système soviétique. L'amiral Frémeaux semble penser que, dans une autre vie, une vie rêvée, une vie pétillante et rigolote,  il était le camarade Fremeauljetnitsyne, déporté à Auschwitzkaïagrad. On ne peut pas lui en vouloir. Une majorité de Français s'imagine qu'ils ont vécu le goulag, entre 40 et 45. Mais leurs bourreaux et tortionnaires étaient vraiment diaboliques, ils parlaient en allemand, pour donner à penser qu'ils n'étaient pas russes. Il est bête ce Poutine de ne pas parler comme Angela: maman d'abord! Comme d'habitude, les économistes à l'antenne viennent nous expliquer pourquoi ce qui arrive ne devrait pas mathématiquement être. L'aveu de leur propre faillite intellectuelle. Ce qui est arrivé, le capitalisme psychologiquement trahi, comme dit l'idiot des services, dénonce en eux la dimension imaginaire qui les guide.
Par valentini
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Vendredi 24 octobre 2008

Tariq Ramadan a une dent contre "l'Occident", ces "ténèbres" qui illuminent "l'Orient". Comment en deux mots, créer une joie incommensurable! C'est une grosse dent de sagesse indéracinable, plantée au beau milieu d'une mâchoire d'âne matérialiste. Bobo le baudet est à la recherche de son karma. Cette union entre l'homme qui vit dans le secret de son coeur, par extraordinaire baptisé un croyant, et l'homme public qui colle et se coltine la dure réalité qu'on devrait ici logiquement nommer une crotte de chien, vient de si loin qu'elle n'est au final que douleur incompréhensible et sons lamentables: un cri hihanesque mondial. Ce cri est pour dénoncer le côté incroyable de l'homme à ne pas croire sur paroles. Un fait inexplicable, aussitôt classifié "in-croyant". Sans béquille gauche, le cul-de-jacques ne va pas loin. A la rigueur, cramponné à l'unique béquille, il peut, avec un peu de chance et beaucoup de vent, servir de drapeau présidentiel. Ce pendant, loin de cette sophistique plus que boiteuse, le fait est que le croyant est tout bonnement un homme qui se figure qu'il parle à un autre, se parlant à lui-même, et fatalement quand il parle, tout le monde se demande qui parle à qui et de quoi exactement. Si le mal a la faculté de guérir le mal, alors la solution est toute trouvée pour donner au désordre actuel, l'ordre qui lui manque: crois-moi! Fais-moi confiance! Je sais ce que je fais, je sais ce que je dis. Mais qui nie pareille platitude?
Certainement pas Tariq Ramadan. Car plongé dans son rêve d'une
société civile, réconciliée avec le divin, et donc quasi-paradisiaque, il ne désespère plus, cette fois, de ses frères sauvages occidentaux. Au contraire! Il parie sur leur côté raisonnable d'hommes imbus de sens pratique. Des hommes qui pensent qu'au fond finalement tout se vaut, à l'exclusion d'eux-mêmes qui sont à part. Abstraction éminemment concrète. Et donc, à cette fin, faisant feu d'idoles et d'images, d'exhiber à brûle-pourpoint,  "la déesse Raison", comme Minerve née sur un coup de tête. L'idée est que le fanatisme est partout et que la révolution française n'a rien à envier à l'Iran de Khomeiny. Elle aussi a son être suprême, avide de sang. Le prêche de Tariq Ramadan est en fait à une nation déjà convertie en la matière et qui a tiré de ce lointain passé pelote et magot qu'elle entend préserver coûte que coûte. Du concordat à la loi de 1905, le salut dans la religion civile est l'une des vieilles ficelles françaises. Et Tariq Ramadan ne fait que rajouter une couche à ce préjugé démocratique qu'il partage avec nombre d'amis de la saine et vraie Raison, lorsqu'il sous-entend, tel un tartuffe, que la "folie totalitaire" est la mesure du monde. Définir le Bien par le Mal, c'est dire l'identité à rebrousse-poil de la religion et de la démocratie libérale. Mais ce motif de comparution de la déraison revient à affirmer qu'une botte tartinée de crotte, voilà le sol de la patrie! Ma foi! Si c'est là toute leur croyance universellement locale, elle fait effectivement pitié. Seul l'homme dénué de croyances, et non pas revenu de tout, net d'impôts,  atteint la seule forme intellectuelle qui vaille à l'égard de l'espèce humaine, la piété. Ce chemin là long ne passe pas par Tariq Ramadam, l'ami du ra'is el hanout de France.

Par valentini
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Samedi 25 octobre 2008

Il est acquis que lorsque « le téléphone sonne », l'actu se rebiffe, devant tout ce qui est francophone. Notamment nos amis belges et suisses, qui accueillent chez eux, à titre gracieux, nos réfugiés politiques, la branche criante et désarmée de l'UMP, pour cause de prélèvement brutal d'organes, nos sponsors monégasques et sénégalais, qui sont des bouts d'Amérique, dans un monde en proie au despotisme tectonique, lui-même divisé en plaques tournantes à rénover, sous la houlette houleuse des marchés qui considèrent que chaque chose est à sa place à l'instant t (passer de t à d' est mathématiquement irrecevable), et nos cousins de Nouvelle-France et du bayou, qui savent que l'argent n'a ni odeur, ni couleur, bienvenue au club de l'électron libre! Ces citoyens d'honneur de la francophonie ont évidemment tous, à notre égal, leurs façons plus ou moins propres et réussies de se caricaturer. Mais on ne s'injurie jamais mieux qu'en étant français jusqu'à la moelle, comme vient de le démontrer, s'il en était besoin, Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, conseiller de l'Elysée, voix suave-grave, à la « marie-chantal », qui fleure son beau quartier. Chacun sait combien la polémique tend à enfler les têtes et gonfler les mollets, parties en cela profondément identiques au corps des ennemis livrés à l'air du temps et qui roulent sur des eaux de plus en plus bouillonnantes. L'actu, à cet instant-là fatal, suspend son vol, satellite autour de son imprimatur qui se tient à l'arrière-plan, à mi-chemin de Vérone et Carthage. On la presse de céder le pas à l'éminent bout de gras, une sorte d'espace mi-veau, mi-chienlit, où donner libre cours à sa fantaisie de traiteur de comédie. Mais pour atteindre au sacré culot, faire du français une langue lumineusement ampoulée à force de s'en servir, faut que ça arc-électrise jusqu'à l'os!

C'est alors que le bon sens, d'ordinaire si méprisé par le méta-politicien dont le temps monnayable à souhait est si précieux, retrouve droit de cité sous des formes véritablement imprenables, voire incunables telles que: « un magistrat ne fait pas le printemps », surtout s'il pique du nez, « les Français veulent de l'action », encore une fois, on emprunte au Russe, à double face euro-asiatique, « la droite n'est pas la gauche », et réciproquement, mais passons-en, comme disait Hugo qui en avait autant en bas qu'en haut à mettre dans la gorge de ses ennemis. Certains plus intimes que d'autres. Car le poète aussi se caricature. Cependant sur le fond des formes en question, il n'y a effectivement rien à dire, vu qu'elles disent absolument tout ce qu'elles disent de manière immédiate et irréfutable. Voilà qui devrait aider la méta-politique à devenir La-Science de son propre renvoi toujours déjà là au bout de la langue. Cette science, en effet, rétrocède l'usufruit de son activité masticatoire, en rotant trois fois. Le matin, le midi et le soir. Grâce à Dominique Paillé, chacun peut voir que la méta-politique est une question de ponctuation dont l'exclamation, l'interrogation, le retour à la ligne, sans oublier le plus important, le point final qui ne se distingue des autres points que par la satisfaction affiché de l'auteur, heureux d'en finir avec quelque chose qui déjà lui échappe; ce pourquoi nous le nommons, nous, un « casse-toi-popov'con », à la terminologie plus populaire qui privilégie tout ce qui s'attrape au vol. Cependant chacun tente à présent de tirer du puissant bestiaire argumentatif qui s'est emparée de la France, autour de l'an I du siècle, la leçon qui lui convient.. Manquant de sens pratique, voici la nôtre toute théorique. Si les banques représentent l'économie qu'il faut sauver et le président, les Français lardés, bottés, il existe manifestement entre les unes et les autres l'accointance que voici: qui signent des chèques en blanc, récoltent des mots que l'espoir en une vie meilleure oblige à censurer. Les banques ne représentent donc qu'elles-mêmes et le président, du vent, la forme lyrique première et la plus pure. Chacun l'investit à sa guise. Attention ! Tempête annoncée d'injures industrielles. Force huit ou neuve.

 

Par valentini
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Vendredi 31 octobre 2008

Promis, juré, craché, on ne les y reprendra plus! Ils vont prendre les mesures que les circonstances imposent. Faire que la crise bancaire ne devienne pas une crise économique. Ouf! Ce n'est pas le capitalisme qui est en cause, mais la psychologie des traders. L'affaire de la Caisse d'Epargne, en pleine Bérézina boursière, l'illustre a fortiori. C'est le travers psychologique des traders, ils ne comprennent pas le monde dans lequel pourtant ils vivent. Atteints d'Euphorie galopante, ces « possédés » d'un nouveau type persévèrent dans l'erreur. Pour gagner plus, ils jouent plus, n'ayant au fond rien à perdre. Car leurs pertes, à la sauce financière, sont aussi des gains. Sauf que jouer à perdre, ce n'est pas exactement ce que le libre gouvernement français, présidant à cet effondrement, leur soufflait auparavant. C'était plutôt gagner à jouer le jeu. La donation en capital a bien quelque part à l'impuissance économique des états, comme leur volonté politique affichée est un aveu de culpabilité déguisée en esprit de responsabilité. Mais c'est bien la dernière fois que ça arrive ce dérèglement. Dans leur sagesse extrême, les + + qui gouvernent, au fond, des analphabètes de la vie sociale, les économistes à somme nulle, les journalistes en ragots politiques, les sociologues des ménages et de la ménagère et leurs confrères psychologues de la main au panier, ainsi que les petits, moyens et grands patrons à responsabilité nulle et non advenue quant aux chiffres du chômage réel, c'est la loi du marché, pas la leur, bref tous les agents somnambules de l'état capitaliste qui sont loin de n'être que fonctionnaires, sauf pour les imbéciles qui veulent que l'état soit la roue de secours de leur barque à la dérive, ont bien compris que ça allait mal et qu'on ne pouvait pas continuer comme ça, surtout sans rien faire. Il faut que ça change. C'est l'heure de l'état-évidence. Ce changement annoncé avec une grave gravité en voici le maître-mot: continuons la réforme par d'autres moyens.

La sagesse, et la leur, davantage encore, est, en effet, toujours à l'article de la mort. Elle repose sur les épaules de la génération suivante, avec le même sacré culot dont est coulé l'homme éternel qui siège, symboliquement, il va de soi, à la droite du capital. Mais, comme disent les démocrates modernes, il y a pire: LE PIRE! Le retour de la même tyrannie. Éternelle, elle aussi. Et, dans cette optique, en forme de double vue, nul doute, qu'ils sont les meilleurs. Si la Grèce, dont la démocratie claque dans les siècles comme le fouet sur le dos de l'esclave, avait, dit-on, sept sages, l'économie politique en a, pour sa part, autant que la justice compte de mouches. Ces temps-ci, on les voit défiler à la barre, en leur qualité d'avocat du Mal. Ces gens-là côtoient l'enfer, comme nous, l'envie de rien faire, sans pouvoir le faire ou en étant forcé de le faire. Et entre les voyous et nous, la différence est mince puisque parlant d'eux, les voyous, qui leur servent de référence, il parlent de nous. Michel Rocard, l'un des vieux renards miteux, appartenant à la gauche du marché, est donc venu nous dire que tout compte fait, jusque là, ça va! Sa vie et sa carrière sont réussies. Et si la politique officielle pour lui, c'est fini, son combat, pour l'intelligence social-démocrate, continue. On est ravi pour lui. Bien sûr tout n'est pas parfait. Si l'essentiel a été fait, sauver l'économie, du côté de Sainte-Mise-en-valeur-des-pauvres, beaucoup reste à faire. Mais si le gouvernement des hyperactifs veut conserver le peu de crédit qui lui reste, en matière de justice sociale, il ferait bien d'écouter le message capté par son oreille gauche, à propos des sifflements gênants et autres idées parasites. Il n'en dira pas plus pour le moment, afin de ne pas gêner ladite action. Par contre, il est littéralement horrifié à l'idée que dans son propre parti, il se trouve une gauche à gauche. "On voudrait rebâtir le goulag et les camps de concentration qu'on ne s'y prendrait pas autrement". En France, Hitler reste un modèle de premier plan, pour dénoncer le communisme. Simplement dans la version intelligente, social-démocrate, on danse avec le loup nazi, tout en étant contre, pour mieux le baiser. Voir Venise et mourir. C'est ce qu'on appelle la real-politik dont voici, en la circonstance, le sens historique: une haine formidablement bienveillante à l'encontre du prolétariat qui tend à déranger tous les plans B de tous les politiciens capitalistes de tous poils et vient perturber par son action non souhaitée et l'esprit d'entreprise et l'économie nationale: deux grandes réussites françaises, comme tout le monde le constate. Et nous aussi, mais à notre façon séparée de l'ennemi de classe. Par goût du bruit médiatique et de la fureur criminelle, à ce qu'on dit.



Par valentini
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Mardi 11 novembre 2008
La « révolution conservatrice » est finie. Seuls les nases et autres has been, complètement en-dehors du coup nouveau, peuvent prétendre la maintenir en l'état. L'heure a sonné de la conservation révolutionnaire de la puissance capitaliste acquise depuis trente ans. Place à l'argent raisonnable! Cette rupture est en forme d'aïd à grand spectacle. Après le jêune obligatoire pour le bien de l'économie, se rassassier d'images purifiées des scories de la sobre orgie des années-fric Reagan-Thatcher. Les Aaron et Moïse du désert créateur capitaliste. Les agents du capitalisme ont, en effet, compris cette grande leçon de sagesse de la philosophie éclaireuse: quand ça va mal, savoir organiser la rupture avec soi-même. Le mea culpa des origines, adapté aux temps modernes. En voici un exemple. Philippe Chalmin, aussi diplômé qu'est décoré un militaire soviétique, néanmoins très in, étant sur facebook, ce trombinoscope du net, sait parfaitement, et même mieux que d'autres, le désordre économique qui sévit dans les portefeuilles des classes capitalistes et, par le fait, il comprend la nécessité morale de les aider à surmonter ce moment difficile où elles doivent apprendre à se justifier rationnellement de l'argent gagné. C'est un peu leur demander l'impossible. Les services que leurs membres éminents rendent aux nations dans leur ensemble, et pas seulement à une seule, sont au-delà de la catégorie humainement compréhensible de coût de production. La nouvelle sociologie le reconnaît d'ailleurs implicitement: leur activité, contrairement à la religion, est hors-normes. Par bonheur, pour le leur, il ne manque pas de Martin des choses économiques pour montrer ce qu'il en est de leur Être. Justement être économiste, c'est être à l'écoute, avoir de bonnes oreilles. C'est le cas de Chalmin qui entreprend, pour ce faire, de dialoguer avec le bonhomme Schumpeter, natif de ce confetti d'empire, autrefois si riche et foisonnant en visions diverses du monde et autre solution à la crise de l'identité du moi germanique, l'Autriche. Au PS, ja! on l'appellerait tout bêtement Joseph Aloïs. Toc! Toc! Schumpeter créateur es-tu là? Jawohl! Doktor Chalmin, je mets mon pantalon de zouave étatique et mon turban de libre échangiste! Banzaï! C'est ainsi que du cadavre de Marx, l'histoire a tiré Schumpeter. L'un et l'autre, en effet, sont né et mort la même année, en 1883. Mais traduisons pour les gens que le seul sérieux anime et qui savent qu'il ne faut pas jeter le bébé capitaliste avec l'eau du bain financier ou mettre la charrue de la mondialisation avant les boeufs de la régulation. Outre être very people, un bon économiste doit savoir composer son happy birthday au bon moment et bien sûr réclamer des droits d'auteur. Le capitalisme est producteur d'un charme inégalé et inégalable: la richesse! Un flux de marchandises et de capitaux que les bourses font danser, en s'accordant les unes, les autres, à coups de boule, façon skin. Cette richesse, comme le phénix, renouvelle sans cesse ses modèles. Du monégasque au Chinois, c'est tout-un. Des fois ça réduit en cendres une partie de l'humanité, mais quand on est riche, on compte pas, on calcule l'avenir meilleur qui vient. Cet enchantement pourrissant est pour Chalmin le chemin de l'économie éternelle parce qu'il donne plus qu'il ne prend. Sans préciser qui reçoit et quel obus ou matraque et à qui on prend et quelle jambe ou tête. L'économie politique a pour habitude de faire table rase de l'histoire, une hypothèse dont elle se passe. A l'inverse, elle s'emploie à faire du passé, une source positive de puissance et d'enrichissement personnel, qualifiée de collective puisque grâce aux capitalistes, les prolétaires, ces statues de cire vierge, peuvent se mettre en mouvement et travailler. Un bon économiste sait raconter des conneries avec le plus grand sérieux. Il est clair que cette chose-là n'a pas de prix, contrairement à la mise en boîte des haricots et petits pois, un travail pour nains de gazons, un peu simplets. Au bout de la richesse capitaliste des nations, on trouve la vie marginale qui coûte chère. Qu'en faire? Que la providence la lui rende plus douce! D'ailleurs elle aussi renouvelle ses modèles médiatiquement dénoncés après coup. Sinon qui accusera le mauvais coup? Au final, Philippe Chalmin n'est ni pessimiste, ni optimiste, il demeure économiste, disposant toujours de l'explication appropriée à la situation. Personne n'est propriétaire de l'avenir. Sauf le méchant prolétariat qui rêve de dictature. Cette aube économique nouvelle à grosse gueule de bois morale nous annonce que la solidarité capitaliste, cette fois, est pour tous, gratuitement. Déjà on entend le bruit sourd de sa différence qui tonne là-bas, loin, à rebours. Afghanistan, Irak, Iran, allons! Français! encore un effort! Mettez le feu ici aussi! Soyez féroces et logiques! Capitalisez vos efforts par une guerre régénératrice.
Par valentini
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