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idéologie

Mercredi 29 octobre 2008

Le « religieux » a une façon culottée de revenir. Il met à nu le pro-Russe et le non-Polonais et leurs idées trompeuses. Ce ne sont plus les pompes romaines qui effarouchaient le divin Luther et, esprit de réforme aidant, tout ce qui, après lui, envie au pape le côté délicieusement despotique de son infaillibilité. Voici le retour des défroqués de toute tendance, vers leur Père à tous, le sensationnel tour-opérateur. Leur disponibilité est 24 heures sur 24 et leur ouverture au monde, de même, à toute heure, y compris le dimanche où commercer avec le prochain. Jouir de son humanité sans temps mort, c'est le secret de la nouvelle religion dont voici le credo. Tu loueras le seigneur, ton dieu, en te privant de repos pas seulement dominical. Cette privation, en forme de privatisation publique, la prostitution en a montré le côté positif. Le côté négatif est qu'en vidant les poches, elle ne fait que vider les couilles et du coup ne participe pas à la circulation générale des marchandises. Ce détournement de fonds est un luxe inexplicable dont on ne désespère pas de trouver la solution. La littérature s'y penche, y pense, et pas seulement en se rasant la touffe au plus près. Grossir tout est là qui laissera quelque chose, une trace. Symétriquement, tu honoreras le seigneur, ton dieu, en te gavant des fruits de l'imagination industrielle. Ce bourrage des corps, en forme de soutien individuel et responsable à la production de masse est caractéristique d'une époque avide d'elle-même. On s'y dévore, en se livrant à la plus totale boulimie idéologique. Pas question de végéter. L'heure est à l'assomption du corps investi d'une finalité missionnaire: la consommation productive. Sans quoi les formes institutionnelles de la démocratie vont s'effondrer et sous cette beauté néonique, type rue commerciale, se dévoilera l'image de la chose qui enchante l'ortolan: la mort! Veux-tu la mort du système, salaud de pauvre con? Cet anthropomorphisme négatif nous conduit directement au coeur de la très saine doctrine d'état universel qui veut qu'on respire par tous les orifices de son corps le bien-être capitaliste jusqu'à la fusion totale entre le privé et le public. Ton corps sera bouche à ingérer le capital, ton dieu. Et alors le cul bondé de kérosène, tu n'as plus qu'à craquer une allumette pour bondir dans ce nouvel espace, comme une fusée. Ce 14 juillet d'un nouveau type fera hurler tous les chiens à ta beauté retrouvée. L'histoire déçue ne peut pas s'empêcher d'être ironique. Contre le Royaume, tu voulais une image, te voilà servi, fils d'Adam, c'est fait! D'où l'idée de rupture avec tout esprit de croyance qui est l'esprit de sérieux contemporain. Cette rupture, en voici un bref aperçu. Aujourd'hui il faut faire court. Si tu ne veux pas trembler de tout ton corps, soumis et craintif, sous les pattes de la sur-animalité étatique, tu te dresseras sur tes jambes et tu mettras ta main dans sa gueule de malpropre et pas seulement le dimanche. Ce retour inattendu du « religieux » affecte le vieux jardin matérialiste qui déborde de toutes les ordures des sciences dites humaines et politiques. Le seul choix offert est d'y entrer par la gauche ou la droite. Il y a une autre alternative. L'une indique la direction d'Auschwitz et sa voie terminale à l'excédent national, l'autre face de la dévalorisation massive de capital, sa régulation conservatrice qui enrichit et la terre et une fraction de population déterminée au pire en vue de préserver ses intérêts à l'exclusion du reste de l'humanité. L'autre promet une liberté nouvelle qui reste à inventer, débarrassée de tout esprit pratique sordide du genre vécu: ton pisé-chié pendant le travail me coûte du fric, fainéant de prolo! Ce minimalisme patronal est criant de vérité. Il représente l'esprit républicain élémentaire. Un esprit qui fait corps avec son domaine. Pénultième propriété avant l'appropriation collective de la croûte terrestre par l'espèce humaine. Notre programme. De notre point de vue, en effet, à force de droit accumulé, il a perdu tout droit à vivre. Son temps est passé. Il est donc plus que temps d'en finir avec lui qui ne représente que la mort parfumée d'état, un arbeit-macht-frei numéro 5! Prends ça dans la face, gueule-de-mort! En attendant le reste qui vient.

Par valentini
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Mardi 18 novembre 2008


Sur fond de crise financière, les médias s'interrogent sur l'avenir du parti socialiste. Certains de ces rossignols de la liberté, qui chantent matin, midi, soir, devant les portes de la tyrannie, vont jusqu'à s'inquiéter du possible mauvais coup pour la démocratie, s'il venait à se disparaître. On se demande bien pourquoi. N'affichent-ils pas la prétention d'être l'opinion publique par excellence! Le PS peut donc crever. La chambre des amours nationales verra défiler d'autres soupirants soucieux d'harmonie et d'entente cordiale entre les classes. Leurs aventures, faisant le bonheur de l'impériale presse à grosse caisse. C'est, en tout cas, notre avis qui ne doit rien aux sales méthodes publicitaires qui ont cours, du type « black is beautiful » ou du genre, je suis la différence! Si le style, c' est l'homme, c'est que l'homme est l'histoire réécrite en images. Disneyland, par exemple, dessine une Amérique miniature. Et comme les socialistes français ont une histoire double, deux styles, au final, se font jour. Le style « mater dolorosa » et le style « passionnaria » dont la croyance commune se fonde sur la retentissante fracture sociale. Le gaullisme primitif croit lui aussi dur comme charbon-fer-acier au paradis des trente glorieuses et à la Chute lourdaude et inintelligente du néo-conservatisme anglo-saxon. Cette Chute, étant cachée par l'autre allemande, unificatrice. L'actuel et âpre débat sur l'intégration à la nation et les moyens d'y parvenir n'est donc pas par hasard. A gauche, comme à droite, la communauté nationale est un fait indépassable. « Métahistorique » et « métapolitique », pour le dire à la manière « métasocialiste » de la motion « l'espoir à gauche ». De ce point de vue, il n'y a pas d'exception française. Le problème des socialistes est donc avant tout de définir l'attitude politique à adopter face à cette fracture sociale, en réalité fractures multiples, menaçant la cohésion nationale et, par voie de conséquence, leur position d'intermédiaires politiques du corps social, indépendamment du fait que leurs chefs sont des citoyens professionnels, c'est-à-dire des politiciens curieusement ennemis des dictateurs à vie. Ceux-là ont eu tout le loisir de vérifier que l'économie capitaliste a la propriété d'allonger leur espérance de vie, en leur donnant tant et plus. Vraiment, Saddam Hussein est un con. Mais tournons nos regards vers le chemin qu'aucun tarse et métatarse ne foulent. Une voix nous parle.

« Nous vivons un moment d’abaissement national. Je le crois en partie lié à la méconnaissance de notre histoire et de ses principes. Je sais que cela peut sembler loin des préoccupations du jour, mais c’est une erreur. Tous ceux qui ont prétendu ou prétendent encore pouvoir faire l’économie de cette refondation (de la politique et de la France) et de cette bataille idéologique participent de cet abaissement. Philosophie, histoire et politique sont, depuis la Révolution française, inséparables. C’est pourquoi ce long détour par notre mémoire est peut-être le plus court chemin vers notre avenir. Lorsque Mendès-France rejoint le socialisme, Merleau-Ponty écrit un texte où il soutient que la seule survie politique possible, par-delà l’horreur communiste et la mystification libérale, se jouera sur la ligne du socialisme réformiste. Survivre politiquement, tel est l’enjeu ».

Pour Vincent Peillon, l'auteur de « la révolution française (continue) », l'origine républicaine et bourgeoise du socialisme français est avérée. Dont acte. Comme tous les philosophes au coin du feu médiatique, Peillon a le goût du raccourci historique, guillotine excepté. A la trappe donc, la conspiration de l'égalité et son chef Gracchus Baboeuf, exécuté en 1797. N'étant pas un bourgeois, il n'est rien, forcément. Mais le socialisme français n'est pas tout le socialisme. D'où la dénonciation du socialisme boche, l'alter ego, en France, du popof. Pisser contre le Mur disparu voilà qui soulage! Mais gare au pantalon mouillé par le vent mauvais de l'histoire! Sauf que cette dénonciation, outre absurde, est fausse parce que les thèses réformistes de la vieille social-démocratie allemande ne sont pas éloignées de la pensée d'un Louis Blanc pour qui 

« la révolution de 1789 fut certainement une révolution socialiste (…) puisqu’elle modifia la constitution économique de la société au profit d’une classe très nombreuse et très intéressante de travailleurs ; mais la révolution de 1789 laissa beaucoup à faire pour la classe la plus nombreuse et la plus pauvre ! (…) Elle déblaya la route de la liberté ; mais elle laissa sans solution la question, très importante pourtant, de savoir si beaucoup de ceux qui étaient à l’entrée de la route n’étaient pas condamnés par les circonstances du point de départ à l’impuissance de la parcourir. »

Cette idée d'une parenté entre révolution nationale et bourgeoise et révolution internationale et communiste est le propre de toute la social-démocratie européenne, y compris russe. Une pure vue de l'esprit, en fait. Ou comme dit Peillon, un « récit », entièrement imaginé par une génération qui n'est plus que pourrissante, au sens propre et figuré du mot. C'est l'idée fumeuse, puisée dans le catéchisme républicain, d'un mouvement ouvrier, restaurateur de la philosophie trahie des Lumières et la continuation de cette dernière par d'autres moyens. Quand aux moyens en question, outre les tables tournantes inoffensives de Hugo, les faits et les livres sont là qui montrent ce qu'il advient quand on tente sérieusement d'associer socialisme et libéralisme. Quelque chose fumeux en sort mais qui n'a rien de théorique car quoi de plus fumeux que l'empirisme des ambitions et le pragmatisme de la carrière, inscrits l'un et l'autre au fronton des idées sociales républicaines, qui comme on sait ressuscite les morts à volonté et fait de Rousseau et de Marx, les pères de Hitler, un communiste! Bravo monsieur Furet! C'est heureux que votre tête fracassée ait montré comment le monde, selon vous, allait! Mais Vincent Peillon veut combiner la liberté et l'égalité. Ça n'a rien de nouveau, ni n'est le propre du socialisme français. Sauf que le combat (la conspiration, selon Baboeuf) pour l'égalité face à l'économie capitaliste, n'est-ce pas précisément pour le prolétariat la liberté de rompre avec la liberté bourgeoise, pourvoyeuse de catastrophes et pas que commerciales? Maintenant si on imagine une France coupée en deux, comme le font les socialistes qui vivent encore au temps des 200 familles et du mur d'argent, cette vieille France mitterandienne, il n'y a plus de place pour capitalistes et prolétaires, mais uniquement pour riches et pauvres que le super citoyen Peillon propose de réconcilier grâce à un panel de réformes budgétaires et fiscales judicieuses et aussi, bien sûr, un plan de relance.

Voilà le genre d'honnête homme qui salue en Marx, un intellectuel immense, doublé d'un imbécile politique, parce qu'il n'aurait pas su voir que la révolution française loin d'être un épisode de la lutte des classes est l'événement fondateur qui continue d'organiser en profondeur le monde contemporain. Ce qui est vrai, si on le situe dans la perspective des guerres et révolutions qui agitent le monde bourgeois et capitaliste depuis cette époque, dans l'espoir d'une paix perpétuelle. Même les Américains font l'éloge de la révolution, en Irak! Eux qui ont peint la liberté en colère, le 6 août 1945, à Hiroshima. Sauf que le Marx, qui a écrit « à propos de la question juive de Bruno Bauer », en réponse à « la question juive » du même Bruno Bauer, a, dans ce texte, séparé les droits du citoyen, des droits de l'homme. Les premiers, pour lui, synonymes d'altruisme et de désintéressement et les seconds, l'expression tout simplement de l'égoïsme et de l'individualisme bourgeois. Les uns et les autres, sur le plan des idées, contradictoires, constituent justement le propre non résolu de la révolution française et ceci jusqu'à l'avènement de la III° république, lorsque le républicain triomphe sur les décombres du premier assaut prolétarien. La révolution française est donc un fait achevé et clos sur lui-même. Elle est la liberté en acte relativement à la société d'ancien régime. Sa continuation logique, étant cette conspiration de l'égalité, qui continue d'inspirer de la haine à nombre d'usagers pacifiques à la vie violentée par le syndicat des preneurs d'otages et dont s'emparent également les classes capitalistes en retard, sur le plan de l'accumulation, pour revendiquer une place au soleil. Mais entre le prolétariat, un fait mondial, et le catalogue international des grandes, moyennes et petites bourgeoisies, il n'y a pas de cohésion qui tienne. C'est une lutte à mort. L'histoire en est la preuve. Mais peut-être croit-on que cette lutte est une simple façon de parler? Qu'elle n'est que le fruit d'un complot international de terroristes de tous poils, gens méchants et malades, une illusion meurtrière? Dans ce cas-là, on s'appelle Peillon et pour le prochain porte-à porte électoral, on élabore le paillasson qui absorbe l'histoire et laisse enfin le bourgeois en paix dans sa baraque. Seul au monde, enfin, à réfléchir sur soi et son avenir. Mais le naturel, étant ce qu'il est, c'est un beau bordel pour dire quel est le meilleur socialiste.










Par valentini
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Samedi 13 décembre 2008


Les droits de l'homme sont-ils incompatibles avec la politique étrangère d'une nation? Tout dépend des circonstances. La présidence américaine n'a eu nul besoin d'un secrétariat universel spécifique, pour rappeler à l'Irak ce qu'elle entend par droits de l'homme: la défense des intérêts américains, considérés comme un bien commun au monde entier. Car pour mener sa politique étrangère, la Maison-blanche compte sur ses propres forces armées d'abord. Nous laissons à l'idiot médiatique le soin de déclarer: oui! Mais ce libérateur est blanc et masculin! Chacun a pu voir que c'est un « noir » qui a sonné l'hallali contre le régime irakien et que le chef de la diplomatie américaine n'était ni blanc, ni masculin. A l'inverse, le cafouillage français autour du Dalaï-lama montre qu'atteler le char de l'état à l'étalon des droits de l'homme, relève du carnaval. D'autant que le Yukong français n'a pas les moyens de persuasion du King Kong américain. Mais peut-on parler d'erreur, à propos de la création d'un secrétariat aux droits de l'homme? Oui! Si l'on s'imagine que les droits de l'homme constituent encore aujourd'hui une doctrine de combat en matière de politique étrangère, comme ce fut le cas en 1789, contre l'absolutisme européen, y incluse la libérale Angleterre. Non! Si l'on considère qu'ils relèvent de la propagande masquée sous l'expression « faire un coup médiatique ».Et ce coup médiatique n'était pas à destination du marché, -pas folle, la cellule visible de l'Elysée!-, mais un signe d'ouverture, copieusement tartiné par les médias, à l'attention du Français immobile. Une volonté de brouillage idéologique, ladite « rupture », orchestrée par l'état français, celui-là-même qui compte dans ses états de service, quelques années noires. La plaie, par excellence! Puisque cette période, au final, a conjugué état-providence et méfiance anticapitaliste, à l'égard du seul libéralisme. Mais de ce mal, le néo-libéralisme à la française, à travers un interventionnisme d'état tous azimuts, veut maintenant de faire remède. Il court, il court, le furet, le furet du bois joli! Poignées de main commerciales aux hommes d'état de bonne volonté pour une paix des braves. Propriété et sécurité: les droits de l'homme capitaliste sont satisfaits. Reste la question: à quoi bon ce théâtre de la liberté où dire l'homme au Darfour, l'homme en Géorgie, l'homme au Tibet, etc.? Car il y a plus grave ailleurs et plus urgent qu'avoir le souci des nantis d'ici, tout de même! Les classes capitalistes applaudissent au spectacle de la diversité. Vive le présidentiel divertissement! A tintin blanc et masculin, solennel et noir tintamarre.

Par valentini
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Mercredi 25 mars 2009


Disons les choses d'une manière crue, injuste et réductrice, l'idée de totalitarisme, vu qu'en face de nous, il n'y a que veulerie, mensonges et mauvaise foi, en un mot gangstérisme d'état, soufflée par une démocratie qui a fricoté avec le nazisme, par haine du communisme venu briser son home sweet home, une forme moderne d'esclavage, avec le sentiment d'une vie reussie, bref, cette idée a le mérite de montrer que l'état totalitaire n'est pas le passé des sociétés capitalistes, mais, au contraire, leur avenir commun qui s'installe jour après jour, un peu partout, sous couvert de mondialisation de l'économie et de sécurisation des relations humaines. Ce mouvement a été perçu comme « fin de l'histoire », phrase qu'en Europe, on rallonge en « américanisation des sociétés ». Mais cette histoire dans l'Histoire est tellement creuse et sonore que s'organisent en permanence des processions et retraites au flambeau, en faveur de la liberté, le tout, chose en un sens, comique, au milieu d'un océan carnavalesque où tout le monde se traite de fasciste. Hannah Arendt, ce vestige atavique de Hegel, avait bien vu qu'à vouloir attribuer à la démocratie, quand bien même en le lui opposant, un contenu tout de violences et de massacres étatiques, c'était la prendre par le défaut formel de sa cuirasse: son universalité abstraite. D'où l'urgence d'opposer au pot de chambre démocratique, un alter pot-pourri totalitaire, afin que le monde puisse, une fois de plus, se livrer au petit jeu rupestre de la séparation du Bien et du Mal. Parce qu'admettre qu'il y a un seul et même monde, aïe! Aïe! Aïe! Quelqu'un doit banquer! Il est clair que ce début de XXI° siècle titube entre deux avortons de la condition humaine: Maurras et Malraux. L'ouverture du cycle totalitaire, envisagée sous l'angle de la grandeur française. Mais cette rupture ouverte avec la société divisée en classes ennemies, société par conséquent démocratique, n'est pas seulement alla francese.


Dans la légende de fer de la voie italienne au communisme national, obscur objet d'archéologie sous-médiatique qui a vieilli plus vite que la via Salaria, l'ex-socialiste Mussolini, patron de « l'Avanti », qui fut un quotidien socialiste, puis du « Popolo d'Italia », journal nationaliste soutenu par la France et l'Angleterre, Benito Amilcare Andrea dit le « Duce » est donné pour une résurgence du féodalisme. Voilà la mafia sicilienne, élevée au rang d'une aristocratie. Et c'est vrai que l'impôt du sang, cette ignoble plaie des sociétés capitalistes en connaît le prix, sans parler de l'onorevole bonheur d'assassiner tout un chacun, selon son bon plaisir qu'on peut résumer comme suit: crime is money, money is business. Mais même si on admet la thèse implicite de l'arriération économique et politique de l'Italie, au moment de l'éruption fasciste, encore une rupture, dans les années 20, il resterait à expliquer le soutien, à l'époque, aux bandes fascistes de la part d' «il Cavaliere » capitaliste de l'Italie du nord, sans parler de l'aide apportée par l'appareil d'état italien, armée et police confondues, contre le mouvement ouvrier d'Italie, y compris les nombreux ouvriers agricoles qui revendiquaient de meilleures conditions de vie et de travail. La réponse démocratique, qui a intégré le concept tombé pile poil de totalitarisme, à cette question gênante, est connue: il y avait tout simplement deux mouvements fascistes, l'un de gauche, l'autre de droite. Cette réponse bizarroïde, outre le fait que le « peuple italien » y apparaisse comme un demeuré, en tant que milieux populaires disparates, relativement à la bourgeoisie vue, elle, comme nation consciente et réelle, pieuse vision que Pasolini a piraté à sa manière baroque, en la farcissant de contre-cultures, mais elle milite implicitement pour faire de Mussolini, un genre de communiste. Ça tombe bien, le monde est bien fait, il était socialiste, avant de devenir fasciste. Pour l'intellectuel-marabout capitaliste, une hirondelle fait le papillon, le papillon, le printemps, le Printemps, la Samaritaine, tiens! Le PS! On dirait bien que ça donne à penser, la pensée analogique! Ce grotesque est en fait la façon habituelle de considérer le nationalisme italien, comme pas sérieux, pas fiable, le genre pantin, ciao! Sauf que cette imagerie médicale présidentialo-franchouillarde ne correspond en rien à la réalité fasciste et post-fasciste de la nation italienne, un état qui combine avec pragmatisme, affaires, meurtres et massacres. Nul doute que lorsqu'on profite du crime, on ne peut que se déclarer enchanté du cours du monde.


C'est exactement le sentiment qui anime les amis de « il Popolo della Liberta »*, le parti de la nouvelle droite italienne où ont conflué le néo-fascisme de « l'Alleanza nazionale » et le néo-conservatisme de « Forza Italia ». Le nom de leur nouveau parti le dit explicitement: ils sont le peuple de la liberté. Et non plus seulement « il Popolo d'Italia. », le peuple de l'Italie fasciste, titre par lequel est sous-entendu que fasciste et italien sont une seule et même chose. C'est l'occasion de se rappeler que le prolétariat n'a pas de patrie! Et ce qui vaut pour l'un, vaut fatalement pour l'autre. De « il Popolo d'Italia » à « il Popolo della Liberta », il y a une même logique à l'oeuvre qui tend à unir indissolublement nation et état, à la différence de la démocratie représentative pour qui l'état se confondait, au moins en paroles, avec l'intérêt général. Le semblant de neutralité est ici aboli. Il y a le peuple de la liberté, son état, ses lois, etc., et ses ennemis, une masse haineuse et indistincte qui n'aime pas l'entreprise, la vie, le pays où elle vit. Discours convenu, bien sûr, mais tout à fait clair. Tout mouvement social qui tend à l'indépendance vis-à-vis de l'économie nationale et d'entreprises est aussitôt assimilé à une forme particulière de criminalité. Il devient en quelque sorte: il movimento dei deliquenti, une association de terroristes. Cette fois, une partie du peuple est sauvée. Preuve que le totalitarisme est de gauche et la gauche raciste, antisémite, nationaliste, etc. Le but visé par les idéologues de la drôle et divine « révolution conservatrice » est atteint. Réécrire totalement l'histoire passée que la crise actuelle est en train de liquider. Et ce petit refrain pervers est devenu l'hymne de l'Occident capitaliste tout entier. Quant à « il Popolo della Liberta », il est, lui, le fruit de la liquidation du fameux « compromesso historico », ciao, Aldo! avec l'aide, natürlich! du grand frère américain qui a participé au romanzo criminale propre à l'appareil d'état italien. Et donc « il Popolo della Liberta » n'est rien d'autre qu'une déclaration de guerre à l'encontre des ennemis de la société capitaliste, en même temps qu'une reconnaissance du fait que le prolétariat existe.


 

*La ligue du Nord d'Umberto Bossi n'est pas partie intégrante de cette réunification, comme écrit par erreur précédemment. Et si c'est un lapsus, nous l'assumons sans état d'âme.



Par valentini
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Lundi 8 juin 2009

 

 

 

Les élections européennes en France ne font que confirmer ce fait durable qu'un gros quart seulement des Européens adhère à l'idée européenne; le reste, une majorité écrasante d'électeurs, ne fait que subir l'économie capitaliste sans manifester d'enthousiasme particulier. C'est d'ailleurs cette apathie politique qui lui vaut d'être méprisée par un ensemble de couches sociales disparates, trop heureuses de recouvrir d'un nom générique, leur situation de citoyens privilégiés. Après plus d'un demi-siècle de « marché unique européen », c'est ce qu'on appelle une réussite! L'Europe est donc le nom gracieux que ces amis du genre humain d'un nouveau type s'attribuent volontiers pour justifier leurs intérêts privés et personnels, allant jusqu'à estimer que cet égoïsme particulier, c'est-à-dire historiquement et socialement constitué, est en réalité un fait d'utilité publique et sociale. Certains de ces philanthropes, sans doute touchés par la grâce, vont encore plus loin puisque cette fracture sociale est pour eux le signe d'une opposition globale entre démocratie et fascisme.


Cette coupure, sauf à considérer que les nations européennes sont peuplées majoritairement d'imbéciles, qui plus est archaïques et rétrogrades, -il y a donc une grosse minorité d'imbéciles heureux-, est donc pour nous un fait idéologique majeur. Car nous ne voyons pas la pertinence intellectuelle d'une distinction qui, tout compte fait, ne fait que séparer artificiellement les hommes selon leur degré supposé d'éducation et de culture. Si encore l'éducation et la culture en question s'organisaient en volonté réelle et pratique de transformation radicale des conditions capitalistes d'existence, ayant pour but de garantir à chaque individu une stabilité économique et sociale sans laquelle aucune vie digne de ce nom n'est possible! Ce qui non seulement n'est pas le cas, mais même, au contraire, ce quart d'Européens avertis occupe principalement son temps libre à exalter sa capacité à s'adapter au jeu chaotique de l'économie capitaliste et en tire un sentiment de supériorité absolument répugnant. Son bonheur particulier à se définir comme européen est tout bonnement un préjugé de la pire espèce, il masque intellectuellement sa soumission pratique réelle au développement non maîtrisé de l'économie capitaliste, vu par ailleurs comme un moment de vérité humaine. Le conformisme atteint là des sommets, en se grisant de cynisme. Le bourgeois interlope se pavane en habit de Don Juan.


Cette idéologie, comme toute idéologie, nie d'abord et avant tout la division sociale du travail, produite par l'économie capitaliste, dont elle constitue simultanément le ressort dynamique de son développement économique. Mais comme les faits sont têtus, cette division est intégrée au titre de différences sociales inévitables qu'une sociologie de bazar interprète comme un manque de maturité intellectuelle et morale, dont est indemne naturellement le superbe Européen, où prévaut l'idée de responsabilité individuelle et des formes d'incapacité plus ou moins fortes à maîtriser l'environnement économique, donné implicitement pour homogène; ce qui n'est vrai qu'abstraitement parlant. Chaque individu est en effet libre d'exercer et de changer d'activité où et comme bon lui semble. Mais que l'immigration prenne au sérieux l'idée d'égalité d'accès au bonheur économique capitaliste et aussitôt la société ouverte se crispe comme une huître dont on force la coquille. Cette société mobile immobile apparaît donc comme sa propre ennemie, refusant en pratique ce qu'elle affiche idéologiquement comme son principe d'existence. Dans ces conditions, il n'y a pas à s'étonner de l'apparition de l'idée de justice sociale, pour contrebalancer les effets pratiques de l'idée de responsabilité individuelle, c'est-à-dire, dans le cadre de l'économie actuelle, l'expression ampoulée du vieux système D. La somme des actions privées, n'étant sociale qu'en dernière analyse, il faut bien que l'état capitaliste agisse comme un sauveur de dernière instance, faisant l'aumône à ceux à qui il doit son existence, la masse des prolétaires, bien sûr stupidement anti-européens.

Par valentini
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